Sur la route
Nationale 7...
Petite histoire qui aurait pu mal se terminer...Ouf, j'avais
eu chaud ! Je roulais à bicyclette sur la piste cyclable à Juvisy, sac en bandoulière (c'était la mode) et je me dirigeais sans arrières-pensées ou presque, vers une commune voisine, munie d'une
adresse et d'un nom qu'on m'avait donnés...Je ne connaissais pas, bien qu'on m'ait prévenue que la personne que j'allais rencontrer ne m'était pas inconnue....Rébus...J'avais une enveloppe à lui
remettre et ce pli, je l'avais rangé dans une petite sacoche sauvée du bombardement...et ficelé le tout sur mon porte-bagage. Et j'allais, insouciante et complètement inconsciente. C'est beau
d'être jeune ! Tout à coup, un soldat allemand qui sortait je ne sais d'où, me fait mettre pied à terre et me demande mes papiers ! Je devais porter le sceau de l'innocence sur mon visage !
Je lui ai tendu mes papiers qu'il a bien regardés et j'ai précisé que je rentrais chez moi... Je n'en étais pas loin, donc je ne mentais pas ! Il ne m'a rien demandé d'autre...Voulait-il
seulement arrêter une jeune fille pour lui faire la causette ? Je n'en sais rien et je n'ai absolument pas eu peur sur le moment...Mais quand j'ai repris ma route, je me suis mise à trembler et
mon coeur en a fait autant ! J'ai réalisé enfin que s'il avait été un peu curieux, ou qu'il obéisse à des ordres, j'aurais pu avoir des ennuis ! Quand je dis que j'étais inconsciente, je crois
que je suis en dessous de la vérité. Il est bon parfois d'avoir l'air un peu innocent et insignifiant...ça paie !
Je suis donc repartie vers cette adresse et arrivée à destination, j'ai pu
constater que l'homme qui m'ouvrait la porte et que je ne connaissais que sous son vrai nom, était un homme que je voyais pratiquement tous les jours à mon travail, où il passait du temps avec
mon patron. Il était brigadier-chef des garde-communications...Je n'avais jamais imaginé qu'il était dans la résistance ! Il semblait tellement quelconque ! Je lui ai remis le pli qui lui était
destiné Tous ces résistants inconnus ont beaucoup aidé et sont rentrés dans l'anonymat après la Libération. Ils aidaient, sans souci des honneurs à venir....Et ils prenaient beaucoup de
risques...On leur doit beaucoup...Une dizaine de garde-communications d'ATHIS ont été fusillés par les allemands à la Libération. Un seul en a réchappé, alors qu'il avait reçu le coup de grâce;
horriblement blessé, il a pu se jeter dans la Seine et la traverser...Il en a fait un récit que j'ai pu lire sur un blog il y a environ un an...Poignant...Je suppose que pour lui aussi, les
battements de coeur devaient être présents, à juste titre !
Cette période entre le débarquement du 6 juin 1944 et la Libération
d'août 1944, n'a pas été de tout repos ! les allemands avaient peur et devenaient de plus en plus durs...sauf certains qui n'ayant plus d'illusions, n'avaient qu'un désir, rentrer chez eux...Mais
il y en a eu des morts, des villages incendiés, des gens arrêtés... Mauvais souvenirs...
C’est vrai que l’on dit toujours que les deuxième, troisième fois sont plus dures que les premières ! La méconnaissance enlève la peur. Les risques étaient permanents, à cette époque, bien sûr. Amitiés. Loic
Pour information, voici un article qui narre l'histoire du fameux rescapé, Emile JOFFRIN :
http://docs.google.com/View?id=dd6kmmbj_322kgnjcs2
Bonne lecture !
Je vous écoute,...
Je suis de la génération après-guerre, et j'ai été dès ma tendre enfance au fcourant de pas mal de choses, mais il y a eu tant et tant d'évènements que tous nous devrions connaître...
Je regrette que pour les préserver (ou je ne sais quelle autre raison), les jeunes maintenant ne soient pas mieux informés sur ce qui s'est passé à cette époque.
Les faits d'armes à la limite, on les retrouve dans tout bon livre d'histoire, mais le quotidien des gens...
Et je trouve bien ce blog, où touche après touche, vous apportez votre pierre à l'édifice de cette connaissance.
Merci à vous.
Heureusement que jeune nous étions inconscients, la peur était moins présente.
Bonne journée, chez nous elle sera bien ventée.