Mardi 11 novembre 2008
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Mon père nous
racontait......
Toute ma jeunesse, j'ai entendu parler de cette guerre de 14-18, à tel point qu'il me semble l'avoir faite moi-même ! Je l'ai déjà raconté, nous avons visité les champs de bataille alors que
nous étions très jeunes mon frère et moi....J'avoue même qu'à cette époque, j'avais horreur de l'histoire !
Ce matin, j'ai entendu à la télévision l'interview d'un auteur de documentaire (qui doit passer ce soir sur nos écrans). Celui-ci disait que les soldats de la Grande Guerre, à part quelques uns
en 1917, ne s'étaient pas révoltés...Ils partaient plein d'ardeur et de courage pour défendre la Patrie...Cela rejoint tout à fait ce que nous avait raconté mon père...Les appelés
partaient "la fleur au fusil" comme on disait alors ! pour la patrie, pour l'honneur.....Beau programme.... mais quelle "boucherie" ! Toutes les familles ont été
touchées. Privilège de la vieillesse, maintenant je m'intéresse aux souvenirs historiques, ce qui étonnerait et ravirait mon père s'il était encore là ! J'attends donc ce documentaire avec
impatience et je pourrai comparer avec ce que j'ai entendu toute mon enfance. Mon père " n'oubliait pas ". Je crois que c'était tout à fait impossible . Mon beau-père, ancien combattant
aussi et qui avait été blessé plusieurs fois, n'oubliait pas non plus mais...ne voulait jamais en parler, sauf parfois avec mon père pour des souvenirs "entre anciens combattants". Les
images qu'ils en gardaient en mémoire étaient bien à eux et ils en disposaient à leur gré.
Nous commémorons donc aujourd'hui les 90 ans de l'armistice de 1918 qui a vu enfin l'arrêt de cette horreur, pour toujours (c'est ce que les combattants croyaient). Ce "toujours" a duré 20
ans...
Et maintenant ?
Dimanche 9 novembre 2008
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"Hommes 40 - chevaux en long 8 " -
La gare de JUVISY / ATHIS étant une gare de triage importante, il était très courant de voir des trains de marchandises... Les wagons portaient tous des inscriptions dont certaines
notamment me semblaient un peu bizarres, entre autres celles-ci : "HOMMES 40 - CHEVAUX en LONG 8". Un vrai rébus pour moi alors ! c'était surtout ces "chevaux en long" qui me
posaient des problèmes ! Et mon père m'a expliqué que ces wagons avaient servi à transporter les troupes pendant la guerre de 1914/1918...avec les chevaux ! Il s'agissait simplement de leur
capacité à faire tenir tout ce monde.... C'était certainement très inconfortable surtout pour les soldats...Mais cette guerre n'était pas destinée à être confortable ... et moi je me représentais
tous ces pauvres soldats entassés dans ces wagons et qui montaient au front. Combien en revenaient et...dans quel état ?
Malheureusement, ces wagons qui eux n'avaient jamais été démobilisés, ont encore servi d'abord entre les deux guerres pour le transport des marchandises ce qui était utile, et à nouveau au début
de la guerre de 1939 pour le transport des militaires, des chevaux ou du matériel....Et beaucoup plus grave, pour le transport par l'armée d'occupation de tous les déportés vers les camps de
prisonniers d'abord et ensuite vers les camps de concentration...Et là, on ne s'occupait plus de la formule "hommes 40, chevaux en long 8". Les humains ont été entassés, même pas comme des
animaux....Combien en sont revenus...et dans quel état ?
Est-ce que ces wagons existent encore ? on a dû enlever les inscriptions maintenant. Mais pour moi, les souvenirs restent.....
Par Geneviève Cotty
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Vendredi 7 novembre 2008
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Cette guerre qui devait être "la der des der"....
Le 11 novembre 1918, cette guerre qui avait duré 4 années, se terminait enfin. Je n'étais pas née, mais ce que j'ai pu en entendre parler dans ma jeunesse ! Mon père, appelé à 18 ans (en janvier
1916) venait de passer trois années dans cet enfer...Il en reparlait constamment...D'autres qui avaient vécu la même chose, n'en reparlaient jamais, mais tous pour la même raison : ils avaient vu
trop de choses horribles. Ma mère, qui était Lorraine, s'était trouvée dans cette tourmente dès l'âge de 14 ans et en parlait beaucoup aussi. Pendant ces quatre années, elle avait entendu
le canon tous les jours et vu des soldats qu'on "ramenait à l'arrière" blessés ou simplement pour quelques jours de repos...si on peut dire. Elle avait vu des régiments monter au front et
redescendre réduits de moitié...Soldats morts, soldats disparus....Et elle n'oubliait pas .
Et moi, je me souviens des voyages que mon père nous a fait faire sur les lieux où il s'était battu...Chemin des Dames, Fort de Vaux, Fort de la Pompelle, Verdun, Douaumont. Toutes les tranchées
étaient encore bien visibles alors, les terres labourées par les obus...Il voulait, à tort ou à raison, nous faire comprendre ce que c'était que la guerre...j'avais alors 8 ou 9 ans...et mon
frère 10 ans environ. Un peu jeunes non ? Nous avons donc visité des casemates, des forts, vu des canons et des chars...Et surtout, vu la Tranchée des baïonnettes quel spectacle ! Je
n'oublierai jamais...Mon père avait gagné sa Croix de Guerre à "la ferme Heurtebize" et nous sommes allés à cet endroit. Nous étions accompagnés par des amis de tranchées, ces "frères d'armes"
qui sont restés frères jusqu'à la fin de leur vie. Je crois que lorsqu'on a beaucoup souffert ensemble, ça crée des liens très forts...Ils étaient tous persuadés qu'ils avaient souffert certes,
mais que c'était pour qu'on ne revoie plus jamais ça ! cette guerre étant la "der des der" ! Quelle erreur !
On va célébrer les 90 ans de la signature de l'armistice, signature qui avait eu lieu au Carrefour de Rhetondes dans la forêt de COMPIEGNE. C'est un endroit que nous avions visité également
dans notre jeunesse. Je me souviens de ce wagon si célèbre....qu'Hitler a voulu y signer l'armistice de 1940 pour effacer ce mauvais souvenir pour l'Allemagne !
Je repense beaucoup à mon père en cette période, et à tous ces combattants dont tellement ne sont pas revenus ou sont revenus dans quel état ! Lorsque j'étais jeune, il était très courant de
croiser des hommes qui n'avaient plus de bras ou plus de jambes, ou qui étaient aveugles ou étaient complètement défigurés ...Ce sont des souvenirs d'enfance, ça faisait partie de notre jeunesse
et tout ceci nous a amenés à cette autre guerre que j'ai connue.....Notre vie de jeunes pourrait s'intituler "D'une guerre à l'autre" !
Et si on rayait les mots guerre, hostilités, bombardements, attentats et autres de la même famille, de notre vocabulaire et en toutes langues ! Rêve à réaliser....avec un peu de bonne volonté
!
Par Geneviève Cotty
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Mercredi 5 novembre 2008
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15:04
Les années se suivent et ne se ressemblent pas !
Ce
matin j'écoutais le nouveau Président des États-Unis citer le cas d'une vieille électrice âgée de...106 ans et il constatait qu'elle avait vu bien du changement pendant toutes ces années. Voilà
qu'un pays où la ségrégation était reine, a élu un Président de couleur. Quel progrès formidable.
Dans un autre ordre d'idées et sans avoir ce même âge mais quand même "un certain âge", je me dis qu'il a bien raison ! Rien n'est plus comme dans ma jeunesse....Les années se
suivent et sont toutes différentes ! Prenons d'abord les saisons....Quand j'étais jeune, notre pays était un pays tempéré, avec de vraies saisons : printemps, été, automne, hiver ! Je me souviens
qu'en région parisienne, l'hiver nous avions de la neige pendant de nombreux jours...Ce n'est plus le cas. La planète se réchauffe. Printemps, été et automne sont un peu déboussolés aussi. Les
glaciers fondent... Tout ça, par la faute des hommes....
Tant d'autres choses aussi ont changé ! notre manière de vivre, de nous nourrir. Chaque année apporte des nouveautés pour que notre vie soit plus agréable, moins fatigante, plus hygiénique, plus
rapide parce que nous sommes plus pressés, et pour que nous vivions plus vieux, si possible en bonne santé ! On ne compte plus les progrès techniques, les immenses progrès en médecine, en
communications, en industrie agro-alimentaire etc....Je ne peux tout énumérer, mais ce que je sais, c'est que tout ça n'existait pas...Et là, c'est par la grâce des hommes...
Quand je pense que j'ai connu les débuts du cinéma parlant. ! Lorsque j'étais très jeune, nous avions encore le cinéma muet....je m'en souviens ! La TSF, ancêtre de la radio, je me
souviens aussi des premières commercialisations...ce n'était pas courant dans les familles ! Les automobiles ? pas courant non plus ! Les salles de bains et autres salles d'eau : absolument pas
répandues ! Et pour cause, il n'y avait pas l'eau courante dans toutes les maisons, loin de là ! Et voilà, après un travail de fournis, nous sommes censés maintenant avoir une vie agréable...La
nôtre l'était aussi, puisqu'on ne connaissait pas autre chose ! Ce travail de fourmis a été accéléré par les guerres malheureusement. Était-ce le prix à payer ?
Toutes ces années que j'ai vécues sont différentes....A vrai dire, nous sommes allés de surprise en surprise, même si maintenant nous commençons à être blasés et à "trouver ça tout
naturel" ! On s'habitue si vite aux bonnes choses.....Heureusement que les anciens sont là pour se souvenir et pour raconter "comment c'était avant" ! Dommage qu'en vieillissant, nous trouvions
que certaines choses sont moins bien qu'avant (escaliers plus difficiles à monter, journaux plus difficiles à lire, viande plus dure à mâcher, ménage plus fatigant, le son de la radio et de la
télévision moins fort........et j'en passe !) . Et si ça, c'était "à cause" de l'âge ? Allez savoir.....
Et si un jour, tous les hommes étaient frères ? Là serait le vrai progrès...
Par Geneviève Cotty
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Lundi 27 octobre 2008
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"Et s'il n'en reste qu'une......"
Hier, j'ai entendu Jean d'Ormesson dire en parlant de son fauteuil à l'Académie Française "Longtemps j'ai été le plus jeune, maintenant...je suis le doyen !" . Il en était étonné avec amusement.
C'est ce qui m'est arrivé il y a trois ans quand mon oncle et parrain, âgé de presque 103 ans, est décédé en quelques heures. C'était lui le "doyen" de la famille, et quel doyen ! Un jeune
homme....Il m'avait téléphoné la veille de sa mort et j'aurais pu m'imaginer discuter avec un homme de...60 ans ! Et j'ai alors réalisé que lui parti, je devenais...la doyenne ! Bon, ça
fait quand même un peu froid dans le dos....Me voici donc devenue la doyenne bien que je ne me sente pas plus vieille pour autant ! Je l'ai déjà dit, la vieillesse, c'est un état d'esprit surtout
quand elle est accompagnée d'une santé très acceptable.
Etre doyenne, ça change quoi ? rien ! ça veut juste dire que, logiquement, vous êtes première sur une liste qui n'est pas définitive, dont l'ordre des noms peut changer à tout moment, sans
le respect de préséance....Vous n'avez même pas à choisir, quelqu'un de plus haut le fait pour vous ! La surprise en un mot ! Bon, eh! bien, j'assume cette responsabilité qui, pour l'instant,
n'est pas trop lourde. J'ai quand même quelques avantages, ne serait-ce qu'avoir plus de souvenirs que ceux qui me suivent ! Avoir connu les 3/4 du vingtième siècle et déjà quelques années du
vingt-et-unième siècle....Avoir connu les anciens francs, les nouveaux francs, l'euro...et ça, ce n'est pas ce qui a été le plus facile....Pas le temps de s'habituer à l'un, l'autre arrivait
déjà...Tout était à refaire ! Avoir connu les périodes de paix, de guerre, d'occupation et de restrictions(pas vraiment un avantage !) ,de difficultés de tous ordres....Pour ces dernières,
les générations actuelles vont être à égalité avec moi malheureusement ! Mon bagage ancien est tout de même assez chargé....Et la liste n'en est pas exhaustive !
Être doyenne, ça veut dire aussi avoir la joie de connaître ses petits-enfants, ses arrières-petits-enfants, les progrès de ce siècle toujours en mouvement.....Avoir des joies, des peines dont il
ne faut pas parler....C'est aussi parfois savoir se taire...et c'est ça le plus difficile pour moi ! C'est savoir accepter tout ça en "faisant la part des choses".... Et si c'était la voie de la
sagesse ? Alors, je ne suis pas encore doyenne dans l'âme et je devrai bien réviser mon rôle si je veux le conserver....
Vive ma doyenneté !
Par Geneviève Cotty
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Lundi 20 octobre 2008
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C'était jadis.....
Il était une fois dans la banlieue parisienne, lorsque j'étais très jeune, deux petites villes qui ont beaucoup compté pour ma famille : JUVISY-sur-ORGE et ATHIS-MONS. Bien qu'habitant sur
JUVISY, notre jardin était parcouru par un ruisseau, le MORT-RU, qui nous séparait d'ATHIS. Nous allions à l'école à JUVISY mais ma mère "faisait ses courses" sur ATHIS. Nos camarades de jeux
étaient presque tous Athégiens. Donc je ne fais aucune différence ! De même que Michel SARDOU disait qu'il avait "fait les deux écoles", moi, j'ai "fait les deux villes"....Ces deux villes se
trouvant à proximité de la gare de triage (la plus grande gare de France alors), ont eu exactement le même sort, le même jour, à la même heure : bombardées, anéanties en grande partie. On ne peut
donc les dissocier.
Ces
petites villes, je les ai donc vu grandir, vivre, se reconstruire...En particulier à JUVISY, j'ai vu naître l'Hopital utile pour toute la région puisque, lorsque j'étais enfant, il n'y avait
pratiquement rien qu'un dispensaire. J'ai vu une religieuse de Saint -Vincent -de- Paul, se démener fin des années 1920,et tout début des années 1930, pour qu'un grand hôpital inter régional soit
construit. C'était Soeur Henriette, dévouée, bourrue mais efficace, qui s'est lancée à corps perdu dans ce
projet qui a abouti à la grande satisfaction de tous, Juvisiens,
Athégiens et habitants de toutes les communes des environs. C'était en 1930 ou 1931....(voir l'histoire de cet hopital sur un site ami ( dandylan.over-blog.com).
Et pour des questions de rentabilité (?) il est question de fermer les parties chirurgie et obstétrique de cet hôpital. Ce qui avait été construit pour l'amour des gens, doit être supprimé pour
l'amour du fric ! Ce que le bombardement n'a pas fait, des "financiers" vont le faire, sans s'occuper des dégâts et des nuisances. qui vont en résulter. Après tout, ce ne sont que des vies
humaines...les bénéfices seront saufs...Les élus, les habitants, les communes environnantes, tout le monde est contre ces fermetures annoncées....Rien ne résiste à l'argent, même pas la morale
!
Ah ! Soeur Henriette, quand je pense à toutes ces démarches que vous avez faites, à toutes ces nuits pendant lesquelles vous réfléchissiez aux possibilités d'arriver à vos fins, à tous ces
déplacements que vous faisiez en bicyclette pour aller chez les uns et les autres parce qu'il n'y avait pas d'hôpital....j'ai un peu d'espoir et je me dis "qu'ils" n'oseront quand même pas vous
faire ça !
Par Geneviève Cotty
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Dimanche 19 octobre 2008
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09:28
Il y a des hauts, il y a des bas, mais....
Les "jours avec..." les "jours sans...." Tout le monde connaît ! Mais aujourd'hui, il me semble que c'est "un jour avec"...Peut-être parce qu'il fait beau dès ce matin ? ou parce que j'ai bien
dormi ? Je ne cherche pas de raison à cet état d'esprit, c'est comme ça !
Et si c'était tout simplement ce Dimanche (jour de paix par principe), avec la perspective de retrouver cette amie de jeunesse ? Nous nous sommes connues en 1944, ça fait donc .... bientôt 65 ans
! C'était en région parisienne et maintenant nous habitons toutes deux dans la même ville du Sud....Elle s'était mariée, je me suis mariée, nos maris se sont très bien entendus...."Parrainage" et
"Marrainage" entre temps...et voilà, c'est ainsi que notre amitié est restée bien présente depuis tout ce temps.
L'amitié....quelle belle chose ! Même si on n'est pas toujours d'accord sur tout, c'est toujours elle qui a le dessus! C'est indestructible. On y reste attaché comme à un lien familial. Avoir de
bons amis n'est pas toujours chose facile et les conserver encore moins ! Mais quand on réussit, c'est formidable ! J'ai un autre couple ami, plus récent ( mais d'une trentaine
d'années d'ancienneté quand même !). Fidèles oh ! combien ! Avec ceux-là, un souvenir commun : un bon gros toutou, un Labrador né de leur chienne avec quatre autres petits....Mon mari
adorait les chiens et celui-là était tellement touchant lorsque nous avons fait sa connaissance ! il avait deux mois....Le chiot s'est immédiatement senti bien avec nous...et nous avec ceux qui
l'avaient vu naître ! Et voilà comment est née notre amitié...qui dure encore.
Si la vie me semble encore belle, c'est bien sûr grâce à ma famille et aussi à ces amitiés....Tout le monde a besoin d'amis...Tout au long de la vie, enfance, adolescence et plus tard, des
amitiés se nouent dont certaines avec des noeuds tellement serrés qu'il est impossible de les défaire ! Et c'est tant mieux !
Par Geneviève Cotty
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Mercredi 8 octobre 2008
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Au temps des bombardements ....
Sur un site ami, j'ai pu lire il y a deux jours un commentaire qui m'a profondément choquée et peinée. Il s'agissait d'un récit publié il y a quelques mois par des pompiers et concernant ce
qu'ils avaient vu et vécu lors d'un bombardement de la région parisienne en avril 1944. Ce récit, écrit sous la forme d'un compte-rendu, heure par heure de ces heures épouvantables, était tout
bonnement poignant et tellement vrai. Je puis l'affirmer, m'étant trouvée moi-même sous ce même bombardement et ayant pu constater (pour les avoir subis), les dégâts de tous
ordres et les disparitions de personnes , voisins et amis tués ce jour là, tant par les bombes directes que par les bombes à retardement....link
Or, le rédacteur du commentaire, pensant vraisemblablement être le seul en France à détenir la vérité, conteste et nie l'emploi de bombes à retardement sur la France pendant la
guerre.....Pourquoi, quelles sont ses sources ? Etait-il seulement né ? Je ne le pense pas....Très catégorique dans son commentaire ce monsieur et c'était choquant. ¨Pourquoi nier l'évidence ?
les faits sont là...Il y a eu des bombes à retardement et elles ont fait beaucoup de dégâts et de morts....Nous n'avons pas pu aller sur les décombres de notre maison pendant au moins une semaine
(interdiction des autorités françaises) parce que trop dangereux...Et les pompiers en particulier savent de quoi ils parlent, certains des leurs y ayant laissé leur vie pour essayer d'en sauver
d'autres....
Pourquoi certaines personnes éprouvent-elles le besoin de tout remettre en cause ? Quel est leur intérêt ? Orgueil démesuré ? ou...j'avoue ne pas trouver de réponse. Refaire l'histoire comme
elles voudraient qu'elle soit ? Avant d'affirmer, on s'assure de ses sources.... On aura tout vu , depuis la négation des camps de concentration de sinistre mémoire, à la négation des faits réels
du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis.....Les victimes ne sont malheureusement pas là pour raconter....Et maintenant, la négation des bombes à retardement ! On ne fait pas de guerre
"propre"...C'était le prix à payer pour notre libération, on le comprenait, mais dire que nous l'avons accepté avec le sourire...c'est beaucoup dire ! mais dire que cela n'a pas existé, c'est un
énorme mensonge ou la méconnaissance totale de cette période. Dans ce cas, on ne dit rien !
On ne peut pas toujours se voiler la face....
Par Geneviève Cotty
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Samedi 4 octobre 2008
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15:47
Une grande fête se prépare...
Demain, baptême de mon dernier arrière-petit-fils Enzo....
Je ne serai pas présente "sur place" mais en pensée oh combien ! je ne vais pas les lâcher comme ça ! Je n'ai pas voulu aller si loin (en Charente)....Il faut bien admettre que
les voyages un peu compliqués ne sont plus de mon âge ! Par contre, je peux encore aller à l'autre bout de la France si...j'ai un avion pour me déposer puisque j'habite moi-même près de
l'aéroport ! Mais les trains avec changement...aïe, aïe...
Ce qui me fait plaisir, c'est que mes enfants, tous mes petits-enfants (à l'exception de ma petite-fille à LA REUNION), vont se retrouver pour cette grande fête de famille. Les cousins sont ravis
car ils se souviennent de leurs jeux ensemble et moi aussi, je me souviens....
Quand arrivait l'époque des vacances, mon mari et moi recevions dans notre maison près de CAVAILLON, les "petits-cousins" qui étaient éloignés les uns des autres en cours d'année (PARIS, LYON,
MARSEILLE) et n'avaient pas beaucoup d'occasions de se rencontrer. Notre maison était assez grande, avec un beau jardin et (les dernières années) une piscine ! Cela faisait des grandes tablées,
des rires, des cris et aussi des disputes parfois ! mais quelle ambiance ! Le grand-père était joueur, ça faisait un gamin de plus ! Nos petits-enfants n'ont jamais oublié cette époque et nous
sont reconnaissants de les avoir ainsi rassemblés. Ils sont encore plus dispersés maintenant (PARIS, NORMANDIE, CHARENTE, HAUTES-ALPES, MAYENNE, LA REUNION (!) loin aussi de leurs parents parfois
(Hautes-Alpes, Haute-Garonne) mais n'ont jamais cessé de communiquer et d'être heureux de se retrouver. Je ne regrette pas ce temps que nous leur avons donné et ce bonheur qu'ils savent
apprécier. On m'a promis un compte-rendu de cette fête et des photos ! J'y compte bien !
Les
grands-parents ont un magnifique rôle à jouer, alors, qu'ils le jouent sans hésiter ! Et si en plus ils ont la chance, comme moi, d'avoir des petits-enfants qui se souviennent et sont si
proches....alors...ils seront heureux ! Vive la jeunesse, c'est elle qui nous aide à "bien vieillir".
Et les vacances avec cousins et cousines constituent de si beaux souvenirs !
Par Geneviève Cotty
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Mercredi 1 octobre 2008
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16:18
Souvenir ineffaçable -
Il était midi aujourd'hui premier mercredi du mois quand je revenais tranquillement de ma petite promenade de santé....Tout était paisible, il faisait très beau et doux...Je suis dans le Sud.
Tout à coup, un bruit atroce pour moi et qui m'est familier depuis si longtemps : Une sirène...qui faisait ses essais mensuels je crois et qui est maintenant installée tout près de chez moi...il
faudra que je m'y habitue. Et me voici transportée en région parisienne en ce 18 avril 1944, à 23 heures. Toutes les sirènes de Juvisy, Athis-Mons et des alentours hurlaient à fond.... Et presque
en même temps, bruits de bombardiers au-dessus de nous, descentes de fusées éclairantes qui nous illuminaient comme en plein jour...Les gens qui partaient de chez eux en criant...Tous, nous
savions quels étaient les risques car nous étions à proximité de la gare de triage de JUVISY/ATHIS. Et le bombardement a suivi, pendant une heure avec bombes à retardement pour
finir...(www.dandylan.over-blog.com).
Depuis
ce jour, je ne peux plus entendre le bruit lugubre des sirènes...Toutes les images redéfilent devant mes yeux comme dans un film que je me passerais "en boucle"... Mon coeur se serre et je
partirais presque en courant me mettre à l'abri ! C'est idiot je le sais et ça remonte à si loin ! Mais mon"disque dur" a tout enregistré à tout jamais....Je ne souhaite à personne de vivre ça
....
S'il y a des souvenirs qui reviennent "à l'occasion", ce souvenir ne m'a jamais quittée. Tout comme les derniers instants passés dans notre maison...C'était la fin de mon enfance, de ma
jeunesse, d'une époque ... Non, décidément, on ne peut pas oublier ça, même si on le voulait. Et il suffit qu'une sirène vous offre sa romance (si on peut dire), dans un but qui n'a rien de
belliqueux pour que votre subconscient se réveille et vous fasse faire ce petit vopyage dans le temps !
"Les
sirènes de midi" n'ont pas pensé à tout ça....Et leur chant est toujours aussi lugubre !
Par Geneviève Cotty
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