Samedi 28 novembre 2009 6 28 /11 /Nov /2009 11:36

                                       C'était en 1944....

                    J'en rougis encore ! Au mois de mai 1944, alors que je travaillais au commissariat de police d'Athis en banlieue de Paris, le commissaire m'avait envoyée au poste de police de Villeneuve-le-Roi dépendant de ce même commissariat. Le Secrétaire de Police de ce poste venait d'être tué lors du bombardement d'Athis-Juvisy, et le poste se trouvait désorganisé.... Je n'étais que secrétaire auxiliaire, mais "à la guerre comme à la guerre", il fallait bien quelqu'un pour ce qui était administratif !

 

                     Un exhibitionniste avait été arrêté par les gardiens de la paix, à la sortie de l'école primaire. Habillé uniquement d'un manteau, il ouvrait celui-ci devant les enfants ... On se rend compte du tableau. Il était un peu récidiviste et connu au commissariat...sauf de moi qui venais d'arriver ! Bon, après qu'il ait été "entendu" par le commissaire, on me charge de taper la procédure... Ce n'était plus que de la paperasserie...

 

                      Le commissaire s'en va, et revenant vers moi me dit "N'oubliez pas Mademoiselle qu'il faut mettre l'objet du délit sous scellés" ! Zut ! ce n'était pas à moi de faire ça ! L'objet du délit ? ben oui...mais moi j'avais 21 ans et j'avais été élevée comme on élevait les filles à l'époque, c'est-à-dire que j'en connaissais moins qu'une fillette de 10 ans actuellement ! Je ne m'y voyais pas du tout....J'étais toute rouge et les gardiens riaient...Eux n'étaient pas idiots et avaient bien compris qu'il s'agissait d'une plaisanterie ! Pas moi..... On a quand même eu pitié de moi et on m'a dit que ce commissaire adorait faire des blagues...surtout aux nouveaux venus ! Ouf.....

                       Au fait, je n'ai jamais su ce qu'était devenu "l'objet du délit" !

                       Histoire vraie pour une fin de semaine que je souhaite à tous très bonne !

Par Geneviève Cotty - Publié dans : jadis et humour
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Vendredi 27 novembre 2009 5 27 /11 /Nov /2009 15:59
                                        Quel dilemme !

                     Ce matin, j'avais rendez-vous chez un......"logue", c'est-à-dire un médecin spécialiste et comme j'ai dû attendre, pas très longtemps il est vrai, au secrétariat, ça m'a permis de me poser un tas de questions ! Sur les bienfaits de la vaccination contre la grippe H1N1 ! On en parle beaucoup, et tout comme dans l'armée, il y a les ordres et les contre-ordres. Les patients que nous sommes commencent à ne plus savoir où ils en sont ! Alors, que font-ils ? Ils téléphonent chez les médecins... J'ai pu ainsi entendre quelques bribes de conversations :

                      "Ah, Madame X..., le docteur est là, je vous le passe".Sonnerie chez le médecin "pouvez-vous prendre Mme X...qui veut savoir si elle doit ou non se faire vacciner ?" Le médecin que je venais de quitter était à nouveau "en mains". Bon, je suppose que très gentiment il a répondu à sa patiente qui s'inquiétait...Occupé à faire des examens, ça ne devait pas l'arranger... Autre sonnerie, cette fois, le médecin demandé n'était pas là ce matin...La secrétaire a répondu aux questions qui lui étaient posées; elle restait dubitative...et pour cause. J'ai entendu qu'elle répondait "ah non, pour tel âge, il n'y a pas d'adjuvant, pour tel âge la vaccination n'aura pas de rappel, ce sont les dernières directives...mais vous savez, on ne sait plus où on en est, ça change tous les jours "!...Et c'est là que le bât blesse ! ça change tous les jours...Plus personne ne s'y retrouve. Nécessaire ou pas cette vaccination ? A quel âge ?
Par qui ? (j'ai entendu hier que les étudiants en médecine pourraient la faire, qu'il était question de confier ces gestes aux spécialistes (lesquels ?), que peut-être au printemps (!) les médecins généralistes pourraient également s'en occuper...Le choix est vaste !

                        Pour l'instant, il faut bien admettre que c'est un peu "vasouillard" tout ça ! Nous chantons sur tous les tons "J'y vas-t-y, j'y vas-t-y pas, y faut-y, y faut-y pas"....Mais qui nous le dira ? Nécessaire, pas nécessaire, obligatoire ou pas ? Pourvu que d'ici quelque temps, on n'entende pas notre ministre nous dire ce qui avait été répondu au moment de la dramatique affaire du sang contaminé, dans les années 1980 "oui je me sens responsable, mais pas coupable"....Nuance.

                         Quel dilemme ! Mais à bien réfléchir, on nous laisse même la responsabilité ? Et si les parents disent oui, les adolescents ont le droit de dire non ... Les coupables sont trouvés d'avance...
Par Geneviève Cotty - Publié dans : billet d'humeur...
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Jeudi 26 novembre 2009 4 26 /11 /Nov /2009 09:17

                    En période de restrictions....

                    En 1944, après ce bombardement qui nous avait laissées, ma mère et moi, absolument démunies de tout ...encore plus que ça !

 

                    Si voisins et amis qui avaient été épargnés, se sont montrés solidaires, il n'en n'a pas été de même pour les services officiels ! Sinistrés en avril 1944, nous avons reçu nos premiers bons (et les seuls) de textile en...novembre 1944 ! Et, là aussi, nous avons senti les restrictions ! Une fois de plus, moi qui ne savais pas "comment on faisait", je me sers du "copier-coller" en reprenant un article que j'avais écrit en 2007 et publié sur le site de "dandylan.over-blog.com" (ancien temps) . Le voici donc ci-dessous....

 

                    

    "Un vêtement pour deux…qui sort aujourd’hui ?…..

Les lendemains du 18 avril 1944 - Plus de vêtements ni autre chose d’ailleurs…

Comme je l’ai déjà dit, la solidarité a été présente. Heureusement car les services officiels ont été débordés et pas très à la hauteur.

Moi, j’étais partie à l’abri tout habillée puisque je n’étais pas encore couchée. Ma mère était en combinaison sous son manteau ! Pour avoir d’autres vêtements, il nous fallait obtenir des « bons de textiles ». Le bombardement ayant eu lieu le 18 avril 1944, nous avons touché des bons de textiles….à l’automne 1944. Je ne suis pas certaine que tout ceci soit bien logique, mais le plus triste (ou risible, c’est comme on veut), pour ma mère et moi, nous avons touché, pour toutes les deux (à nous partager vraisemblablement):

- 1 bon de robe

- 1 bon de manteau

- 1 bon de chemise (à l’époque on en portait)

- 1 bon de combinaison

En résumé, nous ne pouvions pas sortir ensemble ! « Prête-moi ta chemise, je te prêterai ma combinaison… »

Dans quelle tête une idée pareille avait-elle pu germer ? Heureusement que nous avions de la famille et des amis.

« S’empresser de rire de tout, de peur d’être obligé d’en pleurer »…

                 C'était un peu triste, mais nous avions ri quand même. Heureusement que le ridicule ne tue pas, il n'y aurait plus eu de responsables dans ce service qui se voulait...social (7 mois après le bombardement) !



                

Par Geneviève Cotty - Publié dans : humeur et humour - Communauté : Ne pas oublier de se souvenir.
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Mercredi 25 novembre 2009 3 25 /11 /Nov /2009 15:58

                                        A méditer....

                    Poste en grève ? pas tout à fait, puisque j'ai reçu il y a un instant ce livre de Gilbert CESBRON qui était chez moi "porté disparu" !

 

                    En voilà un infime extrait :

 

                    "Il avait décidé de rester trois jours entiers dans son lit. Au bureau, il ferait dire qu'il était malade. Il téléphonerait à ses amis de venir le voir : on lui apporterait des fleurs, des magazines; on le plaindrait : "As-tu assez chaud ? Veux-tu que j'arrange ton oreiller ?" Comme il allait bien se reposer !
                    "Malheureusement, il dut ajourner ce projet car, la veille, il tomba malade."

                    Extrait du "Journal sans date - TOME 1  de Gilbert CESBRON....1963.

                    Illusions...La réalité dépasse la fiction....

Par Geneviève Cotty - Publié dans : de tout un peu....
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Mardi 24 novembre 2009 2 24 /11 /Nov /2009 19:33

                                       Commentaires à la corbeille !!!

                              "C'est pas moi M'sieur ! " Je viens de trouver dans ma corbeille 20 commentaires. Comment sont-ils arrivés là ?
                              Je ne me permettrai pas d'agir ainsi et heureusement que je suis allée "y faire un tour" !
                              Est-ce qu'OB est responsable ? Moi, je vous fais des excuses ! et je serai plus vigilante à l'avenir.

Par Geneviève Cotty - Publié dans : le temps présent
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Mardi 24 novembre 2009 2 24 /11 /Nov /2009 12:07

                                        Mais que se passe-t-il ?.....

 

                        Hier, on apprenait qu'un professeur d'anglais avait des ennuis parce qu'elle avait "osé" interdire les téléphones portables pendant ses cours...Elle n'aurait même pas dû avoir à les interdire, tant cela semble naturel... Ses élèves "qui ont le bac à passer en fin d'année" (!) devraient penser que plus ils sont assidus aux cours, plus ils auront appris et plus ils auront de chances pour décrocher ce fameux bac ! Mais il faut que le professeur y mette du sien, voyons ! ces pauvres petits qui ne demandent qu'à travailler entre deux coups de fil ou de sms à recevoir ou envoyer, ne peuvent tout de même pas se laisser faire ! On met sa fierté où on peut...et il faut bien reconnaître qu'on peut peu ! La politesse, le respect, qu'en fait-on ? 

                     Aujourd'hui, je lis que de plus en plus de parents sont agressés par leurs enfants, verbalement et physiquement ! Les parents se plaignent et signalent ces agressions sur un site "Jeunes violences écoute", primitivement prévu pour les enfants maltraités ! Il y a maldonne, les agressés ne sont pas ceux qu'on croit...Où allons-nous ? en est-on arrivé là ? Un manque total de respect des enfants envers "leurs vieux", qui n'y connaissent rien, et qui sont sur cette terre uniquement pour payer, loger, nourrir, et surtout se taire. "Tais-toi et casques...tu me dois...." Tout un programme..... 

                      Quand allons-nous reprendre pied ? Il serait temps...Cette jeunesse que très souvent j'excuse me disant qu'elle a été mal éduquée, commence à perdre la tête. Et nous tous aussi ! Nous sommes sens dessus-dessous ... Nous avons des têtes pensantes qui veulent légiférer sur la fessée. Et si ces mêmes têtes pensaient qu'il faudrait sans doute prendre le problème autrement ? Tout simplement logiquement ! L'éducation est donnée par les parents à leurs enfants qui la transmettront à leur tour à leurs enfants etc... Prenons donc modèle sur les animaux, nous le faisons pour bien d'autres choses !

                     

Par Geneviève Cotty - Publié dans : billet d'humeur... - Communauté : Ne pas oublier de se souvenir.
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Lundi 23 novembre 2009 1 23 /11 /Nov /2009 11:21

                                 Ne rien dire....

                                 Voilà une chose difficile quand on est une petite bavarde...En cherchant bien, on peut toujours trouver un moyen détourné... C'est ce qui était arrivé à ma fille lorsqu'elle avait à peine 4 ans...C'était une vraie petite pie et qui racontait même ce qui était à garder secret !

                                 Un jour important puisque je prenais un an de plus, mon mari était revenu du travail avec un cadeau pour moi, cadeau qui ne devait m'être remis que le soir au moment du dîner, moment attendu par les enfants qui avaient eux aussi pensé à leur maman...Ce cadeau, il fallait bien le mettre quelque part en attendant puisque je devais tout ignorer ! Je fermais yeux et oreilles au maximum, mais j'avais quand même entendu mon mari dire à sa fille "surtout, tu ne dis rien à Maman"! Moi, j'étais restée dans ma cuisine "mine de rien" ! Ma fille arrive en trottinant et son papa la rappelle à l'ordre "tu sais ce que je t'ai dit" ! Alors, on entend cette réponse qui m'était personnellement adressée :" je ne dis rien, mais si tu crois que ça va être facile pour moi de dormir avec ton anniversaire dans mon lit !".......L'honneur était sauf, elle n'avait pas dit ce que son papa avait acheté, mais tout de même, elle ne pouvait pas "tenir" jusqu'au soir ! Ça, c'était absolument impossible pour elle !  

                                   Mon mari n'avait trouvé que cette cachette...et moi, toujours sourde et aveugle, je n'avais rien entendu, rien vu, rien compris...

                                    Apprendre aux enfants à "ne pas répéter", à ne pas se "cafter" les uns les autres...C'est un peu difficile parfois, mais on y arrive.  Mon but en racontant cette histoire était seulement de vous faire sourire et de me représenter à nouveau la scène que je n'ai pas oubliée ! Je n'ai pas que des souvenirs de guerre !

Par Geneviève Cotty - Publié dans : jadis et humour - Communauté : Ne pas oublier de se souvenir.
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Dimanche 22 novembre 2009 7 22 /11 /Nov /2009 15:29

                                        Novembre 1955....

                        Monsieur René COTY était alors notre Président de la République et celle qui l'accompagnait dans cette tâche très difficile à l'époque, était adorée des français : sa femme, première dame de France, qui avait tout à fait le style bonne et tendre grand-mère, indulgente et charmante.  Le 22 novembre 1962, alors qu'il n'était plus président, Monsieur COTY disparaissait. Son épouse l'avait précédé quelques années auparavant, le 12 novembre 1955...Je m'en souviens pour diverses raisons, la première étant que cette femme aimée de tout le monde, venait d'être terrassée par une crise cardiaque et que nous nous sentions tous un peu orphelins. Oui, les gens étaient tristes. Une autre raison, beaucoup plus personnelle, s'est inscrite dans ces méandres de ma mémoire, dont j'extirpe souvent mes souvenirs ! La voici :

                          Ce jour-là, je vais chercher ma fille de 4 ans à l'école et je la vois sortir toute retournée ! en m'apercevant, elle me crie, heureuse de le constater "Maman, tu n'es pas morte" ! Non, je n'étais pas morte et à vrai dire, je n'étais pas très attirée par une fin prématurée...Je tranquillise donc ma fille qui me répond "Tant mieux, parce que les autres petites filles m'ont dit que ma maman était morte et que même des messieurs le criaient dans la rue...Ils disaient : Madame COTY est morte "! Madame COTY, voici donc l'explication....De même qu'il n'y a pas qu'un âne à la foire qui s'appelle Martin, il n'y a pas qu'une personne qui s'appelle COTY ! Peu importe l'orthographe, ce qui compte, c'est la phonétique....

                            Attention, les enfants prennent tout au premier degré et...on ne se méfie pas assez des vendeurs de journaux "crieurs de journaux" comme on disait alors ! Pour un seul "T"
en plus, et la célébrité en moins, je restais de ce monde et ma fille retrouvait le sourire !

                            Malgré la tristesse de la vraie nouvelle de la mort de Madame COTY, nous avons bien ri de l'interprétation innocente des enfants !

 

                         

 

Par Geneviève Cotty - Publié dans : jadis et humour - Communauté : Ne pas oublier de se souvenir.
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Samedi 21 novembre 2009 6 21 /11 /Nov /2009 17:48

                                       Ecrit par Gilbert CESBRON...

                       Un livre m'avait été offert en 1963 par...ma concierge, alors que j'entrais en clinique ! Ce livre, je l'ai prêté depuis et ne l'ai jamais revu ! Mais je m'en souviens bien, il s'intitulait "Journal sans date"...Il s'agissait de petites phrases, de pensées diverses de l'auteur, écrites au jour le jour. J'avais adoré ce livre ! Une pensée m'est plus particulièrement restée en mémoire :
                        "C'est avec les gens qui ne s'ennuient jamais qu'on s'ennuie le plus !"

                        Et je suis bien d'accord avec cette appréciation. Les personnes qui se vantent de ne jamais s'ennuyer ne sont pas toujours très drôles ! Elles sont sérieuses peut-être, appliquées au maximum, ordonnées, en un mot, elles n'ont que des qualités ! C'est peut-être un peu lassant non ? Vive la fantaisie ! ça met du sel dans la vie...Quand on s'ennuie, on essaie de trouver une occupation qui vous distraira...Il m'arrive de m'ennuyer et pas seulement maintenant que la solitude est ma compagne...Quand j'étais plus jeune et que j'avais des soucis, pour combattre l'ennui, je cherchais ce que je pourrais bien faire...Alors, je déménageais les meubles ! Ce qui faisait dire à mon plus jeune fils lorsqu'il restait à la maison par suite d'un bobo l'obligeant à rester au chaud :"J'aime bien rester avec toi, je ne m'ennuie jamais parce qu'on déménage et j'aime ça !" C'était une distraction qui ne coûtait pas cher et...mes idées noires s'envolaient ! Dans le même temps, mon père, invité à déjeuner, demandait innocemment "où mange-t-on aujourd'hui, chambre ou salle à manger" ? Je pense qu'il me trouvait un peu fantasque ! Mais au moins, on ne s'ennuyait pas avec moi, il y avait du mouvement ! Encore parfois, je suis tentée de déplacer un meuble (le plus petit possible maintenant !), je "change de cadre" ... Que ferais-je si je faisais partie de ces gens qui ne s'ennuient jamais ? Je m'ennuierais, c'est tout simple ! Et vous tous donc ! Je n'aurais pas le temps d'écrire tout et n'importe quoi, comme aujourd'hui ! 

                         Vive Internet ! j'ai pu retrouver ce livre de Gilbert Cesbron et vais le recevoir
bientôt (si la poste veut bien fonctionner !!!). Un jour d'ennui, je le relirai....

                         

 

                       

Par Geneviève Cotty - Publié dans : de tout un peu.... - Communauté : Ne pas oublier de se souvenir.
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Vendredi 20 novembre 2009 5 20 /11 /Nov /2009 15:00

                                       "Maison de Correction"...

 

                        Cette menace qui fusait, lancée par le père excédé des incartades de son fils et même parfois de sa fille : "Si tu continues, je te mets en maison de correction" ! Menace qui faisait suite bien souvent à la fessée et même, pour parler vulgairement, dans certaines familles à la "torgnole" distribuée par ce même père !

                        La maison de correction était censée remettre dans le bon chemin des jeunes délinquants, pas assez âgés pour faire déjà connaissance avec la prison où en principe il fallait avoir 18 ans pour être envoyé.... Elle datait du 19 ème siècle je crois... Je ne suis pas certaine que le résultat escompté était au rendez-vous ! Ces enfants, déjà un peu "paumés", qui n'avaient pas la notion du bien et du mal, étaient alors confrontés avec de jeunes délinquants chevronnés, qui leur semblaient des chefs et que souvent ils admiraient ! Mauvais exemples alors ! l'enfant entrait dans ce centre, indiscipliné et...en ressortait très souvent perdu pour la société ! Je me souviens d'un jeune que j'avais vu passer au commissariat où je travaillais...Sa famille ? ils étaient 6 ou 7 enfants, lui était le plus jeune...Son rêve ? atteindre ses 18 ans pour pouvoir, dès le prochain larcin, être envoyé à la prison pour adultes ! Il faut dire que chez lui, père, mère, frères et soeurs, faisaient à tour de rôle (et même souvent en même temps), des séjours plus ou moins longs en prison : cambriolages pour les uns, prostitution pour les femmes et autres faits punissables ! Ce jeune garçon, par ailleurs attachant, les admirait beaucoup ! Enfin, si l'on peut dire, il a eu l'âge d'aller en prison, pour quelques jours...Et dès sa sortie, il a recommencé ses bêtises et a dit au Commissaire qui lui faisait remarquer qu'il allait retourner à la prison :"J'ai gravé mon nom dans la cellule; quand on fait ça, la prochaine fois on retrouve la même cellule "! Ah non, la maison de correction ne lui avait rien apporté !

                            Ces maisons de correction ont été remplacées je crois par des Centres d'Education Surveillée...Quelle est la différence ? Je pense qu'on leur apprend un métier (ce qui se faisait aussi théoriquement dans les anciennes maisons), mais surtout qu'on les éduque ? Tout le problème est là. Je ne pense pas qu'il y ait des jeunes entièrement mauvais, ils ont besoin d'être dirigés, et pas à coup de brimades, de gifles, de corrections. Ils ont souvent besoin qu'on s'occupe d'eux, même en faisant preuve d'autorité...C'est ce qui leur a manqué. Ce garçon dont je parlais, quand par hasard il était libre et qu'il me voyait passer, il venait toujours me dire bonjour, et faire la parlotte deux minutes ! Et moi, du haut de mes 22 ans,...je lui faisais la morale ! et il trouvait que j'avais raison ! Il n'était pas agressif....il avait simplement manqué "d'écoute". Mais il adorait ses parents et ses soeurs et les admirait !

                             J'ai repensé à ce garçon aujourd'hui, journée mondiale de l'enfance...Il y a sûrement des priorités concernant les jeunes dont beaucoup pourraient être sauvés. Je ne pense pas que légiférer sur la fessée en soit une ! Qu'on leur fasse comprendre que tous les êtres humains, dont ils font partie, sont respectables et ont besoin d'avoir un idéal à réaliser avec les moyens dont ils disposent et en accord avec leur conscience...Celle-là, c'est la meilleure des éducatrices !

Par Geneviève Cotty - Publié dans : il était une fois... - Communauté : Ne pas oublier de se souvenir.
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