Mardi 30 juin 2009
2
30
/06
/2009
16:29
"
Faire des lessives"....
Ce matin, mon doigt encore un peu blessé, avait pris
l'eau ! Je m'explique, le pansement n'étant pas très étanche, avait laissé l'eau s'infiltrer et me servait de pansement humide, ce qui n'était pas prévu ! J'ai donc découvert un doigt bien blanc,
bien détrempé, et qui m'a rappelé les mains d'une vieille femme que je connaissais dans ma jeunesse et qui avait été la nourrice de mon père ! Bon, ça remonte à loin ! Cette brave femme "faisait
des lessives" pour vivre, à longueur de journée, à longueur de semaines ! Bien oui, c'était un travail, très dur je m'en rends compte maintenant ! Elle allait de maison en maison, employée par des
gens de son quartier, en poussant sa brouette sur laquelle trônait une lessiveuse pleine de linge...Pourquoi ? Pour la simple raison que toutes les maisons n'avaient pas l'eau courante ou que
celle-ci était trop chère, et qu'il y avait des bornes-fontaines à la disposition de tous, surtout pour rincer le linge ! Nous habitions alors en banlieue de PARIS...un peu la campagne à l'époque
!
La vision de cette femme me semblait tout à
fait normale...On était habitués à la voir et quand on est enfant, on ne se pose pas de questions...Mais, j'avais une admiration pour ses mains ! Elles étaient si blanches, si détrempées par
l'eau et le savon, avec des petits sillons qui les ridaient, que je les trouvais très jolies ! Je ne comprenais pas alors ce qu'elles représentaient ces mains...Du travail, du travail et encore du
travail, pour gagner quelques sous, si peu...C'était un métier de femmes. Certaines faisaient "des ménages", d'autres de la couture à la journée dans des maisons bourgeoises mais pas toujours...Ma
brave petite grand-mère que mon père appelait affectueusement "maman MADRE", faisait des lessives...sans se plaindre ! Elle continuait d'appeler mon père "mon petit", même quand il avait près de 40
ans ! Elle ne gardait plus d'enfants...elle faisait des lessives, encore et toujours ! Et parfois, elle venait aider ma mère. Je la revois encore avec son bon sourire et ses cheveux blancs. Quel
âge avait-elle ? je n'en sais rien. Pour moi, elle semblait très âgée et je croyais qu'elle avait toujours été ainsi.
Il y a bien des années, nous avons eu un
petit échantillon de ces femmes avec une publicité à la télévision...Souvenez-vous de la "Mère DENIS"...Madame MADRE, c'était ma mère DENIS à moi!
Nous nous plaignons souvent de la
vie, de notre travail, de nos contraintes...Essayons d'imaginer toutes ces mères DENIS ou Madame MADRE et leur époque...Il fallait travailler si dur pour gagner de quoi acheter tout simplement du
pain...Et pour que des petites filles qui n'y connaissaient rien trouvent que leurs mains étaient belles ! Mais au fait, elles étaient belles ces mains...des mains actives, utiles, sur
lesquelles on pouvait compter ...
C'était ça aussi ma prime
jeunesse...Heureusement, les progrès sont venus, progrès de tous ordres...Et les avancées sociales...quels progrès !
Bonsoir,
Il est bien que des progrès se soient faits. Il est bon qu’il y ait eu des progrès sociaux. Mais il serait juste de ne pas avoir honte de ce qui a été, de ce qu’ont été ceux qui ont vécus avant nous, dans d’autres environnements, avec un autre sens du devoir, du travail accompli, de la conscience professionnelle. Amitiés. Loic
Il aurait été si simple d'apprécier que plus personne ne soit obligé de se tuer à la tache pour survivre, pourquoi maintenant ce "toujours plus"?
l'homme est sans doute insatiable ?
Bonne journée
Amitiés
Chère geneviève, acceptez vous ce petit témoignage d'appréciation que j'ai laissé sur mon blog à votre attention
Quel rude métier je vous crois ! si mes souvenirs sont bons, il existait même des maladies liées à cette activité, notamment l'eczéma des mains.La machine à laver le linge fut une libération pour les femmes, après l'eau courante.On les imagine comme le mère Denis effectivement.Quel mérite avait cette dame ! bien plus en tout cas que ces pauvres écervelées qui s'exhibent lors des émissions de "télé réalité".
La télé réalité, je ne regarde jamais !