Nostalgie...

Mercredi 26 août 2009 3 26 /08 /Août /2009 15:16

                         Regards en arrière...

                         Comme pour tous ceux de ma génération, ma jeunesse n'avait fait que passer, sans que j'aie eu le temps d'en profiter...Je l'avais vécue, certes, mais mal, un peu en "décalé" ! (juste un petit exemple, mes parents m'avaient fêté mes vingt ans à...22 ans ! Avant, l'ambiance à la maison ne s'y prêtait pas...). Puis la Libération est arrivée qui a commencé à nous donner avec l'espoir, l'envie de vivre plus normalement.

                         C'est ainsi qu'un jour pluvieux d'août 1946 nous nous sommes mis à deux pour entamer une nouvelle vie ! 26 août ! Dans cette période d'après-guerre, tout n'allait pas encore très bien, mais on n'allait tout de même pas attendre d'avoir des cheveux blancs pour fonder une famille ! Il y avait eu pas mal de temps de perdu ! Alors comme beaucoup de nos amis, nous avons fait preuve de courage (ou d'insouciance ?) et en avant pour la grande aventure ! Nous avons dit "OUI" ce tout petit mot si facile à dire et à écrire...Vous apposez votre signature sur un registre et après "y a plus qu'à"... C'est ce "y a plus qu'à" qui pose problème....Vous n'avez plus qu'à prendre vos responsabilités, faire fonctionner au mieux cette petite entreprise qui, démarrant avec deux personnes, prend son essor...et si le nombre de participants augmente, les "revenus du travail" ne suivent pas toujours...Ils sont même souvent inversement proportionnels, les dépenses augmentant beaucoup plus vite que les recettes . Mais, s'il fallait s'arrêter à ça ! C'est ce qu'on appelle "la vie à deux", avec toutes ses joies, ses peines, ses soucis, ses bons et ses mauvais moments. C'est ce qu'on appelle aussi la famille. C'est la vraie vie.

                           Regards en arrière, sans états d'âme. "Non, rien de rien, non je ne regrette rien"...Mon époque a été une époque à part, nous ne l'avions pas voulue telle, nous l'avons subie. La suite a racheté ces six années de guerre. Étions-nous plus conciliants ? Les couples actuels se font, se défont très souvent, la famille suit le mouvement....sans casse paraît-il...Je veux bien mais j'en doute un peu...

                           Nous n'entendons plus jamais cette chanson de ma jeunesse "Mariez-vous donc, mariez-vous donc, c'est si gentil c'est si bon "...Bien sûr, c'était pour idéaliser le mariage, mais il faut bien avoir un idéal dans la vie ! Et fonder une famille, c'est un idéal...même si le mariage est un peu en retard !

                           



                        

Par Geneviève Cotty - Publié dans : Nostalgie... - Communauté : Ne pas oublier de se souvenir.
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Samedi 22 août 2009 6 22 /08 /Août /2009 10:41
                         Nostalgie.....?

                         Je reviens de faire quelques courses, exténuée par la chaleur que nous avons encore aujourd'hui et je pense à ce qui était et qui n'est plus...Je m'explique, je pense à LA POSTE ! drôle de sujet de méditation et pourtant ! Quand LA POSTE s'appelait les PTT il y a de cela bien longtemps. Quand le facteur passait trois fois par jour...quand le courrier arrivait "avant d'être parti" ou presque....quand de votre lieu de vacances vous pouviez envoyer des cartes postales à la famille et aux amis et qu'elles arrivaient dans un temps record ! Celles que j'ai envoyées cette année, notamment dans ma ville (!), ont mis une bonne dizaine de jours pour arriver (j'étais de retour avant elles)....Et je pense surtout à ce recommandé que je suis allée chercher ce matin (je suis sortie exprès); j'avais trouvé un avis de passage dans ma boîte hier, dans lequel on me priait d'aller chercher à compter du 22 août à 9 heures, la lettre recommandée qu'on tenait à ma disposition à la poste près de chez moi. A 10h.30, je me présente...Guichetière charmante et qui se dérange pour "aller voir"...Elle revient sans rien et (merci les ordinateurs), cherche sur le sien, me trouve, trouve trace de ma lettre...mais celle-ci n'est pas arrivée ! On me demande de revenir Lundi, ce que je ferai car j'ai un besoin urgent du contenu de ma lettre...Peut-être se trouve-t-elle dans un autre bureau de poste, à l'autre bout de la ville (ça m'est arrivé l'hiver dernier et j'ai dû batailler pour qu'on rapatrie le colis d'alors). Bien sûr, une erreur est toujours possible...bien sûr c'est de la faute à "pas de chance", bien sûr, bien sûr...Moi je veux bien, mais je regrette tout de même le temps où le courrier était considéré comme ayant une valeur et où les employés travaillaient avec conscience...Ils ont peut-être des difficultés maintenant...mais cela n'empêche pas de faire consciencieusement son travail... Je me considère comme "cliente" de la poste, alors, un client, ça se ménage....nuance, ça se ménageait !

                            Je n'ai même pas voulu grogner (je ne me reconnais pas !). Tout d'abord, l'employée s'est excusée, elle était très aimable et surtout elle n'y pouvait rien ! Je lui ai simplement fait remarquer que ça ne m'arrangeait pas par cette chaleur....J'espère qu'il pleuvra d'ici lundi et qu'il fera plus frais ! Comme disait un ami disparu maintenant " Pauvre France" !

                            S'il n'y avait que la Poste pour donner à penser ! mais non, il est d'usage d'être "cool"...tant pis pour ceux qui en font les frais. Vous écrivez à des services publics ou privés ... Avec un peu de chance, vous aurez une réponse...mais pas toujours...Où est le temps où "toute lettre méritait une réponse" ? S'il fallait s'arrêter à ça ! Et pourtant, c'était une simple question de politesse, comme dire merci, ce qui, entre nous, est de plus en plus rare !!!

                             Les temps anciens ? Mais c'est obsolète ! il faut s'y faire...J'aime le progrès, mais je regarde quand même derrière moi avec un peu de nostalgie....
Par Geneviève Cotty - Publié dans : Nostalgie... - Communauté : Ne pas oublier de se souvenir.
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Samedi 15 août 2009 6 15 /08 /Août /2009 11:40

                         En ce 15 août...

                         Je me souviens des vacances jadis en Lorraine, chez mes grands-parents. Le 15 août était alors une grande fête...Messe, procession dans le village et...bon repas à la maison ! Grand-mère s'appelant Marie, on fêtait doublement ce jour. Mon frère et moi partions (en cachette !) dans le jardin pour cueillir les fleurs avec lesquelles nous faisions un beau bouquet pour les offrir à cette "mémée" tant aimée. Bon, d'accord, les fleurs étaient à elle, bien cultivées et soignées par elle, mais il n'y avait pas de fleuriste dans la région ! Et puis, c'est l'intention qui compte ! Elle semblait toujours surprise et y allait de sa petite larme...très émotive grand-mère. Mais comme elle n'oubliait pas non plus que c'était sa fête, elle nous confectionnait un bon repas avec les produits "de la maison" ! quiche lorraine, civet de lapin (j'en sens encore l'odeur), et pour terminer, une des tartes dont elle avait le secret ! tarte aux mirabelles, aux quetsches...Ah ! ces tartes ! Et ma mère nous avait faits "beaux", vêtements du dimanche, blancs de préférence...avec conseils de ne pas nous salir ! C'est ainsi qu'un jour de 15 août, mon frère avait revêtu pantalon blanc, chemisette et pull blancs également, pour aller à la sortie de l'Eglise récolter les dragées lancées par les invités à un baptême...C'était la tradition et tous les gosses du village voulaient en ramasser le plus possible...Je revois encore cette scène, mon frère courant dans la rue et tout à coup...plouf... des vaches rentrant des champs et étant passées par là avaient laissé des traces de leur passage...et voilà ce petit parisien, pas méfiant du tout, étalé sur une bouse ! Pauvre bonhomme et pauvre costume blanc ! Pas de dragées, il fallait revenir à la maison et affronter ma mère...On était loin des sucreries ! Et moi, vilaine petite soeur sans coeur, je riais...Quel souvenir ! et quel travail pour ma mère !

                           Cette journée du 15 août me rappelle aussi des vacances en Bretagne en 1965. Mon beau-père nous avait emmenés à SAINT-POL-DE-LEON pour assister au Pardon breton . Quel magnifique souvenir aussi... Tous ces bretons en costume traditionnel, jeunes, vieux, enfants...Les différentes banières, les processions, les bagads....Il faut avoir assisté au moins une fois à ce spectacle. J'en ai encore "plein les yeux"! J'avais déjà vu un Pardon Breton à VILLENEUVE-le-ROI en banlieue de PARIS, ville où se sont regroupés beaucoup de bretons ainsi que dans les environs. Mais, ce n'était pas la même ambiance, la "couleur locale" manquait ! C'était beau aussi, folklorique, joyeux. Que manquait-il ? L'air marin ?

                            Le 15 août jadis était marqué par des processions, des cérémonies...Et maintenant ? Certaines régions gardent les traditions. Est-ce le cas pour toutes ? Nostalgie....

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Samedi 27 juin 2009 6 27 /06 /Juin /2009 10:04


                         Nostalgie....

                         Pour moi, cette rude épreuve avait eu lieu alors que j'avais 11 ans..J'avais eu la chance, de par ma date de naissance d'abord et parce que j'avais appris à lire très tôt, de "cumuler" un peu d'avance...Jadis, quand un enfant savait lire, on le faisait passer dans la classe supérieure, sans se poser de questions ! Et pour apprendre à lire, on apprenait à lire ! couramment ! Lire, compter, écrire...avec ça, vous étiez parés ! Dès le cours élémentaire qu'on appelait alors la dixième, puis la neuvième, et le cours moyen appelé alors huitième puis septième, on se préparait au Certificat d'études... C'est que pour la plupart, les études n'étaient pas longues, le certificat d'études annonçant très souvent la fin de la scolarité. Etre admis dans la classe du certificat était une promotion...

                          Les instituteurs et institutrices d'alors mettaient tout leur dévouement et leur savoir à vous préparer à ce grand jour...Révisions, révisions, révisions...Il fallait être fin prêt pour le mois de juin...Il y allait de la réputation de l'enseignant, de l'école et de la vôtre ! "Avoir son certif ", ça voulait dire que les portes s'ouvraient devant vous, soit pour continuer encore quelques années, soit pour aller en apprentissage, soit pour les plus retardataires faire connaissance avec le monde du travail, déjà ! C'était une nouvelle vie qui commençait, vous n'étiez plus un enfant...Vous pouviez aller travailler dans l'administration, promotion sociale pour bien des enfants dont les parents suaient sang et eau pour faire vivre leur famille.

                          Et avoir son certif, c'était aussi la fête et les cadeaux ! ce jour était vraiment marqué dans la famille...on se privait, on se mettait à plusieurs pour offrir une jolie montre, un beau stylo, ou, très souvent cette belle bicyclette tant convoitée par le candidat et dont l'envie lui faisait faire ses révisions avec plus de force et de courage ! Le premier vélo, quel rêve ! Mais, avant, il fallait réussir ! Les épreuves étaient relativement difficiles, elles duraient la journée entière. Problèmes de robinets qui fuyaient, de trains qui se croisaient, de dépenses diverses avec remises, de surfaces, de circonférences, de quadrilatères...le choix était vaste ! Et l'orthographe : cinq fautes...et vous n'aviez plus qu'à repasser l'année suivante ! E-li-mi-na-toi-re ! Pas de rattrapage ! Il y avait une rédaction aussi, et épreuves orales l'après-midi, notamment récitation...Je me souviens, j'avais récité "Milly ou la Terre Natale" de Lamartine. Souvenirs...Et il fallait attendre le soir pour connaître les résultats et...les mentions ! Avoir son certificat c'était bien, mais l'avoir avec mention, c'était infiniment mieux !

                           Tout ça, c'est du passé...Comme d'autres examens, le "Certif" a été supprimé...Il avait pourtant son utilité...Et parfois, je me demande ce qu'il adviendrait des élèves qui passent leur bac, s'ils devaient passer les épreuves du bon vieux certificat, mais avec les moyens de l'époque : sans calculettes et autres matériels qui aident ... Allez savoir !

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Dimanche 14 juin 2009 7 14 /06 /Juin /2009 11:45


                        Ce que tu aurais pu raconter.....

                        Je parle toujours de moi, je raconte mes souvenirs de jeunesse, mes souvenirs de guerre (qui ne font qu'un avec les précédents), mes souvenirs de jeune femme... Oui, mais enfin, tu aurais peut-être des souvenirs à raconter aussi, toi qui fus mon mari pendant plus d'un demi-siècle... Juste quelques souvenirs des premiers temps, des choses qui t'avaient marqué et m'avaient marquée aussi ! Alors, comme je connais bien ce qui "avait eu du mal à passer", je vais les raconter pour toi ! Rien de secret, rassures-toi !

 

                         Nous nous étions mariés un jour de 1946 et tu ne t'étais pas renseigné pour savoir si je saurais bien m'occuper de toi, parce qu'à l'époque, une femme devait bien s'occuper de son mari. Tu avais confiance et tu avais bien raison...Sauf que nous étions encore en période de restrictions et que je n'avais jamais appris à faire la cuisine...Là était la surprise ! Je voulais faire pour le mieux, mais le mieux étant l'ennemi du bien, ma cuisine était quelquefois un peu bizarre...Tu reconnaissais que j'étais pleine de bonne volonté et tu ne me faisais pas de reproches... Il y eut le baba au rhum qui a "bu" pendant trois jours, mais que nous n'avons jamais pu manger tant il était étouffant ! Il y eut le lièvre de 8 livres que j'avais confondu avec un lapin de garenne et qui était quand même un peu gros pour deux...Remarque bien, que pendant vingt ans, je n'ai pas renouvelé cette expérience...Nous étions grandement servis ! Il y eut ce kilo de lentilles que j'avais fait cuire pour deux...c'était un peu trop j'en conviens et lorsque tu m'as dit si tristement "tu sais, moi je ne peux pas continuer à manger autant", j'étais vexée, je croyais bien faire. Je me souvenais des plats que préparait ma mère avant la guerre (mon frère était un ogre !)...Il y eut le pot-au-feu que je mettais à cuire lorsque j'avais terminé tout le ménage, vers midi...Pas d'autocuiseur à l'époque et mon repas n'était pas cuit..Tu m'as expliqué bien gentiment que si j'avais pu le mettre sur le feu avant de faire le ménage, il aurait cuit pendant ce temps ! je n'y avais pas pensé...

 

                           Il y eut la vaisselle cassée les premiers jours, alors qu'on avait un mal fou à trouver à acheter ne serait-ce qu'une assiette...Il y eut, il y eut...ces toutes petites choses énervantes, j'en conviens bien maintenant !

 

                           Mais il y eut surtout les crêpes ! Tu étais breton et ta mère faisait très bien les crêpes, fines les siennes ! Oui, mais, ce n'était pas une raison pour rester derrière mon dos quand j'en faisais en poussant des soupirs à faire pleurer l'univers, et surtout pour murmurer "Ma mère ne s'y prend pas comme ça"...Pour une jeune mariée, ça a du mal à passer (autant que les crêpes que je faisais). En plus, la première formait une masse informe dans la poële, la deuxième n'était guère mieux...Désespérant ! et entendre dire derrière soi "quand on ne sait pas faire les crêpes, on n'en fait pas !" Trop, c'est trop ! Et tu t'es étonné que j'ouvre la poubelle et que d'un geste rageur je balance dedans les crêpes déjà faites ! ça, je sais que tu t'en souviens (et tu dois même le raconter là où tu es)! En pleines restrictions, oser faire ça ! Et comme tu tenais tout de même à ma cuisine (ou que tu avais très faim), tu les as récupérées...dans la poubelle ! Moi, je n'aurais pas pu...Et pendant des années je t'ai entendu dire "surtout, ne dites jamais à ma femme que ce qu'elle fait n'est pas bon, sinon ça va directement à la poubelle !". Marqué à vie tu étais !

                           Et je me suis améliorée ou tu es devenu plus résistant, les deux peut-être; et cela a duré...58 ans ! Les bretons sont comme leur granit, ils sont "costauds" !Mais, souvenir personnel, qu'est-ce qu'ils sont moqueurs !

 

                           


                        

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Vendredi 29 mai 2009 5 29 /05 /Mai /2009 10:41


                       Y a-t-il encore des traces ?

                       Question idiote qui me trotte dans la tête depuis un moment ! Parce que j'ai eu l'occasion de voir la photo de la maison qui a été construite à l'emplacement de celle où s'est passée ma jeunesse, je pense au "devenir" de tout ce qui avait été nôtre pendant des années et qu'un bombardement a détruit.... Dans l'immense trou qui remplaçait cette grande maison, nos objets personnels, grands ou petits, se sont trouvés réduits à rien ou presque ! Nous en avons toujours été conscients...Et voilà que cette photo ravive tous mes souvenirs et m'oblige à penser... Il a bien fallu faire des fondations pour cette nouvelle maison et quand on creuse, on trouve souvent des choses, cassées, en mauvais état, presque pulvérisées...mais il y a forcément des restes ! et qui n'intéressent personne...Alors que s'ils pouvaient parler ....

                       Je suis bien compliquée, cela fait si longtemps ! 65 ans ! Nous avions par exemple un jeu de croquet...que sont devenus les arceaux ? Tout ce que mes parents gardaient comme objets personnels en dehors des meubles qui ont été pulvérisés, tout cela est-il reparti au centre de la terre...Il doit bien rester des crayons, des anciens tubes de peinture provenant de cette belle boîte dont je m'étais encore servie deux jours avant cette date fatidique...Des papiers, des livres de classe...toutes choses dont je reconnaîtrais ne serait-ce qu'une parcelle, même si les bombes et le temps les ont réduites presque à néant...des traces de notre vie...

                       Je devrais avoir oublié tous ces objets insignifiants parfois et là, je me rends compte que je rétrograde ! Je pense trop ! Il y a eu la vie "d'avant", il y a eu la vie "d'après" et il y a la vie actuelle...Je vais renvoyer tous ces restes au fond de ma mémoire, pour m'en souvenir avec attendrissement, mais surtout pas avec regrets...L'époque en est révolue...

                       Mais tout de même, j'aurais bien voulu être là quand ils ont creusé ! Pas de trésor à découvrir, sauf de menus trésors, les plus importants pour moi.

                        Pour finir sur une note plus gaie, petite anecdote : après ce bombardement, nous avons retrouvé quelques bricoles qui ne pouvaient plus servir, mais qui m'ont attiré cette réflexion de ma mère : "Te rends-tu compte de ce que tu achetais comme bigoudis ? Il y en a partout !" Il y avait un peu d'exagération de sa part, mais il faut reconnaître qu'il y en avait beaucoup éparpillés sur le dessus "du trou" comme s'ils étaient partis comme un feu d'artifice ! C'est vrai que j'étais coquette et que j'aimais être bien coiffée...Je faisais mes mises en plis moi-même (celles de ma mère aussi), et comme j'ai toujours été "à la pointe du progrès", j'achetais les derniers sortis !...ça c'était sans tickets, alors, pourquoi se priver !

                       

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Jeudi 23 avril 2009 4 23 /04 /Avr /2009 15:30

                   Qui étaient-ils ces notables ?

                   -  Les enseignants, c'est ainsi qu'on les appelle maintenant. On les appelait alors instituteurs, institutrices, maîtres d'école, maîtresses ou professeurs... Nous leur devons beaucoup et nous les respections. Ils détenaient le savoir qu'ils nous transmettaient avec passion et dévouement. Soutenus par les parents, craints par les élèves, ils étaient aimés dans l'ensemble. Pas question de les attaquer verbalement ou physiquement...même quand nous n'étions pas d'accord avec leurs sentences.

                   - Le médecin dit "de famille", car il la connaissait bien la famille de ses patients ! Qu'il soit de campagne ou de ville il faisait vraiment partie de la famille. Il en connaissait très souvent chaque membre pour être intervenu un jour ou l'autre. Il était "omni-intervenant", que ce soit pour un accouchement, une bronchite, une blessure, un fort mal de ventre...Toujours présent avec son savoir et son dévouement. On l'admirait, reconnaissant son savoir et conscient qu'il avait fait de longues et difficiles études. On le respectait et on lui demandait beaucoup ! sa vie n'était pas toujours facile, appelé souvent tardivement par un patient qui avait attendu le dernier moment par raison d'économie...Pas de Sécurité Sociale alors...Il avait presque une obligation de réussite !

                    - Les pharmaciens évoluant au milieu de leurs bocaux de différentes couleurs, de leurs petites balances, dosant, pesant, faisant eux-mêmes les préparations et potions prescrites par le médecin. Il n'y avait alors pas beaucoup de spécialités toutes prêtes à vendre...Tout nous semblait tellement mystérieux, ce mélange de poudres, de gouttes...qu'on les admirait comme des prestidigitateurs ! ils nous semblaient un peu sorciers....Et ils donnaient des conseils pour soigner bobos et petits rhumes...

                    Considère-t-on encore enseignants, médecins, pharmaciens comme des notables ? Peut-être a-t-on trop tendance à trouver que ce qu'ils font est normal, qu'ils "sont là pour ça" ! Si les pharmacies ont changé d'aspect (elles sont devenues magnifiques et ne ressemblent plus aux officines de jadis) le métier a-t-il changé ? Quant aux enseignants et aux médecins, on leur demande toujours le même dévouement et la plupart du temps ils exercent leur profession avec la même rigueur.

                     Les mentalités ont changé en même temps que sont arrivés les progrès. Mentalités des usagers, mentalités aussi parfois des professionnels qui ne veulent plus être corvéables à merci...C'est un cercle vicieux, chacun rendant l'autre responsable de cet état de choses. Pour beaucoup d'autres métiers dont ceux qui les exercent ne sont pas considérés comme notables...l'état d'esprit est identique. Où est la solution ?

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Lundi 20 avril 2009 1 20 /04 /Avr /2009 15:25

                      A cette époque.....

                      Vers la fin des années 1920 et le début des années 1930...Aller rendre visite à mes grands-parents à PARIS, pour nous petits "banlieusards", ça relevait du grand voyage ! Le train tout d'abord, puis, arrivés à PARIS, le métro ou l'autobus...Nous mettions les beaux habits du dimanche.... Et le soir, pour revenir, quand on s'était un peu trop attardés et qu'il ne fallait surtout pas rater le train pour rentrer à JUVISY, mon père "appelait" un taxi ! C'était le grand luxe pour les enfants que nous étions !

                      Quand je dis que mon père appelait un taxi, ce n'était pas par téléphone pour la raison bien simple que le téléphone n'était pas monnaie courante alors ! Non, on descendait dans la rue et dès qu'un taxi passait, on lui faisait signe en levant la main et c'était là qu'intervenait ce "Hep taxi, vous êtes libre ?" que je crois entendre encore ! On n'allait pas obligatoirement à une station de taxis...(je ne me souviens même pas s'il en existait beaucoup...à la sortie des gares oui...et auprès de certains endroits, les grands magasins par exemple..) Les chauffeurs de taxis maraudaient et recherchaient les clients...Et comme il n'y avait pas beaucoup de voitures alors, leur arrêt au milieu de la rue ne gênait personne !

                      Je les revois tous ces taxis...J'ai conservé le souvenir des taxis Renault G7, de couleur rouge et noire...On montait dedans en posant d'abord les pieds sur un marche-pieds...Ils étaient spacieux et les sièges me semblaient confortables, mais ce que mon frère et moi nous préférions, c'était les strapontins...Après avoir déplié ces sièges supplémentaires, nous prenions place face à nos parents...Nous étions ainsi 4 à l'arrière, sans être gênés ! ça, c'était "le fin du fin" ! Et, en route pour circuler dans PARIS et voir au passage les rues bien éclairées, les illuminations quand il y en avait ... Est-ce que ce n'était pas un beau voyage ça pour des enfants ?

                       J'ai dit que les chauffeurs maraudaient...je crois que ce n'était pas tellement permis qu'ils roulent doucement dans le but de prendre un client...Mais leur métier n'était pas très lucratif je crois et plus ils avaient de courses à faire, plus ils étaient payés. Je me souviens qu'à une époque, il y a eu beaucoup de chauffeurs de taxis russes. Il s'agissait de russes qui, bien souvent, avaient été très aisés et avaient été chassés de Russie par la révolution...Des princes, des comtes nous ont sans doute conduits à la gare d'Austerlitz, là où s'arrêtait notre périple parisien !

                       Pendant la guerre, plus de taximètres automobiles ! Des vélos-taxis oui, mais je n'en ai jamais pris...Les Renault G7 ont refait une apparition après la guerre, puis d'autres marques...Puis la profession a été "organisée"...et je n'étais plus une enfant, l'enchantement était terminé...

                     
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Samedi 11 avril 2009 6 11 /04 /Avr /2009 11:25


                                      Quand les cloches revenaient....

                                       Je n'ai pas eu l'occasion de passer souvent les fêtes de Pâques en Lorraine...c'était tellement loin  de la région parisienne à l'époque, tout au moins pas très facile pour y aller et combien coûteux ! Mais mon frère et moi avions passé toute une année là-bas, en 1931, l'état de santé de ma mère ayant exigé qu'elle se repose. Mes grands-parents, chagrinés pour leur fille, avaient été ravis pour eux-mêmes ! Garder leurs petits-enfants, s'en occuper, les envoyer à l'école du village...les aider à vivre...quel bonheur ! Et voilà pourquoi à Pâques 1931 nous nous trouvions dans ce petit village d'AFFRACOURT qui, pour nous, ressemblait au Paradis !

                                       Pendant toute la semaine Sainte, nous avions assisté à tous les offices, Chemin de Croix, messes, avec ma grand-mère. Je revois cette vieille petite église...je la trouvais très belle, et elle l'était peut-être. Pendant un an, mon frère avait rejoint les enfants de choeur et grand-mère en était toute fière ! Que sa fille se soit mariée avec un parisien et que ses petits-enfants soient nés à PARIS et habitent la région parisienne, quand on n'a jamais quitté son village, pas même une journée, ça marque ! Et nous, nous les aimions tellement ces grands-parents....Et le jour de Pâques arrivait ! Les cloches de l'Eglise, parties à ROME, revenaient et sonnaient à toute volée, joyeusement...Mais surtout, il y avait la "tournée" faite dans le village par les petits enfants de choeur, passant à trois reprises depuis le matin de très bonne heure, en faisant tourner une crécelle et en annonçant ce retour en criant "Voici le premier...puis Voici le second...puis Voici le troisième..." Nous n'avions jamais vu ça.  Et grand-mère, comme d'autres habitants du village, offrait une bonne miche de pain tout frais, qui serait partagée entre les fidèles, au cours de la messe, après avoir été bénite... Ce petit morceau de pain que chacun prenait avait un goût spécial....C'était le pain de Pâques, de la Résurrection...Il avait vraiment une signification...Et pour l'acheter et l'offrir, chaque villageois dont aucun n'était très riche, avait fait un sacrifice...C'était  peut-être ce qui pour nous lui donnait son goût spécial ? Et on en rapportait un petit morceau à grand-père qui ne pouvait se déplacer.

                                         Les cloches étaient revenues de ROME, la joie était dans l'air et un bon repas était fait par ma grand-mère...quiche lorraine ou pâté lorrain, et surtout, ce qu'on attendait, une tarte magnifique aux mirabelles ou aux quetsches, fruits qui avaient été mis dans des bocaux pour servir à l'occasion. Et ça, c'était une excellente occasion ! Ce souvenir de la crécelle et du bruit qu'elle faisait est resté bien vivace. Je pense que ça existe dans d'autres régions de France, mais pour moi, à  AFFRACOURT, ça me semblait unique !

                                         Je suis en ville maintenant. Demain, on entendra les cloches...Mais ce sont des cloches électriques....Plus d'enfant de choeur pendu au bout d'une corde et tirant à toute volée...en se laissant remonter le plus haut possible, pour le plaisir....Les années ont passé....

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Mardi 31 mars 2009 2 31 /03 /Mars /2009 15:15


                                      Engrais à bon marché....

                                      Ce matin, des photos de chevaux de ferme, m'ont rappelé quelques souvenirs d'enfance... De ma petite enfance, quand il n'y avait pas de voitures automobiles dans les rues et encore moins dans les villages ! Alors que nous habitions en banlieue, beaucoup de livraisons se faisaient en voiture à cheval : marchands de vin avec leurs tonneaux, charbonniers, laitiers, blanchisseurs, épiciers, que sais-je encore...attelaient leurs chevaux pour faire leurs tournées. Les camionnettes n'étaient pas encore dans l'air du temps....Et nous les guettions avec le plus grand intérêt...Non seulement nous avions besoin d'eux pour les livraisons importantes, mais nos parents très souvent nantis d'un jardin potager, nous recommandaient vivement de nous précipiter dans la rue immédiatement après leur passage....armés d'une petite balayette, d'une petite pelle et d'un seau...Un jeu ? que non pas ! Une récolte gratuite et qui s'avérait très utile : il s'agissait de ramasser le crottin laissé en quantité par les chevaux (ils ne sont pas avares), ce crottin devant servir d'engrais pour légumes et fleurs ! Il fallait faire vite, il y avait de la concurrence parmi les "ramasseurs"...Premiers arrivés, premiers servis !

                                       C'était la même chose en Lorraine lorsque nous étions en vacances chez mes grands-parents...Ils n'avaient pas de chevaux, mais un très grand jardin potager ! Alors quand un cheval passait dans la rue, venant des labours ou autres travaux des champs, les "ramasseurs" étaient de service ! Et ça nous amusait !

                                        Et puis, et puis, les commerçants ont commencé à livrer leurs marchandises avec des camions, camionnettes, triporteurs...Ils ne laissaient plus derrière eux que des odeurs d'essence, de la fumée et des bruits de "pétarades"...Quelques années avant la guerre, c'en était fini des chevaux pour les livraisons en banlieue. A PARIS, les laitiers, marchands de vins, livraient encore en voiture attelée de bons gros chevaux....Mais le crottin était moins recherché, les jardins potagers étant plutôt rares !

                                         Cet engrais qui ne coûtait rien était bien utile et il confirme comme je le dis souvent, qu'on ne gâchait rien ! Il n'y avait pas de petites économies ! Et c'était un produit naturel, garanti sans produits chimiques...du producteur au consommateur ! On utilisait tout, sans aucun complexe ! Et en plus, ces chevaux étaient bien sympathiques...Je les revois encore, oreilles couvertes souvent d'un "bonnet" (je n'en connais pas la raison). Et quand ils étaient à l'arrêt pour un petit moment, ils avaient droit à une ration d'avoine contenue dans un sac fait en grosse toile et qu'on leur fixait sur la tête pour qu'ils puissent manger facilement sans risque de faire tomber le moindre grain....Images de jadis, de la vie saine, de notre vie !

                                        C'était il y a quatre-vingts ans ! Tout a bien changé, les progrès sont venus heureusement, mais il n'empêche que je pense à cette époque avec un peu de nostalgie...même si je ne regrette rien...Mais ça faisait partie de ma jeunesse ....



Par Geneviève Cotty - Publié dans : Nostalgie... - Communauté : Ne pas oublier de se souvenir.
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