ne pas oublier de se souvenir

Mardi 7 juillet 2009 2 07 /07 /Juil /2009 15:23

      

                   Sur la route Nationale 7...

                   Petite histoire qui aurait pu mal se terminer...Ouf, j'avais eu chaud ! Je roulais à bicyclette sur la piste cyclable à Juvisy, sac en bandoulière (c'était la mode) et je me dirigeais sans arrières-pensées ou presque, vers une commune voisine, munie d'une adresse et d'un nom qu'on m'avait donnés...Je ne connaissais pas, bien qu'on m'ait prévenue que la personne que j'allais rencontrer ne m'était pas inconnue....Rébus...J'avais une enveloppe à lui remettre et ce pli, je l'avais rangé dans une petite sacoche sauvée du bombardement...et ficelé le tout sur mon porte-bagage. Et j'allais, insouciante et complètement inconsciente. C'est beau d'être jeune !  Tout à coup, un soldat allemand qui sortait je ne sais d'où, me fait mettre pied à terre et me demande mes papiers ! Je devais porter le sceau de l'innocence sur mon visage ! Je lui ai tendu mes papiers qu'il a bien regardés et j'ai précisé que je rentrais chez moi... Je n'en étais pas loin, donc je ne mentais pas ! Il ne m'a rien demandé d'autre...Voulait-il seulement arrêter une jeune fille pour lui faire la causette ? Je n'en sais rien et je n'ai absolument pas eu peur sur le moment...Mais quand j'ai repris ma route, je me suis mise à trembler et mon coeur en a fait autant ! J'ai réalisé enfin que s'il avait été un peu curieux, ou qu'il obéisse à des ordres, j'aurais pu avoir des ennuis ! Quand je dis que j'étais inconsciente, je crois que je suis en dessous de la vérité. Il est bon parfois d'avoir l'air un peu innocent et insignifiant...ça paie !

                    Je suis donc repartie vers cette adresse et arrivée à destination, j'ai pu constater que l'homme qui m'ouvrait la porte et que je ne connaissais que sous son vrai nom, était un homme que je voyais pratiquement tous les jours à mon travail, où il passait du temps avec mon patron. Il était brigadier-chef des garde-communications...Je n'avais jamais imaginé qu'il était dans la résistance ! Il semblait tellement quelconque ! Je lui ai remis le pli qui lui était destiné Tous ces résistants inconnus ont beaucoup aidé et sont rentrés dans l'anonymat après la Libération. Ils aidaient, sans souci des honneurs à venir....Et ils prenaient beaucoup de risques...On leur doit beaucoup...Une dizaine de garde-communications d'ATHIS ont été fusillés par les allemands à la Libération. Un seul en a réchappé, alors qu'il avait reçu le coup de grâce; horriblement blessé, il a pu se jeter dans la Seine et la traverser...Il en a fait un récit que j'ai pu lire sur un blog il y a environ un an...Poignant...Je suppose que pour lui aussi, les battements de coeur devaient être présents, à juste titre !

                     Cette période entre le débarquement du 6 juin 1944 et la Libération d'août 1944, n'a pas été de tout repos ! les allemands avaient peur et devenaient de plus en plus durs...sauf certains qui n'ayant plus d'illusions, n'avaient qu'un désir, rentrer chez eux...Mais il y en a eu des morts, des villages incendiés, des gens arrêtés... Mauvais souvenirs...

                    

 

Par Geneviève Cotty - Publié dans : ne pas oublier de se souvenir - Communauté : Ne pas oublier de se souvenir.
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Vendredi 3 juillet 2009 5 03 /07 /Juil /2009 16:33

                         De 1940 à 1944...

                         Les souvenirs sont faits d'un tas d'éléments : images, odeurs, bruits divers. Certains de ces éléments-souvenirs sont agréables et on aime qu'ils vous reviennent à l'esprit, d'autres sont détestables et on aimerait bien qu'ils ne se manifestent plus jamais ! Mais voilà, notre volonté n'y fait rien et n'y peut rien ! On se souvient, sans raison, parce qu'ils nous ont tellement marqués qu'il est impossible de les rayer de notre esprit à tout jamais ! C'est ce qui m'arrive à l'occasion notamment d'une émission de télévision, de la projection d'un film de guerre sur le petit écran, documentaire ou autre...

                          Ces bruits ? mais ce sont en tout premier lieu les bruits de bottes allemandes que l'on entendait pratiquement tous les jours à partir de juin 1940 et jusqu'à la Libération en août 1944, même pour certaines régions jusqu'en 1945... Bruits de bottes des patrouilles, des parades militaires accompagnées de chants guerriers, parades auxquelles Dieu merci nous n'étions pas obligés d'assister ! Mais les patrouilles, lorsqu'on les entendait, que l'on ait l'esprit serein ou pas, la peur nous envahissait...Ce claquement des talons était dur à supporter...L'arrêt brusque devant une porte, ces voix gutturales, tout ceci n'annonçait en général rien de bon...Il en fallait si peu pour se retrouver à la kommandantur ! Les "patrouilleurs" à bicyclette étaient peut-être les plus débonnaires, tout au moins, ils faisaient moins peur ! C'est peut-être beau une allure martiale, ça en impose...mais ça vous fait trembler !

                           Et à ce mauvais souvenir des bruits de bottes, se mêle peut-être encore le souvenir de la honte et de la peine ressenties en apprenant la défaite et l'occupation de notre pays. Comment accepter cette humiliation ? On aime être fiers de ce qu'on aime, tout comme on aime être fiers de ceux qu'on aime...Ce n'était plus le cas... Alors, le claquement des bottes était très mal venu !

                           Et pendant cette même période, pour tout arranger, nous avons eu droit au bruit des sirènes et des bombardements ! Je l'ai déjà raconté, le bruit des sirènes, je n'ai jamais pu oublier et encore maintenant, je déteste...trop de mauvais souvenirs y sont attachés ! La mémoire est tenace ! Mais alors, c'était pour notre salut...ça fait toute la différence...
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Samedi 13 juin 2009 6 13 /06 /Juin /2009 15:37


                          "Désobéir"

                          Je n'ai pu résister à l'envie que j'avais hier soir de regarder à la télévision un téléfilm retraçant le courage, en juin 1940, du Consul du Portugal à BORDEAUX, Aristides de Sousa Mendes. Aidé simplement d'une poignée de personnes de sa famille et de son fidèle chef de Cabinet, un nommé LAPORTE je crois, il a permis à 30.000 personnes de quitter la France et d'embarquer pour l'Amérique, alors qu'elles étaient pourchassées par les services d'Hitler...En leur délivrant des passeports et laissez-passer. C'était absolument interdit, les ordres étaient formels et au risque de leur vie et de leur avenir, ils sont passés outre ! Ils ne pouvaient tout simplement pas accepter ces ordres venus du Portugal du régime du Président SALAZAR pro-hitlérien, du régime de VICHY qui se mettait en place....Même son chef de Cabinet, respectueux des ordres pourtant et un brin frileux, s'est révélé un être courageux, capable de désobéir pour être en paix avec sa conscience.... Je n'ai pas regretté ma soirée. Ce n'était pas gai, mais tellement émouvant et l'ambiance de l'époque, la peur de tous ces réfugiés venant des pays et régions déjà envahis par Hitler et son armée était bien reproduite...Ce n'était peut-être qu'une "fiction" mais une fiction où le vrai était bien présent ! Et mes souvenirs sont venus me visiter...

                            En 1943, quand le STO a été institué et qu'il ne faisait pas bon avoir 20 ans pour un homme, je me souviens de toutes ces cartes d'identité qui ont été délivrées à ceux qu'on appelait "réfractaires", et ce dans le commissariat dans lequel je venais d'arriver pour travailler...Combien en signait-on par jour jusqu'à la Libération, je n'ai jamais bien su...Mais seuls les noms et les dates de naissance n'étaient pas exacts. Pour le reste, cachets, tampons et signatures, tout était parfait ! Le commissaire, alsacien qui avait dû quitter l'Alsace en 1940 pour ne pas être allemand, signait sans complexes et même avec bonheur...Et nous étions un groupe à désobéir avec lui, sans nous poser de questions et sans même réfléchir à ce qui aurait pu nous arriver... On ne pense pas à soi-même dans ce cas...Dans le film d'hier, on voyait le fils du Consul signer les documents en imitant la signature de son père...et je me revoyais signant du nom du commissaire pour le décharger....Il m'avait appris et me disait que je signais mieux que lui ! Il en passait des cartes d'identité dans nos mains... La résistance, c'était ça aussi, sans faire d'éclats, tout doucement dans son coin et avec ses propres armes, DESOBEIR. On se sentait bien alors !

                             Combien y a-t-il eu de ces gens désintéressés, qui sont retombés dans l'anonymat après ? Pour ce Consul, révoqué, privé de ses droits je crois, privé de traitement pendant des années, Il a souffert de même que sa famille. Pour que d'autres vivent...en liberté.

                             Et pour qu'on ne revoie jamais ça....

                             

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Samedi 6 juin 2009 6 06 /06 /Juin /2009 10:44


                         En ce jour du 6 juin...

                         Les anciens dont je fais partie, se souviennent de ce matin du 6 juin 1944 qui a vu les troupes alliées débarquer sur les plages de Normandie. J'en ai déjà parlé car ce souvenir est indélébile dans ma mémoire.

                         Aujourd'hui, des cérémonies anniversaires vont avoir lieu en Normandie, sur ces plages et surtout dans les cimetières où sont réunis tous ceux qui sont tombés sur notre sol en ce jour inimaginable ! Que toutes les personnes de ma génération qui ont la chance de voir leur vie prolongée, aient une pensée pour tous ces inconnus qui sont venus de loin pour nous redonner l'espoir et la Liberté. Et que les générations qui ont suivi et suivront, n'oublient jamais que la liberté dont ils jouissent, c'est à tous ces soldats qu'ils la doivent et aussi aux résistants qui les ont aidés selon leurs moyens.     

                         Que serions-nous devenus sans ce jour du 6 juin 1944 ? Que serait la France, que serait l'Europe ? Un fou sanguinaire qui malheureusement avait fait des adeptes (et en fait encore...) ne reculait devant rien....sauf devant cette force et cette coalition que nous appelions "les alliés". Merci à eux qui ont réussi au prix de tant de pertes. Une pensée aussi pour tous les civils restés sous les bombardements...C'était le prix à payer, il a été très fort.

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Jeudi 4 juin 2009 4 04 /06 /Juin /2009 17:52


                         Légion des Volontaires Français contre le bolchevisme....

                         Le débarquement des forces alliées avait déjà eu lieu en Normandie, on espérait et attendait la Libération qui s'approchait ! J'avais été détachée au poste de police de Villeneuve-le-Roi, en banlieue parisienne, pour effectuer divers travaux de secrétariat, le Secrétaire ayant été tué lors du bombardement. Un matin, nous voyons arriver un homme jeune, habillé comme un officier allemand, mais avec un insigne LVF... avec nos trois couleurs...Pas courant à l'époque ! C'était le premier que je voyais, un officier de la Légion des Volontaires Français contre le Bolchevisme... J'en avais entendu parler de ces volontaires, tellement pro-allemands qu'ils n'hésitaient pas à s'engager sous un uniforme ennemi. Celui-ci, bien français, portant fièrement son uniforme, ne manquait pas d'aplomb. Il venait au commissariat pour je ne me souviens plus quel papier, mais ce dont je me souviens, c'est qu'il n'avait même pas honte !

 

                            Il venait du front Russe et devait y retourner et s'en vantait. Et comme c'était un fanatique, il en a profité pour faire sa propagande ! Sans aucune gêne, sans aucun amour-propre, il a essayé d'expliquer au gardien de la paix auquel il s'était adressé, que l'Allemagne allait gagner la guerre, que les alliés ne pourraient pas progresser, que la Russie serait vaincue....en un mot, il y croyait ! Il faisait son cours devant tout le monde, il récitait sa leçon...Les hommes présents lui faisant remarquer que les alliés gagnaient du terrain, qu'Hitler était fichu, rien n'y faisait ! Que voulait-il prouver ? J'avais honte pour lui...C'était le fils d'un habitant de la commune, pro-allemand également et collaborateur. Un homme assez connu de par sa profession... Comment pouvait-il en être arrivé là ? Tellement aveuglé par sa passion de "la grande Allemagne", qu'il reniait son pays. J'étais écoeurée et je le revois encore...Je ne sais ce qu'il est devenu. Son père a été arrêté et condamné après la Libération et ce n'était que justice. Mais, ce soldat, j'espère qu'il a été tué ou mieux, pris par les alliés et fusillé...Il ne méritait pas autre chose. La Libération a eu lieu à peine un mois plus tard...

                            Je ne peux accepter que des français aient pu s'engager à côté des nazis , sous l'uniforme allemand et faire leurs les doctrines d'Hitler et de ses amis. Et ils brandissaient nos trois couleurs pour lesquelles des hommes tombaient au nom de la liberté. Comment les DORIOT, DEAT et autres comparses ont-ils pu entraîner des hommes dans leur folie ? Fanatisme, quel danger pour tous.

                             En ces jours où on s'apprête à commémorer le sacrifice de tant d'hommes qui n'avaient qu'un but, notre Liberté, je ne sais pas pourquoi j'ai repensé tout à coup à ce français que je n'ai vu qu'une fois, malheureusement habillé en officier allemand et faisant haut et fort sa propagande....En ce mois de juillet 1944, que voulait-il prouver ?

                           

                        

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Mercredi 27 mai 2009 3 27 /05 /Mai /2009 00:00

 

 

 

                          "Que diable étions-nous allés faire dans cette galère " !.....

                   Nous voici donc partis de très bonne heure le matin, chacun se demandant ce qu’il trouverait au retour, si toutefois il y avait un retour. Nous étions installés dans le camion, assis sur les caisses de munitions et subissant les mitraillages des avions allemands et italiens, descendant en piqué sur les files de réfugiés…Etait-ce vraiment nécessaire ? Je ne le pense pas… Au bord des routes, les gens hurlaient, il y avait des blessés, des morts…Le film « Jeux Interdits » est criant de vérité à ce sujet. Des gens erraient à la recherche d’un des leurs perdu dans la foule des réfugiés et dans cet enchevêtrement de piétons, de cyclistes poussant des vélos surchargés, de voitures qu’il fallait pousser et qui transportaient meubles, matelas et tous objets que les gens voulaient sauver … Beaucoup de voitures étaient abandonnées dans les fossés ou au bord des routes, soit par manque d’essence, soit par suite de pannes…On croisait des soldats qui avaient perdu régiments et officiers et qui ne savaient où aller….Inimaginable … Le camion essayant de se frayer un chemin, roulait peut-être à 15 kms/heure, et encore …Il fallait s’arrêter pour se mettre à l’abri dans les fossés, lorsque nous étions mitraillés.


                     Le but de nos « chauffeurs » était de passer la Loire à GIEN où se trouvait un des rares ponts restés encore debout, l’armée française faisant sauter les ponts sur la Loire pour que les allemands ne franchissent pas le fleuve. Malheureusement, quand nous sommes arrivés à GIEN, au milieu de la nuit, la ville brûlait après un bombardement. Je garderai ce spectacle en mémoire aussi longtemps que je vivrai. Le pont était impraticable et nous sommesrepartis vers SULLY-sur-LOIRE où nous avons pu enfin traverser…Comment ? Je n’en sais plus rien, tout ceci était effrayant et tellement confus.


                     Je ne sais combien de temps s’était écoulé depuis notre départ. Plusieurs jours, mais combien ? Nous avions tous perdu la notion du temps. Nous mangions peu et dormions encore moins…Nous n’en pouvions plus, et toujours ces avions qui nous mitraillaient pour prouver quoi ? La France était exangue…c’était l’enfer…Faire sa toilette ? Ce n’était plus qu’un souvenir…


                     A VIERZON il nous a fallu « abandonner le navire ». Notre camion n’allait pas plus loin. Plus d’essence, plus de ravitaillement. Les allemands étaient là ! Quel jour étions- nous ? Combien de jours s’étaient écoulés ? Les habitants de Vierzon ont été très accueillants  et nous avons pu être recueillis par des gens charmants…qui nous donnaient des légumes de  leur jardin et avaient mis plusieurs pièces à notre disposition. Nous avons repris un semblant de vie, toujours inquiets pour ceux dont nous étions sans nouvelles…Notre logeur est venu un journ nous dire que le Maréchal PETAIN avait demandé l’armistice…Cet homme, ancien combattant de la grande Guerre, pleurait et nous étions tous consternés…Il y avait plus d’un million de prisonniers, des morts civils et militaires…Quel allait être notre avenir ?

                       Dans l'immédiat, il nous fallait rentrer chez nous et surtout avoir des nouvelles des nôtres dispersés sur les routes. Après bien des formalités pour avoir les papiers nécessaires à l'obtention de toutes les autorisations nécessaires auprès des autorités françaises et allemandes puisque nous étions occupés, nous avons pu trouver une voiture avec un chauffeur qui a accepté de nous ramener, ma tante, mes cousins et moi à VENEUX où nous avons retrouvé la maison intacte ! Petit à petit, nous avons eu des nouvelles de nos absents, sauf de mon frère qui avait été tué le 9 juin...mais ça nous ne l'avons appris que deux ans plus tard.


                       Ainsi finissait cette "guerre-éclair", ainsi finissait pour un temps notre liberté... 

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Mardi 26 mai 2009 2 26 /05 /Mai /2009 10:56

                          "A pieds, à cheval, en voiture"....

                         Après le 10 mai 1940 dont j'ai déjà parlé dernièrement, le paysage français change totalement. C'en était terminé de cette drôlede guerre...La débâcle commence ! débâcle des troupes assaillies de toutes parts, débâcle des civils partis sur les routes pour échapper à l'envahisseur. Tout d'abord, gens du Nord et de l'Est...le reste de la France suivra avec un but, passer la Loire censée empêcher l'ennemi de passer...C'était encore le temps des illusions...On "voulait y croire" mais...Pour arranger le tout, l'Italie avait déclaré la guerre à la France et à l'Angleterre, le 10 Mai...Pas de commentaires !

                          La fin du mois de mai nous amenait chaque jour de mauvaises nouvelles...Entreprises, commerces, bureaux etc...fermaient les uns derrière les autres. Puis les administrations ont commencé à quitter PARIS pour se replier dans le sud de la France. Le moral de tous, civils et soldats, était au plus bas...Les allemands gagnaient du terrain. Début Juin le 13 exactement, mon père, mobilisé à PARIS dans la DCA, passe à JUVISY à la maison, avec une poignée d'hommes de sa compagnie. Il est très pessimiste. Ils ont reçu l'ordre de fuir PARIS, les allemands étant aux portes de la capitale. Il nous donne l'ordre de quitter la maison, ce que ma mère ne voudra pas faire car elle attend des nouvelles de mon frère. Elle me confie à ma tante et marraine, sans nouvelles aussi de mon oncle, mais qui voulait rejoindre mes jeunes cousins près de Fontainebleau où ils se trouvaient depuis le début de la guerre. Nous quittons donc JUVISY le 14 juin pour MORET-sur-LOING, mais à MELUN, plus de train...Il nous faut continuer à pieds ! Sportive, je ne l'étais que moyennement et je me plaignais beaucoup d'avoir mal aux pieds (ces trucs là, c'est peut-être faits pour marcher, mais il y a des limites ). Malgré le bain de pieds de Saltrates promis par ma tante quand nous arriverions, je n'arrivais pas à sourire...et je crois bien que je rouspétais "dur"...Ce n'était qu'un début dans notre périple ! Nous voici enfin à VENEUX après avoir été véhiculées un petit bout de chemin depuis FONTAINEBLEAU...J'étais sans nouvelles de ma mère, de mon père, de mon frère et dans l'impossibilité de communiquer...Le Samedi 15 juin, les allemands étaient à FONTAINEBLEAU. Nous avons passé la journée avec ma tante à rassembler quelques affaires, pensant partir le lendemain, mais comment ? Plus aucun train à l'horizon.

                            La nuit du 15 au 16, de gros bombardements ont eu lieu aux environs et la bataille était là. Nous étions tous réunis dans une grande maison appartenant à la famille de mon oncle et avions ainsi l'impression d'être plus en sécurité. Dans la nuit (ou très tôt le matin) des soldats français sont passés nous dire qu'il fallait partir et ne rien emporter pratiquement. Ils nous ont proposé de nous emmener dans leur camion qui transportait...des munitions ! Au moins, ça roulait ! Le camion complet était très "familial" puisqu'en plus des soldats, il était surtout constitué des oncles, tantes, cousins, cousines de cette grande famille. Nous partions vraiment dans l'inconnu, pensant encore que l'armée française allait arrêter les allemands sur la Loire. C'était un rêve, il n'y avait déjà presque plus d'armée...Le peu qui restait était complètement désorganisée. C'était la débâcle, la vraie...

                              A suivre......
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Dimanche 10 mai 2009 7 10 /05 /Mai /2009 11:50


                          Les vraies épreuves commencent...

                          Ce matin-là, je suis partie travailler à PARIS aux Editions du Cerf, Boulevard de Latour Maubourg...C'était un petit boulot comme un autre, en attendant mieux et surtout la fin de la guerre (qui devait être de courte durée !) et m'aurait permis de reprendre les études...Arrivée à mon travail, une employée annonce qu'elle avait appris que l'armée allemande venait d'envahir la Belgique, La Hollande et le Luxembourg... Stupéfaction ! Personne n'osait y croire, mais la nouvelle a été confirmée dans la journée, et nous avons appris que les gens du Nord et de l'Est de la France, ainsi que des pays envahis, partaient sur les routes pour fuir les allemands ! L'Exode commençait ! 

                          Après la "drôle de guerre", la campagne de France débutait et tous ces réfugiés nous faisaient comprendre que l'heure était grave. L'avance des allemands était rapide et atteignait le moral de tous ! On avait eu tellement confiance en notre force, en la Ligne Maginot et peut-être aussi en nos dirigeants ....Le "Nous vaincrons parce que nous sommes les plus forts"... commençait à nous faire douter. Nous ne savions pas qu'un peu plus d'un mois après ce 10 mai, la bataille de France serait terminée, que nous serions occupés, après avoir rejoint sur les routes le flot des réfugiés, en essayant de sauver famille, meubles, linge....Tout ça pour rien !

                           Et pour tous ceux qui avaient un père, un frère, un fils, mobilisés et se trouvant sur le front du Nord et de l'Est, l'attente commençait...Qu'adviendrait-il d'eux ? L'avenir était très triste, c'était la seule certitude. Chez moi, le gros souci était mon frère, reparti de permission le 1er mai, pour rejoindre son régiment dans l'Est. Mon père était mobilisé à PARIS, dans la DCA et dans l'immédiat nous n'étions pas trop inquiètes ma mère et moi, sur son sort...L'inquiétude n'a pas tardé à se faire sentir aussi, dès la fin mai. Mais mon frère était en plein dans la bataille, au milieu des blindés allemands, sous les attaques aériennes...On ne pouvait que s'imaginer.

                            Nous n'allions pas tarder à comprendre que "l'avant-guerre" était terminée, que toutes les épreuves à venir allaient être presque insupportables. La vie allait changer, oh combien...C'en était fini de notre jeunesse...

                            Oui, "tout m'est souvenir"...Comment faire autrement ? Les horreurs allaient commencer... Il y a eu "l'avant" mai 1940 et il y a eu "l'après" mai 1945 ...Un siècle ! 

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Mercredi 15 avril 2009 3 15 /04 /Avr /2009 15:35

                                      
                                      Un grand homme est parti....

                                      Je suis triste aujourd'hui comme je le suis toujours lorsqu'un ami nous quitte....Maurice DRUON nous a quittés. Un grand écrivain, un académicien...N'était-il que cela, ce qui serait déjà beaucoup ? Non, il était beaucoup plus pour un bon nombre de français qui ne peuvent oublier ce "Chant des Partisans" écrit avec son oncle Joseph Kessel, à une époque où nous avions tellement besoin que des hommes de cette trempe "gonflent" le moral des troupes...et des civils !

                                       Ce CHANT DES PARTISANS, il accompagnait ceux qui allaient donner leur vie pour que la nôtre continue et pour la Liberté. Oui notre Pays était enchaîné et il faut avoir vécu cette période pour se rendre compte de ce que cela représente.... Maurice DRUON  avec Joseph KESSEL, avec aussi beaucoup d'autres, n'ont pas accepté et leur ténacité nous a amenés à cette Libération tant attendue. Tous ces hommes à qui nous devons tant, doivent être respectés, aimés et remerciés à tout jamais. Ils ont cru à La France Libre et pourtant, au départ, ce n'était pas gagné.

                                        Et, puisque sa vocation était de défendre la France, il a aussi beaucoup défendu...la langue française. Il a dû souffrir bien des fois en entendant "massacrer" cette si belle langue comme on le fait souvent maintenant, pour aller plus vite, pour ne pas se "prendre la tête"....L'orthographe ? bof...la grammaire ? bof... C'est dommage et un peu triste. Faisons un petit effort, tout le monde y trouvera son compte ! Le "français" de ma jeunesse n'est plus ... trop désuet...trop compliqué ? Cherchons la cause et nous trouverons peut-être la solution de ce problème bien de notre temps. Là non plus, ce n'est pas gagné !

                                        "Ami, entends-tu....." Des paroles à ne pas oublier.






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Mardi 17 mars 2009 2 17 /03 /Mars /2009 10:46


                                      C'était la guerre....

                                      Curieusement, je me suis aperçue que lorsque je raconte des souvenirs de cette période de guerre, ils sont appréciés ! Simple curiosité ou intérêt particulier pour une époque hors normes ? Les français sont-ils moins indifférents qu'on pourrait le croire à l'histoire de leur pays ? Autour de moi, je vois des personnes relativement jeunes qui s'intéressent à cette période. Même des jeunes adolescents, eux qu'on accuse si souvent de ne s'intéresser qu'à leurs consoles vidéo et autres progrès informatiques et techniques !

                                      Oui, il y a eu un "avant", que des hommes ont subi pour construire l'avenir. Cet avant n'a pas été drôle mais il est bon qu'il soit connu de tous puisqu'il fait partie de notre histoire. Ce n'est pas faire du misérabilisme que de le raconter...Il faut que chacun sache que ces années noires ont existé, ne serait-ce que pour que ça ne se reproduise pas ! "Pour s'instruire d'exemple etc.....".lire simplement l'histoire de notre vie ! Savoir qu'il y eut un temps où, entre autres obligations, il fallait déclarer avant tout acte officiel "être de race aryenne" notamment ! un temps pendant lequel il ne faisait pas bon être noir aussi ! ne pas être handicapé...En un mot, un temps où si vous ne répondiez pas à des critères imposés par un illuminé, vous étiez rayé de la liste de ceux qui avaient le droit de vivre....Combien d'innocents ont été exterminés, simplement parce qu'ils étaient "hors normes imposées" ! Pour combattre ces idées tellement dangereuses, nous nous sommes battus, des gens sont morts pour nous, sans penser à ce qui aurait pu être leur intérêt ! Simplement, sans prendre le temps de la réflexion, ils n'ont pas accepté !

                                       C'est tout ça que j'aimerais faire comprendre aux générations qui suivent et suivront la mienne! Je ne suis pas historienne, je raconte ce que j'ai vu, ce que j'ai vécu, ce que j'ai ressenti....Et si dans mes récits se glissent parfois des anecdotes de cette époque, anecdotes insignifiantes mais qui nous faisaient rire, c'est parce que nous étions jeunes et que c'est un privilège de la jeunesse de rire même au milieu de drames. Ce que nous avons fait et nous a permis de tenir. Il n'est pas question de se vanter d'avoir fait ceci ou cela...Seul, le résultat compte...Nous ne sommes plus occupés, mais il y a encore fort à faire, alors profitons de notre liberté pour le faire ! au grand jour, c'est infiniment plus facile !

                                       

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