Mercredi 11 juin 2008 3 11 /06 /Juin /2008 17:14
       ve                               Exode de mai-Juin 1940 -

                                      Pourquoi n'arrive-t-on pas à se débarrasser de certains souvenirs ? c'est le cas entre autres, de cette période de Mai et Juin 1940 qui a vue la France entière sur les routes.

                                      Depuis le 10 mai 1940, tout allait mal. on craignait le pire, c'est-à-dire l'arrivée des troupes allemandes sur PARIS. L'exode des populations du Nord et de l'Est de la France était déjà en route. Début Juin, des entreprises, commerces, bureaux etc...de PARIS fermaient les uns après les autres. Puis les administrations ont suivi. Tous voulaient se replier vers le Sud. Plus rien ne fonctionnait normalement. Le 13 Juin mon père qui était mobilisé à PARIS dans la DCA, "suit le mouvement" et s'en va avec sa compagnie en direction des Pyrénées ! Auparavant, il demande à ma mère et à moi de quitter notre maison de banlieue, par prudence...pour aller où ? bonne question ! Ma mère refuse mais m'expédie avec de la famille direction VENEUX-les-SABLONS, en forêt de Fontainebleau. Pour arriver à Veneux, nous faisons une partie du chemin à pieds, à partir de MELUN : il n'y avait plus aucun train en circulation. Je trouve cette situation très désagréable...Et je n'avais pas encore tout vu !

                                       Nous ne resterons à VENEUX que deux jours, les allemands ayant eu vraisemblablement la même idée et nous ayant rattrapés. Nous quittons donc les lieux le matin du 16 Juin, emmenés dans un camion militaire qui transportait...des munitions sur lesquelles nous étions assis sans le savoir bien sûr ! Secret militaire ! Et en avant toute, pour aller si possible, de l'autre côté de la Loire....Mais pour traverser un fleuve, il est préférable de disposer d'un pont...Le problème était là...L'armée faisait sauter les ponts pour que les envahisseurs ne puissent traverser....Après avoir fait demi-tour en différents endroits les ponts ayant été détruits, nou arrivons vaille que vaille à SULLY-sur-LOIRE  où nous pouvons enfin emprunter le pont encore en service, mais plus pour longtemps. Nous avions essayé dans la nuit de passer à GIEN où un spectacle horrible nous attendait : la ville était en flammes à la suite d'un bombardement. Des gens criaient, s'interpellaient sur les bas-côtés de la route, cherchaient qui des enfants, qui des parents. Le film JEUX INTERDITS retrace à la perfection cette ambiance...Quels souvenirs...

                                        Tout ceci pour arriver à VIERZON où les allemands étaient là.....C'en était terminé de l'espoir de les arrêter en route....Cet exode que nous avons fait la peur au ventre était-il bien utile ? Il y eut beaucoup de morts sur les routes par suite des bombardements et des mitraillages incessants par les avions allemands et italiens....Ces avions en piqué sur les files de réfugiés, peut-on oublier ça ? Moi, j'étais séparée de mes parents (ma mère avait été obligée de quitter la maison à son grand regret et je ne savais où elle se trouvait)...C'était une époque hors du commun....Puis l'armistice a été signé...la suite, je l'ai déjà racontée.

                                        Il y en avait des choses à reconstruire...mais on ne nous avait pas indiqué de "date limite"....

                      
Par Geneviève Cotty
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Lundi 9 juin 2008 1 09 /06 /Juin /2008 10:56
                            C'était un dimanche d'été mais qu'on ne pouvait apprécier normalement. La guerre était bien présente depuis le 10 mai. Notre armée essayait vaille que vaille de sauver ce qui ne pouvait plus l'être...Sur les routes, c'était l'exode des populations.

                             Toi, mon frère (nous ne le saurons que deux années plus tard), tu étais pris dans cette tourmente, dans un village de l'Oise. Tu n'avais pas encore 19 ans....et tu gardais confiance dans notre pays que tu aimais tant. Il était midi et vous étiez avec une poignée d'hommes, encerclés dans la gare de Montigny...Vous n'avez pas voulu vous rendre. Une grenade allemande a eu raison de ta résistance; touché à la tête, tu t'es écroulé sur ta mitrailleuse ! Tes camarades sont morts aussi.... Votre sacrifice a-t-il servi à quelque chose ? Dans l'immédiat, non. Mais c'était quand même le début de la résistance qui a aidé à la Libération...D'autres sont venus et ont pris la relève pour que nous restions libres. Alors, merci à toi, merci à tous...

                             Moi, je garde le souvenir de ce garçon de 18 ans, rieur, chahuteur, taquin....Un frère en un mot.link

                             

Par Geneviève Cotty
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Dimanche 8 juin 2008 7 08 /06 /Juin /2008 16:29
                                      Décidément, que de sujets de réflexion ! ces jours-ci, on parle beaucoup de l'espérance de vie qui ne cesse d'augmenter. Que ce soit à la radio, à la télévision, il n'est pas rare d'avoir des émissions sur les centenaires. Les enfants ne savent plus où donner de la tête avec tous ces grands-parents, arrières grands-parents qui se maintiennent, pour certains au mieux de leur forme...

                                      Que voulez-vous....le vieillesse n'est ni une fatalité, ni une maladie...C'est inéluctable, nous vieillissons tous et il nous faut bien 'faire avec". Alors, faisons avec pour le mieux, surtout si nous avons la chance d'être en bonne santé ! Bon, d'accord, les personnes âgées (mais au fait à quel âge entre-t-on dans cette catégorie ?) sont un peu comme les vieilles voitures qui roulent toujours au bout de milliers de kilomètres ! Si les contrôles techniques étaient obligatoires comme pour les voitures...il y aurait sûrement quelques petites anomalies ! C'est tout à fait normal..On ne peut être et avoir été dit-on. Très souvent, la vieillesse c'est dans la tête. Et si la tête reste jeune (enfin presque), on supporte mieux le poids des années même si le physique ne suit pas toujours très bien !

                                       C'est un sujet qui m'intéresse, et pour cause !!! Pourquoi y a-t-il des jeunes qui sont vieux dans leur tête et des vieux qui sont jeunes...dans leur tête ? Je pense qu'il ne faut pas baisser les bras trop tôt. Se dire qu'on est vieux n'arrange rien et surtout chercher dès le matin au réveil de quelle maladie on peut bien être atteint....alors là, c'est la dernière des choses à faire. Il n'y a rien de tel pour vous saper le moral ! C'est déjà bien suffisant que certaines personnes soient vraiment malades, avec des vraies maladies liées à l'âge ou non et qui empêchent "la tête et les jambes" d'aller jusqu'au bout de cette vie. Si nous ne pouvons plus avoir les mêmes activités physiques, soyons heureux si nous pouvons les remplacer par d'autres activités aussi enrichissantes...en un mot, ne nous plaignons pas ! Trop optimiste ? non, j'ai comme tout le monde des petits moments où je me pose des questions sur cette vie prolongée maintenant. Il faut profiter des petits bonheurs qui se présentent....visites, coups de fil des enfants ou petits-enfants. J'ai cette chance. Malheureusement, je connais autour de moi des personnes moins gâtées et mises un peu "sur la touche". Oui, pour elles, c'est très dur et j'en suis bien consciente. La vie peut être très cruelle.

                                         Je disais plus haut que certains jeunes étaient vieux....C'est une image et je le pense vaiment. Mais je me rends bien compte que les soucis ne leur manquent pas à l'époque actuelle, soucis liés à la précarité du travail très souvent, aux études.... Les personnes de ma génération, bien qu'ayant connu la guerre et souffert par elle, ont eu cette chance inouïe de vivre à une époque qui nous a permis de voir tant de progrès arriver, pour notre plus grand bien. Époque bénie où le travail n'était pas un problème...Alors, acceptons cette nouvelle chance qui nous est donnée et nous permet de voir la naissance d'arrières petits-enfants....Ce n'était pas courant jadis...Nous avons connu bien des disparitions dans nos familles. N'en rajoutons pas. Prenons encore de la vie ce qu'elle peut nous donner, tant que nous le pouvons. Santé et vieillesse sont fragiles, n'anticipons pas !

                                         Et pensons à ceux qui nous entourent...Faisons-leur voir ce que c'est d'être vieux, ils accepteront mieux quand leur tour viendra !
Par Geneviève Cotty
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Samedi 7 juin 2008 6 07 /06 /Juin /2008 15:37
                                      Que de choses ont changé depuis ma naissance ! Peut-on vraiment s'imaginer, lorsqu'on est né après la dernière guerre mondiale, que tout ce qui existe maintenant n'existait pas avant ? Et pourtant....Lorsque je compare la vie actuelle avec celle qui fût mienne dans ma jeunesse, je ne peux moi-même y croire ! Evidemment, un enfant est resté un enfant avec ses petites joies qui pour lui sont de grands bonheurs et ses petites peines qui pour lui sont des catastrophes ! L'enfant ne sait pas toujours évaluer heureusement . C'est ce qui lui permet cette insouciance , privilège de la jeunesse. Je n'en veux pour preuve que notre vie pendant la guerre. Les jeunes enfants d'alors, n'ont pas réalisé comme les plus âgés...Je l'ai constaté pendant l'exode de juin 1940 et pendant le bombardement que nous avons subi à Athis/Juvisy en avril 1944.  En juin 1940, j'ai parcouru les routes (!) avec des cousins de dix ans mes cadets. Ils n'ont pas tout à fait les mêmes souvenirs que moi. Ils ne se rendaient pas exactement compte du danger de ces avions qui nous mitraillaient sur les routes...et ils arrivaient à dormir !

                                         Grands bonheurs, petites peines, c'est ce qui fait le charme des souvenirs d'enfance qu'on a tendance peut-être à enjoliver un peu, sans s'en rendre compte ! C'est la vérité de l'enfant, il n'invente pas, il a vraiment vu, avec ses yeux, ce qu'il raconte... N'est-ce pas merveilleux ?

                                          Pour en revenir aux changements, ceux-ci commencent dès la naissance ! Jadis et même à une époque pas tellement éloignée, on emmaillotait les bébés après leur avoir mis couches, pointes etc...Ils étaient littéralement saucissonnés ! Je l'ai fait pour mes enfants... Maintenant, on a envoyé promener tout ça pour le plus grand bien du bébé et de la maman ! Parce que ces couches, ce maillot épais, il fallait les laver, à la main et surtout, les faire sécher ! pas de machine à laver, pas de sèche-linge...Et je crois vraiment que l'enfant est infiniment mieux maintenant, presque toujours "tenu au sec" et pouvant laisser aller ses membres en toute liberté ! Tout le monde y gagne. ..Les biberons se donnaient à heure fixe, toutes les trois heures....et étaient pris jusqu'à un âge relativement avancé. Tout a bien changé et les bébés sont aussi bien-portants et grandissent normalement ! Donc, changement réussi .

                                         Petit à petit, les progrès sont venus pour nous faciliter la vie et la rendre plus agréable. Eau dans chaque maison, Électricité (ah cette fée ! ) dont tout le monde ne bénéficiait pas lorsque j'étais très jeune, TSF, voitures automobiles...puis après la guerre le sacro-saint électro-ménager ! ah ça, quel progrès ! et la Télévision, et le téléphone chez pratiquement tout le monde (très difficile à obtenir avant les années 1960 !), et l'ordinateur qui me permet de raconter tout ce qui me passe par la tête...Est-ce que les jeunes peuvent imaginer une vie sans télévision et sans ordinateur ? J'y ajoute même timidement le téléphone portable...

                                         Que faut-il en conclure ? que l'époque actuelle a du bon même si "la mienne", plus ancienne, avait son charme...Si seulement il n'y avait pas eu cet intermède 1939-1945. Et si actuellement  "tous les gars du monde pouvaient se donner la main". 

                                          Il y a encore bien du travail.



                                         
Par Geneviève Cotty
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Jeudi 5 juin 2008 4 05 /06 /Juin /2008 15:44
                                      Ne manges pas avec tes doigts -

                                      Lorsque j'étais enfant et même des années après la guerre, combien de fois entendait-on cette recommandation faite par les parents aux enfants qui essayaient de se servir de leurs outils personnels pour prendre de la nourriture ! Dans toutes les familles, c'était ainsi....ça faisait partie de l'éducation. Et je ne pense pas que cela ait changé....Alors, aujourd'hui à l'heure du repas, j'ai vu à la télévision une publicité qui me donne à penser....C'est une heure de grande écoute... Une publicité pour du jambon (de porc, de poulet, d'éléphant ou de girafe....peu importe), représentait une maman et sa fille qui mangeaient une tranche de viande en la roulant et en la mangeant allègrement à la main ! Bon, me direz-vous, ce n'est pas grave ! non bien sûr ! mais comment peut-on, quelques minutes après dire à sa fille qui a bien retenu la leçon et a trouvé ça "rigolo" "ne manges pas avec tes doigts" !  C'est absolument illogique.  Ou bien on écoute sa mère, ou on copie ce qui se fait à la télé .... Ce n'est qu'un exemple sans grande importance, mais je me demande si une publicité de ce genre fera vendre davantage de jambon ? A coup sûr, elle laissera des traces. Les enfants font confiance à la mère qu'ils admirent...et à la publicité qui les amuse . Qui l'emportera  ? La solution de facilité ? Ou les règles de base de l'éducation ?

                                       J'ai pris cet exemple parce qu'il en fallait bien un et que c'était "tout frais" dans mon esprit ! Mais combien d'autres publicités seraient à revoir ? Les publicitaires qui sont très souvent des artistes et que j'admire, ne sont certainement pas à court  d'idées..... Pourquoi montrer des mamans (encore) qui se servent dans un pot de confitures ou des yaourts avec un doigt ? J'avoue que la nécessité m'échappe ! Les clients potentiels ne sont quand même pas des débiles sans aucune éducation....Et je vois aussi le manque de respect envers "l'autre". Rester correct devant quelqu'un, c'est le respecter... Je ne crois pas que ce soit retarder de parler comme ça...De mon temps...ah non, je ne veux pas vous fatiguer avec mon temps. Il était, ce qu'il était. Il y avait du bon et du moins bon. Les progrès sont venus et c'est très bien, il y en avait besoin.  Mais progresser ne veut pas dire "revenir en arrière" ! or manger avec ses doigts, ne plus savoir toujours dire merci ou s'il vous plaît, est-ce que c'est progresser ?

                                        Nos ancêtres les gaulois...et même leurs prédécesseurs....mangeaient des racines, de la viande crue....tout ça sans assisttes, sans couverts ! ils n'en avaient pas besoin, leurs mains leur suffisaient ! il parait même que les Huns faisaient cuire leur viande sur la selle de leurs chevaux, en s'asseyant dessus ! Pourquoi ne pas en faire autant ? Parce que des petits fûtés ont, petit à petit, inventé des instruments qui nous rendent d'immenses services ! Et qui sont infiniment plus hygiéniques et propres . L'ensemble s'appelle vaisselle, couverts, verres etc....Qu'est-ce que c'est pratique ! 

                                         Alors, messieurs les publicitaires, montrez-nous une belle tranche de jambon, dans une belle assiette qui la rendra appétissante, et même avec un petit décor pour les enfants, ça les amusera et leur donnera faim. Se mettre à table, c'est déjà une grande joie que beaucoup aimeraient avoir....et que tous n'ont pas actuellement.

                                        Les gaulois, c'est loin, il y a tout de même eu depuis eux quelques progrès !

Par Geneviève Cotty
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Mercredi 4 juin 2008 3 04 /06 /Juin /2008 15:26
                                      Il m'arrive de me demander si la vie moderne n'a pas évolué un peu trop rapidement pour moi ? Je fais de très gros efforts pour m'adapter, mais il faut bien le reconnaître, entre le téléphone portable et l'ordinateur, j'ai parfois de gros soucis ! Aujourd'hui en particulier ! Si je ne comprends pas toujours pourquoi ça ne marche pas, il m'arrive souvent de me demander "pourquoi ça marche" ...Là, je parle de l'ordinateur ! Que de mystères avec cet engin dont je ne saurais plus me passer...

                                       Pour les maths dans ma jeunesse, c'était la même chose ! Alors que je ne détestais pas cette matière, elle me donnait bien du fil à retordre ! Contrairement à mon frère André, matheux comme ce n'était  pas possible et qui ne rêvait que d'équations plus compliquées les unes que les autres, moi je restais absolument de marbre devant toutes ces inconnues qui le ravissaient ! ce n'est pas moi qui aurait choisi l'Ecole Polytechnique....Je ne me souviens plus du nom d'un de ses professeurs de maths-physique-chimie au collège St Charles à Juvisy, professeur que j'ai eu aussi en physique -chimie à une époque où les élèves de mon école (Ecole Ste Anne) bénéficiaient du laboratoire du collège pour ces cours; ce dont je me souviens, c'est que la première fois que cet enseignant m'a vue, il était ravi et m'a dit "ah, vous êtes la soeur d'André, c'est un très bon élève" sous-entendu, j'espère que ça sera la même chose avec vous ! Le pauvre ! Je pense que j'ai dû être la cause de ses premiers cheveux blancs !

                                       Ceci étant et pour en revenir aux techniques modernes, j'adore l'ordinateur qui ne me rend pas toujours cette affection ! Heureusement que je suis entêtée ! Et pourtant, puisque ces techniques existent il faut bien évoluer aussi ! Lorsque j'ai commencé à travailler, je tapais à la machine sur une vieille machine Royal je crois. Et je faisais des paies d'ouvriers dans une entreprise...Tout à la main, opérations comprises. Et il fallait reporter l'ensemble des paies sur des états...Cela prenait plusieurs jours....vérifications comprises (colonnes de chiffres verticalement, horizontalement, il fallait que tout "tombe juste", au centime près !) . Maintenant, en quelques clics bien placés (ça c'est important...) on a tout. Vive le progrès.....Et quand il y a une erreur..."c'est pas moi , c'est l'ordinateur" ! Il sera puni, oui, mais comment ? J'ai essayé de l'éteindre, il s'en moque éperdument ! on est obligé de s'accrocher. Il ne risque pas le renvoi lui ! Moi non plus d'ailleurs, ce n'est plus de mon âge ! Mais je me demande pourquoi ça semble si facile à des enfants ....

                                         Malgré toutes ces petites difficultés que je rencontre de temps en temps, je crois fermement qu'il faudrait que toutes les personnes dont la jeunesse s'éloigne (tout ça pour dire les personnes âgées), s'adaptent à ces techniques mises à la disposition de ce siècle. Quels profits on peut en tirer ! L'ennui s'en va, la mémoire s'entretient, la santé s'améliore ! Et on apprend encore quelque chose ! ça, c'est un grand bonheur...Eviter le repli sur soi et garder confiance dans ses possibilités, n'est-ce pas un beau programme ? Alors, au diable mon ordinateur, je ne cèderai pas, il faudra bien qu'il m'obéisse (même s'il me faut recommencer plusieurs fois mon travail du moment) ! "vingt fois sur le métier, remettez votre ouvrage..." c'est toujours d'actualité.

                                         Mon autre problème ? le téléphone portable ! je n'aime pas et je le laisse éteint ! Et pourtant, ce n'est pas bien compliqué...mais là, nous n'avons pas d'atomes crochus ! On ne peut pas tout aimer ! Par contre, je suis une inconditionnelle de tous les appareils ménagers (ah ces aspirateurs , mixers, machines à laver ...) que de services ils m'ont rendu et me rendent encore ! Et pour eux, c'est bien moi qui commande ! Ah mais !

                                          

                                      

                                     
Par Geneviève Cotty
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Mardi 3 juin 2008 2 03 /06 /Juin /2008 18:25
                                      Encore et toujours, je reviens sur ces années de guerre qui ont parfois été si tristes..

                                      Et pourtant, il nous arrivait de rire de nos petits malheurs journaliers alors que notre coeur était si serré...En règle générale nos rires se rapportaient à la nourriture ! Il est bien certain que jamais nous n'avions mangé comme ça ! le café sans café...sans sucre ou presque...Nous avions la chance d'avoir un jardin et ma mère aimait le jardinage...Alors, dans les ex-massifs de fleurs, on a vu fleurir des haricots, pousser des pommes de terre habitées par une armée de bestioles (j'ai nommé les doryphores), des carottes, des navets, des salades et tout ce qu'on pouvait faire pousser et qui était susceptible d'être mangé ! Ah ! ces doryphores, quels souvenirs...Pour la reproduction de l'espèce, je crois qu'il n'y a pas plus rapide ! tous les matins, nous leur faisions la chasse et il fallait surtout bien les écraser...c'était ab-so-lu-ment dégoûtant ! Vous pensez que nous étions tranquilles pour un bout de temps ? certes non ! le soir, il y en avait de nouveaux et tout était à recommencer ! C'est pour cette raison d'ailleurs que nous appelions les occupants "les doryphores"...il y en avait aussi toujours autant ! Enfin, nous arrivions à faire de la soupe, nous buvions le bouillon et nous mangions les légumes....Au moins, nous savions ce que contenait ce que nous mangions !

                                       Et les rutabagas ! moi, j'aimais bien le goût (ce qui faisait dire à mon père que j'avais des goûts "contre nature"). Formidable ce truc...ça se mange et ça ne vous nourrit pas ! c'est sans doute la raison qui faisait qu'ils étaient "sans tickets"...Je passe sur les minimes quantités de viande, beurre, oeufs etc...Parce que ça, c'était extraordinaire, du jour où les allemands sont arrivés et nous ont occupés, les poules ont cessé de pondre ! C'est peut-être ça le patriotisme des poules ? Les vaches ne donnaient plus de lait non plus....Allez comprendre !

                                       Le pire dans l'alimentation, c'était ce qui nous était vendu sans tickets ! On n'a jamais bien su avec quoi c'était fabriqué....Je me souviens d'un repas où nous avions commencé par du bouillon agrémenté de flocons d'avoine (bof...) et ensuite, du pâté de poisson...oh là là ! qu'est-ce que ça pouvait bien être ? Impossible de le dire...c'était gris, mixé, mauvais, écoeurant (ne pas renouveler l'expérience). Et ensuite, nous avons terminé par du fromage blanc sans ticket ! ça, fallait le faire ! du plâtre ! de quoi étouffer toute une escouade, tout à fait immangeable ! Ma pauvre mère était contrariée et déçue de son repas sans tickets...Nous étions quand même solides puisque nous en avons réchappé !

                                      Et les vêtements, avec bons de textile, bien entendu...Les tissus ne semblaient pas trop mal, mais on disait qu'il y avait du bois dedans...tout était possible à l'époque...Je me souviens d'un ensemble que j'avais acheté pour aller au mariage d'une amie. Je l'aimais beaucoup, mais j'ai eu le tort de le mettre un jour de pluie. J'étais en bicyclette et j'ai reçu une bonne averse...Terminé l'ensemble....il avait perdu au moins dix centimètres en hauteur et en largeur ! Et pour en avoir un autre, il me fallait attendre une nouvelle distribution de bons ! Quant aux chaussures, elles étaient à semelles de bois. Un ami nous les réparait en protégeant les semelles avec des vieux pneus de voitures....

                                     Quelle vie ! Quelle époque ! mais au moins, j'ai des souvenirs à raconter...On se console comme on peut !
Par Geneviève Cotty
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Lundi 2 juin 2008 1 02 /06 /Juin /2008 17:43
                                      Ces souvenirs me reviennent un peu dans le désordre ! Pourquoi ne pas le dire, ils sont "en vrac" dans ma tête ! Il faudra bien que je fasse mon classement mais j'avoue humblement que ce n'est pas ce que j'ai préféré dans ma vie professionnelle......

                                      Je les confie donc comme ils m'arrivent, avec une chronologie qui laisse à désirer.

                                      Je voulais reparler des restrictions de tous ordres auxquelles nous étions astreints ! Lorsque je me suis mariée il n'était pas possible d'acheter des bijoux en or...Celui-ci faisait partie des matériaux "contingentés"...Il fallait alors donner en échange une contre-partie du même poids je crois (peut-être même un peu plus). Et payer quand même bien sûr ! Alors, pour avoir une bague de fiançailles et des alliances, mes beaux-parents se sont séparés d'une jolie chaîne de montre ancienne ayant appartenu au grand-père de mon mari ! Donnant-donnant (tiens, j'ai déjà entendu cette expression il n'y a pas si longtemps !). Cela avait fait de la peine à la mère de mon mari, mais....qu'est-ce qu'on ne ferait pas pour avoir la fille "charmante et gentille" comme dans la chanson ! En l'occurence, ce n'était pas à la maman qu'il fallait faire du boniment...mais au bijoutier, pour qu'il ne se montre pas trop gourmand ! La loi était là, bien sévère ....On en était revenu au bon vieux troc !

                                        M'étant mariée au mois d'août donc en été, j'avais eu droit à des bons de vêtements et un bon de chaussures...Oui, mais....je n'ai pas pu en avoir d'autres pour l'hiver....deux solutions se présentaient : ou me promener tout l'hiver en tenue d'été et de cérémonie, ou comme bien d'autres....ne pas respecter les interdits et les règlements à la lettre.... Pas de commentaires, mais marcher tout l'hiver avec des chaussures blanches, en toile, est-ce que c'était vraiment possible ? Peut-être pas.

                                        Quand je repense à tout ça qui, étant donné ce que nous avions vécu, n'était pas dramatique, j'ai plutôt envie de sourire...ça fait partie des souvenirs qui mettent un peu de sel et d'épices dans la cuisine de la vie ! Si tout allait toujours comme sur des roulettes, est-ce que ça ne serait pas un peu monotone ? Et puis, quand nous avions une petite joie, ou un petit cadeau, nous savions apprécier.....Nous n'étions pas blasés ! Il y avait si peu de choses....
Par Geneviève Cotty
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Samedi 31 mai 2008 6 31 /05 /Mai /2008 11:03
                                       Non je ne suis pas et surtout nous n'étions pas pessimistes !

                                      Mon mari qui revenait d'Allemagne où il avait été emmené "en voyage organisé" et qui en était revenu après avoir été libéré par les Russes qui les avait emmenés en Russie à pieds bien entendu, et moi qui avais supporté comme tant d'autres ces années de malheurs, de peurs...nous ne voyions pas très bien ce qui pouvait nous arriver de pire ! Supporter les restrictions ? ça nous en avions l'habitude ! Nous avions du travail, un logement (ce que tous les jeunes mariés n'avaient pas). Bon, alors nous nous sommes mis courageusement à l'ouvrage.... Et moi, j'ai commencé mes expériences de jeune femme...Mon pauvre mari, comment a-t-il pu résister ? Les bretons sont comme leur granit heureusement ! Si on m'avait dirigé sur un minimum d'études et sur un métier que je finissais par accepter, on avait oublié de m'apprendre à faire la cuisine !!! C'est vrai que pendant l'occupation, pour les cours de cuisine, il aurait fallu avoir les matériaux !  Enfin, petit à petit, je m'y suis mise, aidée d'un livre de cuisine que mon père m'avait offert (il craignait pour la vie de son gendre sans doute). Ce livre de cuisine était extra ! il me donnait par exemple la recette pour faire cuire un cochon de lait entier, mais pas de recette pour une simple côtelette ! Comme je ne voulais pas encore me lancer dans de la grande cuisine, j'ai pensé que c'était plus rationnel de me fier à des souvenirs d'avant-guerre quand j'admirais ma mère lorsqu'elle était aux fourneaux ! Le résultat était sans doute acceptable, puisque personne n'est mort....

                                        Et puis nous avons eu des enfants...ça non plus on ne m'avait pas appris, les filles à l'époque n'étant pas très au courant  et ce au nom de la morale. Mais c'était terriblement dangereux et parfois dramatique....Si je déplore quelquefois la  trop grande liberté données aux jeunes, je crois qu'il était nécessaire de supprimer ces tabous, qui n'étaient bien souvent que de l'hypocrisie. ...C'était toute une époque à réformer ! C'est fait, trop vite peut-être ? Je ne peux pas être juge... L'avenir le dira.

                                        1947, 1951, 1953, années de joies et de plus de responsabilités....mais belles années !

                                         Au mois de janvier 1949, grande tristesse pour mes parents et pour moi aussi. Les cendres de mon frère André, tué dans l'Oise le 9 juin 1940 ont été rapatriées à Juvisy où il repose désormais dans le "Carré des Soldats" . Ce fut une dure journée que ce RETOUR ...qui nous ramenait plusieurs années en arrière et nous rappelait toutes ces journées d'attente, d'incertitude pour arriver à cette certitude horrible : André si gai, si jeune, si dynamique, n'était plus...Il avait suffi d'une grenade... Je pense toujours à ce frère que j'admirais et aimais...C'était toute ma prime jeunesse...On ne peut jamais effacer son passé complètement.

                                         Mais la vie a continué avec ses joies, ses peines.....Parmi les joies, l'arrivée de petits-enfants
qui eux-mêmes me donnent des arrières petits-enfants et me comblent. Parmi les peines, la disparition d'êtres chers , trop tôt partis parfois...On se rebelle contre cette injustice, le départ d'un enfant...On ne peut pas oublier mais la vie est là quand même, avec ses souvenirs. Faisons avec ! 

                                         Penser que nous avons eu la chance de connaître tous les progrès dans tous les domaines, du XXème siècle et du début du XXIème siècle, n'est-ce pas merveilleux ?  J'aime cette époque actuelle (qui cependant n'est pas toujours drôle !)...Restons jeunes que diable ! La vieillesse, c'est dans la tête...Quand je mets la vaisselle sale dans mon lave-vaisselle, je me dis que "c'est drôlement chouette" ! et que même, si ce truc-là avait existé quand j'étais jeune, j'aurais été bien contente....Alors, pas de regrets... Allons de l'avant.

                                         

                                        
Par Geneviève Cotty
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Jeudi 29 mai 2008 4 29 /05 /Mai /2008 15:47
                                      Eh bien oui, vive la paix.... Nous voulions profiter de cette époque bénie que nous n'avions pas connue depuis longtemps. Et pourtant, que de difficultés pour arriver à cette plénitude et à cette quiétude ! Mais c'était le lot de bien des jeunes ménages, et nous ne reculions devant rien.... N'avions-nous pas connu pire ? oh que si !

                                      Donc nous voici installés dans notre vie de jeunes mariés d'abord, puis de jeunes parents....Nous nous organisions tant bien que mal tous les deux, comme deux braves. A cette  époque, il n'était pas encore d'usage que l'homme de la maison "mette la main à la pâte". Or, moi, j'avais cette chance inouïe, mon mari m'aidait à la maison ou pour les enfants....à la grande réprobation de mon père qui trouvait "que ce n'était pas son rôle" !!! Que dirait-il maintenant ? Hommes et femmes se partagent les tâches en toute simplicité, comme ils se partagent le travail à l'extérieur. Mon père en était encore resté à l'ancien temps.... Le travail domestique partagé, ce fut un réel progrès et pourquoi ne pas le dire, une révolution ! Ne vous redressez pas Messieurs, vous ne faites que votre devoir ! bon, on vous remercie quand même ! Il y a peut-être encore quelques récalcitrants ? Les habitudes, lorsqu'elles sont bien ancrées, ont bien du mal à disparaître !

                                       Oui, nous avons eu de très bonnes années, avec des soucis bien entendu puisque la vie ne comporte pas que des joies ! Mais il n'y avait pas de soucis concernant la situation, sauf lorsqu'on voulait évoluer...Je l'ai déjà dit, le travail ? il y  avait plus d'offres d'emploi que de demandeurs d'emploi...Les salaires n'étaient pas tous mirobolants, mais lorsqu'on travaillait à deux dans le couple, on pouvait vivre....Les dépenses diverses étaient moins importantes (surtout à la fin des années 1940/début 1950) puisqu'on ne trouvait pas grand-chose !  Et il n'y avait pas de chômage, ou si peu... Les progrès que personnellement  j'approuve et ai appréciés au maximum, ont commencé à modifier l'état des finances, mais aussi la qualité de la vie ! on ne peut vivre toujours comme au XIX ème siècle !  Donc, la comparaison entre l'époque actuelle et l'immédiat après-guerre n'est pas facile à faire !  Il faut savoir vivre avec son temps....

                                      Malheureusement vers les années 1975, le chômage est arrivé en force ! Qui n'a pas perdu sa situation un jour ou l'autre, avec tous les inconvénients qui en découlent ? Moralement d'abord : ce n'est pas facile de se dire qu'on ne sert plus à rien, que tout ce qu'on a appris ne sert à rien etc... Et pour les jeunes, faire des études qui ne leur permettront peut-être pas d'exercer le métier qu'ils ont très envie de faire et en prévision duquel souvent, ils se sont privés de sortie entre copains ou autres plaisirs.? Et pour leurs parents qui se sont sacrifiés pour leur donner une bonne formation ? Et les retombées financières du chômage ? elles peuvent être dramatiques.

                                      Quand je compare notre vie de jeunes (il y a bien longtemps en ce qui me concerne) à la vie actuelle, je me dis que, bien sûr, nous avons connu des périodes troublées et dramatiques que je ne souhaite à personne de vivre à nouveau, mais que dans un autre ordre d'idées, si ce ne sont pas les mêmes dangers qui  menacent nos jeunes actuellement,  ils ont quand même bien des épées au-dessus de leurs têtes ! 

                                       Deviendrais-je pessimiste ? Non...simples constatations ...

                                      

Par Geneviève Cotty
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