ne pas oublier de se souvenir

Lundi 16 mars 2009 1 16 /03 /Mars /2009 15:49


                                          Encore un souvenir des années noires...

                                          Difficile d'oublier certains souvenirs ! Hier soir, j'ai regardé ce film que je trouve très beau et que j'avais déjà vu il y a quelques années : Monsieur BATIGNOLE.... Homme quelconque au départ, vivant la guerre et l'occupation d'une manière un peu égoïste et qui arrive à faire de grandes choses, en sauvant des enfants juifs. Poussé par quoi ? il ne le sait pas lui-même puisqu'il répond humblement à une femme qui lui pose la question "le hasard, simplement le hasard".... Mais en plus du hasard, ce refus involontaire de participer à ces actes monstrueux, et de se rendre complice de ceux qui voyaient sans déplaisir les allemands occuper notre pays, par convictions et aussi par intérêt....

 

                                          Et j'ai repensé à tous ces "petits résistants" inconnus, qui ont fait aussi de si grandes choses. Oh bien sûr, il y avait les "vrais" résistants, ceux qui, dès l'arrivée de l'armée d'occupation, se sont engagés dans cette armée des ombres qui a tellement aidé à la Libération. Mais il y a eu aussi tous les autres qui, au risque de leur vie bien souvent ont aidé à passer la ligne de démarcation, aidé à passer du courrier inter-zones, aidé ceux qui se cachaient, aidé, aidé, aidé d'une façon ou d'une autre à désobéir à l'occupant. Je me souviens de tous ces faux papiers que nous avons faits, plus vrais que vrais ...seuls les noms des titulaires étaient faux ! les tampons, cachets et signatures étaient vrais(celles-ci, très bien imitées parfois) et auraient suffi à envoyer au peloton d'exécution ou en camp de concentration celui qui aurait été pris....Les réfractaires au STO étaient pourvus de ces papiers faits par dizaines tous les jours, après le travail...Le "hasard" nous avait amenés là, conscients tout de même de ce que nous faisions avec plaisir, et la confiance en ceux qui nous demandaient ce travail nous donnait le courage ! Quels souvenirs ! Arrivés sur la pointe des pieds à la Résistance, repartis de même pour la plupart après la Libération....mais avec une conscience en harmonie avec eux.

                                           J'ai aimé ce film touchant de don de soi et d'humilité ! Monsieur BATIGNOLE n'a sans doute jamais pensé qu'il était un héros, ce n'était pas son but. Il voulait sauver ces trois enfants de la barbarie, il l'a fait le plus naturellement du monde, sans en espérer rien en retour, ni remerciements, ni récompenses...Parce que c'était son devoir de le faire, en toute simplicité .... Merci à tous les "Monsieur BATIGNOLE" de l'époque. Et il y en a eu beaucoup.

                                          

Par Geneviève Cotty - Publié dans : ne pas oublier de se souvenir - Communauté : Ne pas oublier de se souvenir.
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Dimanche 1 février 2009 7 01 /02 /Fév /2009 13:52


                                      Entre deux "mots"....

                                      Ces deux mots sont différents, leur signification aussi, et pourtant je pense qu'ils vont très bien ensemble ! Peut-on être reconnaissant envers quelqu'un si la fidélité est absente ? Je laisse le soin aux amateurs de philosophie de répondre et d'étudier ce grave problème et surtout les conclusions qui en résultent ! A une époque où fidélité et reconnaissance rejoignent la conscience au rang des antiquités, j'avoue avec honte que je suis une "fidèle" de nature et que j'ai toujours de la reconnaissance envers ceux qui, d'une manière ou d'une autre, à telle ou telle occasion, m'ont rendu service ! Je ne suis pas de mon temps ? mais quel temps ? mon ancien, celui de ma jeunesse ou le temps actuel dans lequel je me promène encore et que j'apprécie ?

                                      Je suis heureuse d'être une fidèle, mes amis sont des amis de longue date. Je les aime comme ils sont tout simplement, et il m'est impossible de rester fâchée avec quelqu'un que j'aime. On peut toujours s'expliquer...mais les fâcheries en famille ou entre amis, oh là là ! quelle horreur ! Ce qui explique que je n'aime pas être déçue par quelqu'un de proche...ça ne me fâche pas, ça me peine...nuance ! Se fâcher, on le fait volontairement, avoir de la peine, c'est involontaire, ça vous tombe dessus sans crier gare !

                                       Et la reconnaissance ? encore ce mot désuet qui vous a un petit air de fin dix-neuvième, début du vingtième siècle ! Parce que j'ai de la mémoire, je n'oublie jamais ce qui m'a semblé une gentillesse, un service rendu...Et voilà pourquoi je n'oublie pas tous ceux qui m'ont aidée à me servir d'un ordinateur d'abord, et ceux qui m'ont permis de "m'exprimer" tant sur un blog ami que sur celui que j'ai créé. Quand je dis "ceux" qui m'ont permis de m'exprimer....je devrais plus exactement dire "celui" qui m'a permis d'écrire ces souvenirs de jeunesse et qui les a publiés sur son blog....dans ce coin de banlieue où j'ai vécu jadis ! Et reconnaissance envers vous qui me lisez....Et envers ces journaux qui actuellement, se "disputent" mon portrait  (ça, c'est pour rire)...Mais bon, ça fait aussi partie des bonnes choses.

                                      De la reconnaissance à la fidélité, il n'y a pas loin....Parce que je suis reconnaissante à ma banlieue (ATHIS/JUVISY ou JUVISY/ATHIS, comme on veut), de m'avoir donné tant de souvenirs, je lui suis restée fidèle....link

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Mercredi 28 janvier 2009 3 28 /01 /Jan /2009 11:04


                                      Exit la guillotine...

                                      Magnifique film hier soir sur la peine de mort...J'ai eu beaucoup de mal à regarder la fin si dramatique. Le docteur GUILLOTIN a dû se retourner dans sa tombe et mourir une seconde fois , mais de honte, en constatant les drames résultant de la peine de mort et de cet engin qui porte presque son nom....Drame pour le condamné d'abord puisque sans aucune humanité, on le fait attendre et mourir déjà un peu chaque jour avant l'exécution. Quoiqu'il ait fait, est-il bien nécessaire de se montrer encore plus cruel que lui ? Drame pour sa famille, drame pour les Jurés qui prenaient cette lourde responsabilité "en leur âme et conscience". Drame humain surtout s'il plane un doute sur la culpabilité de l'accusé...Trop tard...on ne peut pas revenir en arrière ! Révision du procès ? oui mais, c'est trop tard....Est-ce que la famille y trouvera son compte ? sûrement pas. Et les jurés, retrouveront-ils la paix intérieure ? j'en doute.....

                                       Ce film était poignant et le combat mené pour l'abolition de la peine de mort nous faisait réfléchir..."Tu ne tueras point"... Beau précepte, mais qui n'était alors pas appliqué par la justice...Robert BADINTER a mené un rude combat et il a pu voir enfin ses efforts récompensés, mais après des erreurs de jugement. de la justice..le doute est toujours là. C'est un grave problème et qui est encore sujet à discussions. Il y a des crimes atroces, enfants, vieillards, bébés comme ces jours derniers en Belgique. Comment doivent-ils être punis ? Je n'ai pas de réponse car je doute et je me pose des questions... Que les juristes se mettent au travail, avec leur savoir qu'ils appliquent la loi, mais aussi avec humanité...c'est ça qui est difficile !

                                         Ce qui m'a le plus choquée peut-être, c'était la foule ! avide de sang...Et je me souviens en 1938 ou1939 de l'affaire WEIDMANN, cet assassin de femmes qui avait caché leurs cadavres dans la forêt de Fontainebleau dans un lieu appelé "Caverne des Brigands". Il fut exécuté à VERSAILLES et ce fut la dernière exécution publique, enfin...Ce n'est tout de même pas un spectacle !Des femmes notamment, complètement hystériques étaient présentes...C'était la honte du genre humain...Pourquoi quand un dit "tues", l'autre crie "massacres" ? Toujours plus de sang....Ça, c'est horrible et on n'est pas fiers d'être "civilisés" ! Beaucoup de pays appliquent encore la peine de mort...Espérons qu'un jour enfin tout cela changera et que l'abolition sera votée partout. Si notre pays a fait quelque chose de bien, c'est bien ça !

                                          Il y aura une suite à ce film, la semaine prochaine...A voir obligatoirement.

 



                                      

 

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Mardi 30 décembre 2008 2 30 /12 /Déc /2008 16:48


                                      Moments agréables....

                                      Je viens de passer un grand moment très agréable : m'occuper de fleurs que je venais de recevoir, d'autres que j'avais reçues pour Noël, et tout ça "via Internet" ! Chic ! aujourd'hui il fait si mauvais temps, si gris, si pluvieux, enfin si ..tout ce que je n'aime pas, que lorsque j'ai entendu sonner à ma porte, j'étais prête à accueillir même un percepteur...(n'exagérons rien, là je me vante, ce n'est qu'une image !) Mais quand le brave livreur qui est monté m'a dit d'un air enjoué "c'est Chronopost, je vous apporte des fleurs fraîches Madame" je l'aurais bien embrassé ! Il m'a souhaité une bonne fin de journée et de bonnes fêtes de fin d'année ! Brave garçon très aimable et ça fait plaisir .

                                      Alors vite, j'ai déballé ce paquet si précieux qui m'apportait, outre de belles fleurs, une preuve d'amour et l'assurance qu'on pensait à moi. Du coup, je ne me suis plus occupée de la pluie qui frappait à mes carreaux...j'avais autre chose à faire ! Mettre ces jolies fleurs dans un vase pour qu'elles ne souffrent pas et qu'elles soient mises en valeur...Et voilà, ma maison est bien fleurie ...C'est le printemps chez moi (pas dehors ! ). Et puisque j'en étais aux fleurs, j'en ai profité pour soigner celles que j'avais rapportées de Toulouse il y a trois jours. Elles semblaient ravies ! j'ai bien été obligée d'en supprimer quelques unes qui prenaient un air penché désespéré et désespérant ..."Et roses, elles durent ce que durent les roses...."mais dans l'ensemble elles vivent encore en vieillissant, ce qui arrive souvent ! Il n'y a pas besoin d'être roses pour cela !

                                      Et je pense à tout ce bonheur qu'une petite fleur peut apporter, et alors que dire d'un bouquet ! C'est une amie qui vous arrive, une pensée affectueuse et aussi plein de souvenirs qui vous envahissent ! Rappel de petits faits minimes parfois, touchants, attendrissants...Vous préparez un vase et hop le petit souvenir caché dans le fond revient vite à l'extérieur comme s'il ne voulait pas être noyé ...Souviens-toi de celui ou celle qui te l'a offert et à quelle occasion ! Je suis incurable, je crois que j'ai un souvenir attaché à chaque objet que je touche ...

                                      Et voilà, c'est reparti....pour un magnifique bouquet de fleurs ! Merci à l'expéditrice ... Je termine l'année en beauté (tout au moins entourée de beauté). Et c'est fort agréable....

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Mercredi 10 décembre 2008 3 10 /12 /Déc /2008 11:21


                                      Il suffit de me donner le "la" !

                                      On vient de me dire au téléphone que j'avais de l'humour .... Oui sans aucun doute, mais avais-je cet humour quand j'étais jeune? Je ne le pense pas ! Curieusement, cet humour m'est venu avec les responsabilités qui ont été les miennes à compter de la guerre. Si j'ai toujours bien aimé rire, je n'étais pas particulièrement joyeuse au point de rire de tout jadis...ce que mon père me reprochait d'ailleurs...Mais voilà, ma génération a été confrontée à une vie hors normes. Il nous a fallu nous adapter rapidement et pour plusieurs années. Je crois que c'est à partir de ce moment que j'ai changé dans ma manière d'aborder les problèmes...Il ne s'agissait pas de se lamenter sur ce qui avait été et n'était plus...et si cela ne m'a pas empêchée d'être "rouspéteuse", mon péché mignon (!), ça m'a donné du courage ! peut-être aussi parce que j'ai eu l'exemple de ma mère si courageuse pendant cette période maudite.

 

                                       Les années noires, il fallait en passer par là, mais sans accepter l'échine courbée et se " forcer à rire de tout de peur d'être obligé d'en pleurer"... C'est ce que beaucoup de français ont fait et ce qui mettait l'occupant hors de lui ! raison de plus pour, ostensiblement, faire comme si rien ne nous touchait...On fait la résistance qu'on peut. Et nous avons ri parfois de nos malheurs, de tous les désagréments que nous subissions, de ce manque de nourriture, de chauffage, de transports, de liberté enfin ! Et nous avons réagi, non pas avec le sourire, mais en riant, ce qui n'est pas la même chose ! Et l'habitude en a été prise...et ça nous a rendu la vie supportable. Quelques années plus tard, je me suis mariée avec un breton plein d'humour ce qui caractérise bien les bretons.  Mon mari se disait  fataliste...peut-être un peu. Mais pour lui, tout aurait  toujours pu être plus grave...! Tout ceci pour expliquer mon humour actuel, si humour il y a !

                                         Quand on devient vieux, à quoi bon se lamenter ? la vieillesse, c'est inéluctable avec le chapelet de tous les petits inconvénients attachés à l'âge ! On est moins rapide, on se fatigue plus vite, on dort moins bien, on a plus souvent besoin d'un petit banc pour attraper les objets en hauteur ! entre les plus et les moins, on a de quoi faire et si on n'accepte pas, la vie devient vite pénible ! Mais si l'humour est présent, tout est tellement plus facile ! Et ça permet de rester "dans la course" ! Mes enfants et mes petits-enfants me taquinent et j'aime ça ! Je suis toujours dans le circuit ! On devrait instaurer des cours d'humour pour les personnes âgées qui, trop souvent, deviennent un peu taciturnes et se plaignent trop....On a cette chance inouïe de profiter d'une vie qui se prolonge comme on n'aurait pas osé l'espérer il y a des décennies. Alors, si on la chance d'avoir une relativement bonne santé, prenons cette vie par le bon côté. C'est mieux pour tout le monde.

                                         Et voilà, comme toujours, il a suffi de me donner le "la" pour me mettre en route et bavarder. Quand la machine est partie, elle ne s'arrête pas facilement !

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Mardi 9 décembre 2008 2 09 /12 /Déc /2008 16:24


                                      Dur, dur de supporter ces hivers là !

                                      On ne peut le nier, l'hiver cette année se montre précoce, même dans les régions du sud de la France, un peu privilégiées habituellement ! Je reviens d'une "expédition en ville" et la pluie aidant, j'ai bien du mal à me réchauffer !  Et cela me rappelle ces hivers de guerre qui, allez savoir pourquoi, ont été des hivers plutôt rudes....A une époque pendant laquelle nous aurions bien apprécié que le ciel soit clément, il ne l'était pas ! Pluie, froid, neige, gel..nous avons tout connu, tout supporté ! . Les restrictions ont été pour tout, sauf pour le froid .... Alors qu'il gelait à pierre fendre, il n'était pas question d'arriver dans une maison bien chauffée, le charbon et le bois étant absents de toutes les maisons et de toutes les cheminées ou autres moyens de chauffage....Rien à donner à manger aux poëles et cuisinières qui avant la guerre vrombissaient de plaisir et rougissaient à qui mieux mieux ! Non, les foyers restaient noirs et tristes et nous grelottions....Lorsque nous arrivions bien mouillés par la neige ou la pluie, se réchauffer et faire sécher les vêtements n'était qu'un rêve parmi tant d'autres ! Bout du nez, pieds et mains engourdis par le froid, il fallait faire preuve de beaucoup d'imagination pour croire que ce n'était qu'un mauvais moment à passer....Le seul moyen pour résoudre ce problème, c'était le fond du lit et bien recouverts par des couvertures "d'avant-guerre", en vraie et bonne laine....

                                           Je me souviens de linge qui avait été mis à sécher dans la cuisine et que nous retrouvions bien raide parce que tout gelé ! c'était courant...Nous gardions le peu de charbon ou bois qu'on nous attribuait avec tickets bien sûr ,pour faire un bon feu le Dimanche et se sentir à peu près bien à la maison. Ma mère profitait alors que la cuisinière était allumée pour cuisiner un peu plus et faire des repas plus acceptables que les autres jours....Quelle vie ! Tous les hivers de guerre ont été très rudes. Au cours de l'hiver 1940/1941, j'avais été "expédiée" à PARIS chez ma tante pour profiter de la famille et...de la douceur de l'appartement parisien, notre grande maison étant impossible à chauffer !  Il avait alors gelé très fort pendant plus de deux mois consécutifs...Ça fait quand même un peu long...Et comme pour le reste, petit à petit on s'est organisé et on a "fait avec"..On s'est surtout endurcis ! Il fallait bien, nous avions quatre hivers de même type à vivre .

                                             En rentrant chez moi tout à l'heure, j'ai repensé à ces hivers et pourtant...je suis arrivée dans un appartement chauffé,  mon accompagnatrice (encore plus gelée que moi malgré sa jeunesse !) et moi avons pu nous faire un café bien chaud et apprécier la douceur d'une maison accueillante. Ce n'était pas le cas dans les années quarante ! Ne nous plaignons pas. Il y a bien d'autres personnes actuellement qui n'ont pas la chance d'avoir un toit ou même simplement un petit coin bien au chaud. Je comprends ce qu'elles doivent ressentir et combien il est dur de supporter l'hiver quand il ne veut pas se montrer clément !

                                              Vivement le printemps !

                                           

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Mardi 2 décembre 2008 2 02 /12 /Déc /2008 16:29


                                      Quand les souvenirs d'enfance vous poursuivent....

 

                                       Surprise agréable pour moi aujourd'hui ! Je viens d'être contactée par un lecteur de mon blog qui trouve intéressant qu'une personne ne vivant plus dans un endroit, parle de son ancienne ville et de son enfance dans celle-ci....Il paraît que c'est peu commun !Tout d'abord je reconnais humblement que j'ai été heureuse d'apprendre que ce blog intéresse des personnes vivant ou travaillant dans mon ancien fief ! Et maintenant, venons-en à la question posée qui est en clair "Pourquoi rester attachée à cette ville ? " Alors là, c'est une vraie colle ....Je n'ai pas une, mais des raisons pas toutes reconnues peut-être...

                                       Oui je suis attachée à cet endroit où j'ai tant de souvenirs, les uns heureux, les autres moins, les autres dramatiques... Mais les uns comme les autres créent des liens .Mon enfance, mon adolescence, se sont écoulées là. J'y suis allée à l'école, j'ai arpenté les rues, je m'y étais fait des amis, je connaissais tous les commerçants les sédentaires comme les ambulants...Plus tard, mes enfants y sont nés...Comment pourrais-je oublier tout ça ? Je suis un peu comme le lierre qui s'attache ou meure. Mon père me disait quand j'étais enfant que j'étais comme les chats, que je m'attachais à ma maison ! Nous ne les avons pas quittées les deux maisons où nous avons habité, ce sont elles qui nous ont quittés . Il n'a fallu qu'une heure pour ça ! Et j'y pense toujours...Alors voilà, j'éprouve le besoin d'en parler...Peut-être que ça me rajeunit, tout n'est qu'illusion ! ATHIS et JUVISY puisqu'il s'agit de ces deux villes de banlieue, étaient jadis bien agréables. C'était un peu la campagne, surtout Athis. Nous habitions, que ce soit dans une ou l'autre des maisons que nous avons occupées, à la limite des deux villes, séparées pour nous par un ruisseau qui passait dans notre jardin...Un pied dans chaque ville, chaque ville ayant eu le même sort, le même jour, à la même heure...Impossible de les dissocier. Je ne sais comment y est la vie maintenant, je n'en fais plus partie. Je regarde les photos publiées régulièrement sur un site ami.link . Les unes me font revivre mon passé, les autres me tiennent au courant des progrès et dans ce cas, je ne m'y retrouve pas ! J'aime beaucoup quand même ce petit instant que je passe en région parisienne....

                                           Si la question posée était bonne, la réponse est un peu confuse ! il y aurait trop à dire...Mais j'essaierai d'y réfléchir.

                                      








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Jeudi 27 novembre 2008 4 27 /11 /Nov /2008 11:07

 

                                   Des nuits claires pendant la guerre.....

                                   Et voilà, parce que ce matin j'ai admiré des photos d'un clair de lune sur un site que je visite régulièrement , me voici repartie dans mes souvenirs de guerre ! Il m'en faut peu ce qui est la preuve que ces fichus souvenirs restent vigilants et prêts à ressortir à la première occasion !

 

                                   Un clair de lune, c'est magnifique ! lorsqu'il "fait clair comme en plein jour", c'est agréable, tout vous semble presque irréel...ça, c'est ce que je me dis maintenant ! Mais pendant les années de guerre, on n'appréciait pas tellement cette clarté qui souvent n'annonçait rien de bon. C'était ce qu'on appelait alors "une nuit à alertes"...Les avions pouvaient venir nous visiter à tout moment et nous apporter inquiétude et parfois même beaucoup plus que ça : un bombardement ! Malgré la beauté du ciel et de la terre éclairée par la lune, nous n'éprouvions aucun plaisir... Et quand les sirènes retentissaient, la peur nous envahissait ! Oh ! il n'y avait pas de bombardement tous les jours dans ma région, mais le bruit lugubre des sirènes n'incitait pas à la joie ! Et il y eut cette fameuse nuit de 1944 et bien d'autres au cours des mois qui suivirent.....Mauvais souvenirs !

 

                                    Et pourtant, nous aurions dû être contents de ce clair de lune ! Au moins, on voyait clair pour circuler, alors que les jours où elle ne se montrait pas, c'était le black out total. On marchait dans la nuit par habitude..gardez-vous à droite, gardez-vous à gauche, ce n'était vraiment pas facile de circuler quand aucune petite lueur n'était  là pour vous diriger! Rien ne filtrait au travers des volets des maisons, le moindre interstice était bouché avec du papier... Pour être noir, c'était noir...On circulait à bicyclette avec un petit phare dont le verre était caché aux trois-quarts...ça éclairait juste un peu la roue ! Alors qu'avec le clair de lune, on se sentait libre....Nous n'étions pas tellement plus en sécurité dans le noir, ce n'était pas le même danger c'est tout ! Sans compter que pour prendre une bonne "bûche", le noir ça aide, à pieds ou en vélo !

 

                                     Maintenant, nous pouvons admirer un clair de lune sans crainte aucune...Alors, ne nous en privons pas ! "La lune est là..."ainsi que le chantait Charles Trénet !

 

                                   

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Samedi 22 novembre 2008 6 22 /11 /Nov /2008 11:04

 

                                     C'était pendant les années noires...

                                     Ce matin, en mettant un collant avant de sortir, je me suis souvenue tout à coup de ces "faux bas" que nous utilisions pendant la guerre ! Encore des souvenirs de guerre, mais qui font sourire maintenant ! A une époque où il y avait tant de faux en tous genres qui circulaient ou qu'on consommait, pourquoi pas des bas ? La coquetterie était toujours bien présente et il nous fallait faire avec les moyens du bord ! Je ne sais qui avait eu l'idée géniale d'inventer une teinture pour jambes, dont les couleurs se rapprochaient le plus possible (!) de la couleur de nos regrettés bas en rayonne, en coton ou en soie, qui avaient disparu en même temps que l'armée d'occupation était apparue ! Sans faire de mauvais esprit, je me demande s'il n'y avait pas un lien....

 

                                      Pour en revenir à ces bas de remplacement, chaque femme et jeune fille avait "son truc" ! On passait cette teinture sur les jambes avec un coton, en l'étalant bien pour qu'il n'y ait aucune trace...Il fallait donner l'impression du réel ! Oui mais...les bas avant la guerre comportaient une couture qu'il fallait bien placer derrière la jambe, sans faire de zigs-zags . Qu'à cela ne tienne ! vous achetiez un crayon spécial dont la mine, un peu plus foncée que la couleur de la teinture, pouvait donner l'illusion...On traçait la couture (toujours un faux) directement sur les jambes déjà peintes ! Ah ! bien sûr, il ne fallait pas trembler, comme pour les vrais bas, pas de zigs-zags à la couture ce qui aurait été du plus mauvais effet ! Cette couture, la vraie comme la fausse, était censée affiner la jambe ce qui était le cas d'ailleurs ! Et voilà, peinture bien étalée, coup de crayon bien droit pour "la couture", les pieds bien installés dans des chaussures à semelles de bois, nous étions fin prêtes ! Sauf que...ça ne tenait pas chaud (d'où la mode des socquettes de l'époque), et en plus, quand on avait comme moi assez facilement des réactions "allergiques" (comme on dirait maintenant), on pouvait se retrouver avec des jambes bien peintes, mais couvertes de petits boutons ou de plaques rouges et des démangeaisons tout à fait désagréables ! Ce n'était pas le résultat escompté....En cherchant bien, j'avais fini par trouver un produit que je supportais; il faut savoir être tenace à certains moments de sa vie !

 

                                     Ce n'est qu'un petit souvenir de faux parmi tant d'autres de l'époque ! faux café, faux sucre, faux tickets de rationnement, fausses cartes d'identité, faux tissus, faux et encore faux ! fausse vie, fausse jeunesse. Le faux et usage de faux devenait un sport national....et il y avait beaucoup d'adeptes ! Il fallait bien vivre et surtout essayer de le faire "normalement"....Mais quand même, toutes les femmes ont applaudi à l'arrivée des bas nylon !

 

                                     

 

                                   

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Mercredi 19 novembre 2008 3 19 /11 /Nov /2008 15:55


                                      Se souvenir, oui mais...........

                                      Si c'est vrai qu'il ne faut pas oublier de se souvenir, alors souvenons-nous ! Dans toute vie il y a du bon et il y a du mauvais...Tout n'est jamais tout rose, tout n'est jamais tout noir. Il faut se souvenir de tout et  faire le classement ! On classe bien ses dossiers !.... Je me souviens de ma  première jeunesse et de l'insouciance qui était mon péché mignon ! et celui-là, je le soignais au grand désespoir de mes parents ! Mais puisqu'ils étaient là, pourquoi m'en faire ? Ce que j'ai pu entendre cette phrase "quand te mettras-tu devant tes responsabilités?..J'aurais bien voulu, mais je réfléchissais toujours trop tard et la vie continuait quand même, sans mon aide. 

                                      Et la guerre est arrivée...Adolescente, je suis restée seule avec ma mère. Plus question d'insouciance, le temps en était révolu. Il fallait vivre et surtout survivre. Tout à coup, j'ai réfléchi avant d'agir. Tiens ! c'était une bonne idée et pas si fatigante que ça ! Je pouvais compter sur ma mère et elle pouvait, enfin, compter sur moi....Mais pour ça, il avait fallu une guerre.  Ce n'est tout de même pas la solution idéale .

                                      Et maintenant, j'en suis à l'époque du tri de mes souvenirs ! je revis mon passé avec toutes les images qui défilent dans le désordre, les bonnes, les moins bonnes. Et il y en a beaucoup ! Ma petite enfance en banlieue de PARIS, les études, ma vie au milieu des miens, mon frère parti trop tôt et ce bombardement que je revois toujours. Avec le temps, si les souvenirs restent, on "les vit" autrement...Mon enfance, je la vois paisible, agréable, heureuse. Je l'enjolive peut-être un peu, sans m'en rendre bien compte ? certainement, car on était loin d'avoir tout ce qu'il y a maintenant, mais c'était mon enfance...Mon adolescence marquée par des bruits de guerre d'abord et des bruits de bottes ensuite, je n'irais pas jusqu'à dire que je la revois agréable et paisible...mais telle qu'elle a été, contrainte et forcée je l'ai acceptée. Bon d'accord, pas moyen de faire autrement ! Nous subissions et attendions la fin de ce cauchemar.
  
                                    Tous ces souvenirs, bien mélangés, constituent mon passé, celui que je revis sans doute trop souvent mais qui m'a aidée à être comme je suis....Je ne rajoute rien, je ne gomme rien...Si j'ai des regrets, c'est seulement en pensant à ce qui aurait pu être et n'a pas été par suite de la guerre...Celle-là, elle revient un peu trop souvent à mon esprit !


                                     

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