ne pas oublier de se souvenir

Mercredi 16 décembre 2009 3 16 /12 /2009 10:28

                              A quoi servaient-ils ?

                   

                    Dès que nos occupants sont arrivés, beaucoup d'objets, gros ou petits, sont devenus inutiles....Un exemple, les appareils de chauffage ! Ce n'est pas qu'il faisait moins froid, c'est que nous n'avions rien à leur donner à manger ! Ni bois, ni charbon...Rien. Si ces amis des hivers précédents nous étaient restés fidèles et trônaient toujours à leur place habituelle, ils avaient un air si triste, se sentant parfaitement inutiles...

                     La cuisinière ? Bien astiquée comme jadis , ne servait plus à rien et "décorait" simplement la grande cuisine qu'avant la guerre elle réchauffait tant, ajoutant même, pour le plaisir, le bonheur de cuire plats mijotés et rôtis, volailles, tartes, tourtes, qui s'engouffraient dans le four et en ressortaient bien dorés et appétissants ! Le magnifique poêle qui se trouvait à la salle à manger,"Choubersky", je me souviens de son nom, véritable objet d'art qu'on allumait en début d'hiver et qui ne s'éteignait qu'au printemps....Poêle "à feu continu", à lui seul, il chauffait les 3/4 de la maison ! Comme il faisait bon être à ses pieds, les nôtres reposant sur des "repose-pieds" qui le décoraient sur les côtés. C'était un cadeau de mon grand-père parisien à mes parents, cadeau magnifique et tellement utile ! Il faisait bon chez nous....Mais, cuisinière et poêle fonctionnaient...au charbon et même au bois pour la cuisinière... Mais voilà, les occupants avaient décidé de ne pas nous encombrer ou d'encombrer nos caves avec ces matériaux...Ils devaient penser que leur présence comblerait tous nos désirs ! Combien ils se trompaient. Nous grelottions allègrement devant ces objets tant utiles jadis...

                      Pour arranger le tout, l'hiver 1940/1941 a été très rude. Neige, gel, verglas...rien ne nous a été épargné pendant plus de deux mois...Ma mère m'avait envoyée passer ce rude hiver à Paris, chez ma marraine, un appartement étant moins froid qu'une grande maison ! A Paris, des "stalactites" pendaient des toits, des fenêtres...Beau décor de Noël, tellement naturel ! Revenue début février (j'avais trouvé un travail chez un ami de mes parents) tout près de chez nous, j'ai dû subir ce froid de la grande maison, où le moindre petit linge mouillé se transformait en glaçon...

                      Pas de bois, pas de charbon, pas de feu...Mais des engelures aux pieds ! Quel mauvais souvenir ça ! C'était la guerre...

 

 

Par Geneviève Cotty - Publié dans : ne pas oublier de se souvenir - Communauté : Ne pas oublier de se souvenir.
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Lundi 14 décembre 2009 1 14 /12 /2009 15:11
  •                                        J - 10....

                        Hier, j'avais décidé de préparer Noël...Tous accessoires (ce qu'il en reste) sortis de leurs boîtes, j'ai voulu commencer par la crèche et pour ne pas trop me fatiguer, la faire sur un meuble inhabituel...dans un endroit un peu inhabituel aussi...Quand j'ai voulu admirer, rien à faire ! je ne pouvais pas m'y habituer et avant d'aller me coucher, j'ai tout démonté ! ah mais, au diable les jambes, les bras, la vieillesse, la fatigue...Ce que je voulais, c'était m'y retrouver et là, ce n'était pas réussi...Je n'avais pas été inspirée, mes santons semblaient se suivre, s'ennuyer, faire acte de présence uniquement ! Aucune chaleur...Alors ce matin, après une bonne nuit de repos, tous mes accessoires physiques, jambes, bras, tête ont décidé de m'aider à réaliser l"oeuvre habituelle" ! Je suis une fidèle moi !Les accessoires matériels m'attendaient, confiants. Et voilà, chacun a retrouvé sa place annuelle pour quelques jours ou même quelques semaines...Il y a bien encore quelques petites modifications à apporter, mais dans l'ensemble, ça ressemble à ce que je voulais, ce n'est pas triste bien au contraire !

                         Cette préparation de Noël, il n'y a pas que les enfants qui l'apprécient. Les adultes aussi. C'est une période à part dans l'année...période pendant laquelle on se sent "autrement". Les douleurs ? on verra ça après Noël, les petits ennuis quotidiens aussi...Pour l'heure, on prépare Noël. Quand mes plantes vertes, à défaut de sapin trop encombrant, auront reçu quelques jolies boules et guirlandes bien brillantes, tout ira bien. Mon appartement aura un petit air de fête et sera dans l'attente de mes visiteurs. C'est pour bientôt, dans une semaine...

                          "Ma saison préférée" , mais pour moi, je crois que c'est Noël, comme ça l'a toujours été...Quand j'étais enfant, je l'attendais avec tellement d'impatience ce grand jour. Même si je n'y arrivais pas toujours, j'essayais d'être sage...Et maintenant ? Je n'ai plus à être sage (!), mais je peux penser aux autres...Penser à ceux qui seront seuls, tristes, démunis. Moi, j'ai la chance d'être entourée, mais combien de personnes âgées passeront un Noël triste soit parce qu'elles n'ont pas de famille ou plus dramatiquement, parce que leur famille les ignore...ça se voit...Et les enfants, beaucoup ne seront pas gâtés comme ils l'auraient souhaité, alors que leurs parents font tout ce qu'ils peuvent...Il est difficile de vaincre l'impossible...Je me souviens que lorsque nous habitions Paris, j'avais eu l'occasion de travailler un peu pour les "Petits Frères des Pauvres" et mon fils aîné était allé porter pour Noël, des repas de fête à des personnes seules, chez elles ou à l'hôpital...Il avait alors 15 ou 16 ans et avait été frappé par la détresse de ces personnes qui les accueillaient à bras ouverts. Tous n'étaient pas pauvres au sens réel du mot, mais pauvres "en amour". Cette association est extraordinaire de dévouement et de gentillesse...Leur joie de Noël, c'est d'en donner...

                          Préparons Noël....
                         
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Mercredi 23 septembre 2009 3 23 /09 /2009 11:47

                         Un documentaire poignant...

                         Quel autre titre aurait-on pu donner à cette série-documentaire vue sur la deuxième chaîne de télévision ? Aucun autre ! celui-là s'imposait. Et comment mieux décrire cette période épouvantable que le monde entier a dû subir ? C'était tout simplement d'un réalisme extraordinaire...pas romancé, des faits réels...presque insoutenables parfois, mais qui peuvent peut-être faire comprendre comment nous en étions arrivés là...Tous ceux qui ont participé à ce documentaire, cinéastes, historiens, techniciens et bien d'autres, ont fait un travail d'orfèvrerie. Pour ceux qui ont vécu cette époque, c'est une remise en mémoire s'il en était besoin ! Et pour les générations qui suivent, des explications nécessaires. Cela fait partie de notre histoire et de l'histoire du monde. Il était bon qu'on le rappelle .

                          Pas de misérabilisme. Une histoire poignante qui devrait pouvoir servir de leçon au monde actuel. Il y a eu beaucoup de téléspectateurs, plus qu'espérés si j'ai bien compris, ce qui prouve que les nouvelles générations ne se désintéressent pas de toute cette période. Elle a existé pour le malheur d'un grand nombre, ne l'oublions jamais. Ce fut une époque dramatique, époque de tous les dangers; les libertés étaient alors bafouées, la vie ne comptait pas...Tout ça, pour l'orgueil d'un homme, un fou sanguinaire, méprisant, qui ne respectait pas "tous les hommes, toutes les races"...Ne laissons jamais refaire une chose pareille.

                          Apocalypse, c'est vraiment le terme qui convient.

                          

                        

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Mardi 8 septembre 2009 2 08 /09 /2009 17:07

                        Vivre dans le passé....

                         Une amie m'a dit l'autre jour que je vivais dans le passé ! Il ne faut pas confondre vivre dans le passé et vivre avec le passé. Bien sûr que je vis avec le passé, puisque je m'en souviens, je ne peux pas le rayer d'un trait de plume...Ma mémoire est là qui me souffle à l'oreille "te souviens-tu"? Et je me souviens tout en appréciant le présent ! J'y tiens à mon passé, même s'il n'a pas toujours été comme je l'aurais voulu . C'est mon capital et on ne s'en débarrasse pas aussi facilement ! Le passé prépare et amène le présent, et le présent prépare l'avenir ... C'est une chaîne sans fin...Si nous connaissons le passé et le présent, l'avenir est le plus souvent inconnu...On l'envisage parfois, surtout quand on est jeune, mais il suffit d'un rien pour qu'il soit un peu chahuté !

                           La vie de ma jeunesse n'a rien de commun avec la vie actuelle, mais je ne regrette pas. Il faut savoir évoluer et c'est ce que j'essaie de faire. J'ai profité des avantages techniques de l'époque moderne, des progrès qui ont amené une vie meilleure...ne serait-ce que cet ordinateur qui me permet de raconter sur le net comment "c'était avant" ! et aussi de faire part de mon désarroi parfois et même de ma réprobation...ça arrive, l'ancien temps n'ayant rien à voir avec le nouveau !

                           Je suis heureuse d'avoir vécu assez longtemps pour connaître les nouveautés, même si ça m'amène à faire des comparaisons. Elles ne sont pas toutes négatives bien au contraire...Je vis dans le passé ? mais qu'est-ce que j'aime le présent ! Si je regrette quelque chose, c'est....d'avoir quelques années de trop ! Mais, je fais avec !

                            Quant à l'avenir, le mien est un peu derrière moi ! La sagesse m'oblige à penser plutôt au présent, mais sans oublier le passé, j'y tiens !

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Mercredi 2 septembre 2009 3 02 /09 /2009 00:00

                         En cette fin d'été 1939...

                         Les vacances 1939 se terminaient comme on le craignait : mal ! Même en étant optimiste on ne pouvait que craindre la guerre dont on parlait tant depuis plus d'un an déjà (et qu'on évoquait même depuis très longtemps). Trop de réservistes avaient été rappelés, puis libérés, puis à nouveau rappelés. Cette valse-hésitation n'indiquait rien de bon.

                         Cette fin de semaine correspondant avec le début du mois de septembre était des plus sombres : Le ler, les troupes allemandes envahissaient la Pologne, le 2 l'ordre de Mobilisation Générale était affiché partout en France...Le 3 septembre, plus rien n'était à espérer et c'était la Déclaration de guerre à l'Allemagne par la France et l'Angleterre. Tout s'était précipité...

                          Quelle allait être notre vie  ? Il fallait l'organiser pour compenser, si cela était possible, l'absence des hommes de leurs foyers ! L'ère de la débrouillardise, de la peur, des pleurs, des deuils commençait. En étions-nous parfaitement conscients ? Les plus anciens qui avaient connu la Grande Guerre, étaient plus pessimistes que les jeunes, persuadés, tant on le leur avait répété, que nous étions les plus forts (!), et que cette guerre qui serait courte, serait une victoire pour la France et ses alliés ! Cherchez l'erreur....C'est que nous avions des chars et la Ligne Maginot réputée imprenable ! Tous les calculs étaient faux, comme dirait Anne Roumanoff maintenant "On ne nous avait pas tout dit"....

                           La suite, on la connaît, on l'a subie...Des millions de prisonniers, des morts, des disparus,des déportés, des crimes atroces, l'occupation et ses contraintes, des bombardements, des ruines ... Guerre mondiale ...

                           Puisque ce début septembre est un anniversaire, faisons un voeu : qu'on ne revoie jamais une telle horreur et qu'on ne laisse personne mener le monde dans cette voie. Ce que les générations d'alors ont vu est un exemple à ne pas suivre

                          Que tous les hommes se mettent un peu "de plomb dans la tête" avant de s'en envoyer par machines de guerre interposées ! Il y a tant à faire pacifiquement...Ces journées, que ni moi ni les gens de ma génération ne pouvons oublier, faisons en sorte qu'elles ne se renouvellent pas. Six années de notre vie, de notre jeunesse, ont été passées par "pertes" mais non par "profits". Plus rien n'a été comme avant. Même sans vouloir faire de misérabilisme, on se souvient...

                          C'était il y a soixante dix ans...

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Lundi 24 août 2009 1 24 /08 /2009 11:38

                        C'était il y a...65 ans !

                        24 août 1944, tout change...Je l'ai déjà raconté, j'en parle beaucoup, trop peut-être ! Mais je ne peux oublier certaines dates et celle-là "c'était la bonne" ! Exit l'occupant ! vive la liberté, espoir retrouvé et aussi dignité retrouvée ! Quelle journée ! Alliés, allemands se croisaient, se décroisaient, un pas en avant, deux en arrière ! A vrai dire, c'était un peu confus, mais on y croyait et c'était ça le principal ! ATHIS / JUVISY, ma banlieue retrouvait des couleurs, surtout les couleurs bleu, blanc, rouge de la liberté.

                         Je revois ces soldats FFI qui circulaient au grand jour, ces premiers tanks alliés qui entraient dans ATHIS, ces premiers chars allemands qui en partaient des soldats juchés sur la moindre place libre, les locaux abandonnés par l'occupant ...

                          Et plus tristement, je me souviens de cette jeune fille de commerçants de JUVISY, qui voulant voir ce qui se passait, est sortie dans son jardin et a été abattue par une mitrailleuse allemande, de même que sa mère ... Il y eut d'autres victimes innocentes... La Libération ne s'est pas faite sans dégâts et notre joie a été assombrie...des actes atroces ont été commis un peu partout en France. Mais, nous sommes redevenus des gens libres. Peut-on s'imaginer la valeur de ce mot ? 

                           C'était un petit rappel...juste en souvenir.

                          

 

 

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Mardi 7 juillet 2009 2 07 /07 /2009 15:23

      

                   Sur la route Nationale 7...

                   Petite histoire qui aurait pu mal se terminer...Ouf, j'avais eu chaud ! Je roulais à bicyclette sur la piste cyclable à Juvisy, sac en bandoulière (c'était la mode) et je me dirigeais sans arrières-pensées ou presque, vers une commune voisine, munie d'une adresse et d'un nom qu'on m'avait donnés...Je ne connaissais pas, bien qu'on m'ait prévenue que la personne que j'allais rencontrer ne m'était pas inconnue....Rébus...J'avais une enveloppe à lui remettre et ce pli, je l'avais rangé dans une petite sacoche sauvée du bombardement...et ficelé le tout sur mon porte-bagage. Et j'allais, insouciante et complètement inconsciente. C'est beau d'être jeune !  Tout à coup, un soldat allemand qui sortait je ne sais d'où, me fait mettre pied à terre et me demande mes papiers ! Je devais porter le sceau de l'innocence sur mon visage ! Je lui ai tendu mes papiers qu'il a bien regardés et j'ai précisé que je rentrais chez moi... Je n'en étais pas loin, donc je ne mentais pas ! Il ne m'a rien demandé d'autre...Voulait-il seulement arrêter une jeune fille pour lui faire la causette ? Je n'en sais rien et je n'ai absolument pas eu peur sur le moment...Mais quand j'ai repris ma route, je me suis mise à trembler et mon coeur en a fait autant ! J'ai réalisé enfin que s'il avait été un peu curieux, ou qu'il obéisse à des ordres, j'aurais pu avoir des ennuis ! Quand je dis que j'étais inconsciente, je crois que je suis en dessous de la vérité. Il est bon parfois d'avoir l'air un peu innocent et insignifiant...ça paie !

                    Je suis donc repartie vers cette adresse et arrivée à destination, j'ai pu constater que l'homme qui m'ouvrait la porte et que je ne connaissais que sous son vrai nom, était un homme que je voyais pratiquement tous les jours à mon travail, où il passait du temps avec mon patron. Il était brigadier-chef des garde-communications...Je n'avais jamais imaginé qu'il était dans la résistance ! Il semblait tellement quelconque ! Je lui ai remis le pli qui lui était destiné Tous ces résistants inconnus ont beaucoup aidé et sont rentrés dans l'anonymat après la Libération. Ils aidaient, sans souci des honneurs à venir....Et ils prenaient beaucoup de risques...On leur doit beaucoup...Une dizaine de garde-communications d'ATHIS ont été fusillés par les allemands à la Libération. Un seul en a réchappé, alors qu'il avait reçu le coup de grâce; horriblement blessé, il a pu se jeter dans la Seine et la traverser...Il en a fait un récit que j'ai pu lire sur un blog il y a environ un an...Poignant...Je suppose que pour lui aussi, les battements de coeur devaient être présents, à juste titre !

                     Cette période entre le débarquement du 6 juin 1944 et la Libération d'août 1944, n'a pas été de tout repos ! les allemands avaient peur et devenaient de plus en plus durs...sauf certains qui n'ayant plus d'illusions, n'avaient qu'un désir, rentrer chez eux...Mais il y en a eu des morts, des villages incendiés, des gens arrêtés... Mauvais souvenirs...

                    

 

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Vendredi 3 juillet 2009 5 03 /07 /2009 16:33

                         De 1940 à 1944...

                         Les souvenirs sont faits d'un tas d'éléments : images, odeurs, bruits divers. Certains de ces éléments-souvenirs sont agréables et on aime qu'ils vous reviennent à l'esprit, d'autres sont détestables et on aimerait bien qu'ils ne se manifestent plus jamais ! Mais voilà, notre volonté n'y fait rien et n'y peut rien ! On se souvient, sans raison, parce qu'ils nous ont tellement marqués qu'il est impossible de les rayer de notre esprit à tout jamais ! C'est ce qui m'arrive à l'occasion notamment d'une émission de télévision, de la projection d'un film de guerre sur le petit écran, documentaire ou autre...

                          Ces bruits ? mais ce sont en tout premier lieu les bruits de bottes allemandes que l'on entendait pratiquement tous les jours à partir de juin 1940 et jusqu'à la Libération en août 1944, même pour certaines régions jusqu'en 1945... Bruits de bottes des patrouilles, des parades militaires accompagnées de chants guerriers, parades auxquelles Dieu merci nous n'étions pas obligés d'assister ! Mais les patrouilles, lorsqu'on les entendait, que l'on ait l'esprit serein ou pas, la peur nous envahissait...Ce claquement des talons était dur à supporter...L'arrêt brusque devant une porte, ces voix gutturales, tout ceci n'annonçait en général rien de bon...Il en fallait si peu pour se retrouver à la kommandantur ! Les "patrouilleurs" à bicyclette étaient peut-être les plus débonnaires, tout au moins, ils faisaient moins peur ! C'est peut-être beau une allure martiale, ça en impose...mais ça vous fait trembler !

                           Et à ce mauvais souvenir des bruits de bottes, se mêle peut-être encore le souvenir de la honte et de la peine ressenties en apprenant la défaite et l'occupation de notre pays. Comment accepter cette humiliation ? On aime être fiers de ce qu'on aime, tout comme on aime être fiers de ceux qu'on aime...Ce n'était plus le cas... Alors, le claquement des bottes était très mal venu !

                           Et pendant cette même période, pour tout arranger, nous avons eu droit au bruit des sirènes et des bombardements ! Je l'ai déjà raconté, le bruit des sirènes, je n'ai jamais pu oublier et encore maintenant, je déteste...trop de mauvais souvenirs y sont attachés ! La mémoire est tenace ! Mais alors, c'était pour notre salut...ça fait toute la différence...
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Samedi 13 juin 2009 6 13 /06 /2009 15:37


                          "Désobéir"

                          Je n'ai pu résister à l'envie que j'avais hier soir de regarder à la télévision un téléfilm retraçant le courage, en juin 1940, du Consul du Portugal à BORDEAUX, Aristides de Sousa Mendes. Aidé simplement d'une poignée de personnes de sa famille et de son fidèle chef de Cabinet, un nommé LAPORTE je crois, il a permis à 30.000 personnes de quitter la France et d'embarquer pour l'Amérique, alors qu'elles étaient pourchassées par les services d'Hitler...En leur délivrant des passeports et laissez-passer. C'était absolument interdit, les ordres étaient formels et au risque de leur vie et de leur avenir, ils sont passés outre ! Ils ne pouvaient tout simplement pas accepter ces ordres venus du Portugal du régime du Président SALAZAR pro-hitlérien, du régime de VICHY qui se mettait en place....Même son chef de Cabinet, respectueux des ordres pourtant et un brin frileux, s'est révélé un être courageux, capable de désobéir pour être en paix avec sa conscience.... Je n'ai pas regretté ma soirée. Ce n'était pas gai, mais tellement émouvant et l'ambiance de l'époque, la peur de tous ces réfugiés venant des pays et régions déjà envahis par Hitler et son armée était bien reproduite...Ce n'était peut-être qu'une "fiction" mais une fiction où le vrai était bien présent ! Et mes souvenirs sont venus me visiter...

                            En 1943, quand le STO a été institué et qu'il ne faisait pas bon avoir 20 ans pour un homme, je me souviens de toutes ces cartes d'identité qui ont été délivrées à ceux qu'on appelait "réfractaires", et ce dans le commissariat dans lequel je venais d'arriver pour travailler...Combien en signait-on par jour jusqu'à la Libération, je n'ai jamais bien su...Mais seuls les noms et les dates de naissance n'étaient pas exacts. Pour le reste, cachets, tampons et signatures, tout était parfait ! Le commissaire, alsacien qui avait dû quitter l'Alsace en 1940 pour ne pas être allemand, signait sans complexes et même avec bonheur...Et nous étions un groupe à désobéir avec lui, sans nous poser de questions et sans même réfléchir à ce qui aurait pu nous arriver... On ne pense pas à soi-même dans ce cas...Dans le film d'hier, on voyait le fils du Consul signer les documents en imitant la signature de son père...et je me revoyais signant du nom du commissaire pour le décharger....Il m'avait appris et me disait que je signais mieux que lui ! Il en passait des cartes d'identité dans nos mains... La résistance, c'était ça aussi, sans faire d'éclats, tout doucement dans son coin et avec ses propres armes, DESOBEIR. On se sentait bien alors !

                             Combien y a-t-il eu de ces gens désintéressés, qui sont retombés dans l'anonymat après ? Pour ce Consul, révoqué, privé de ses droits je crois, privé de traitement pendant des années, Il a souffert de même que sa famille. Pour que d'autres vivent...en liberté.

                             Et pour qu'on ne revoie jamais ça....

                             

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Samedi 6 juin 2009 6 06 /06 /2009 10:44


                         En ce jour du 6 juin...

                         Les anciens dont je fais partie, se souviennent de ce matin du 6 juin 1944 qui a vu les troupes alliées débarquer sur les plages de Normandie. J'en ai déjà parlé car ce souvenir est indélébile dans ma mémoire.

                         Aujourd'hui, des cérémonies anniversaires vont avoir lieu en Normandie, sur ces plages et surtout dans les cimetières où sont réunis tous ceux qui sont tombés sur notre sol en ce jour inimaginable ! Que toutes les personnes de ma génération qui ont la chance de voir leur vie prolongée, aient une pensée pour tous ces inconnus qui sont venus de loin pour nous redonner l'espoir et la Liberté. Et que les générations qui ont suivi et suivront, n'oublient jamais que la liberté dont ils jouissent, c'est à tous ces soldats qu'ils la doivent et aussi aux résistants qui les ont aidés selon leurs moyens.     

                         Que serions-nous devenus sans ce jour du 6 juin 1944 ? Que serait la France, que serait l'Europe ? Un fou sanguinaire qui malheureusement avait fait des adeptes (et en fait encore...) ne reculait devant rien....sauf devant cette force et cette coalition que nous appelions "les alliés". Merci à eux qui ont réussi au prix de tant de pertes. Une pensée aussi pour tous les civils restés sous les bombardements...C'était le prix à payer, il a été très fort.

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