Rémunération de l'auteur

Mercredi 8 juillet 2009


                         La mode enfantine...

                         Si j'ai déjà parlé de la mode chez les jeunes filles et les femmes de jadis, je n'ai jamais raconté que les petites filles, elles aussi, avaient une mode (ou des contraintes) à suivre impérativement ! Personne n'y coupait, qu'il s'agisse de robes, manteaux, chapeaux, chaussures, ou ...de sous-vêtements ! Et il y en avait des sous-vêtements pour ces demoiselles ! Chemises le plus souvent faites à la maison, avec encolures brodées au point feston ou agrémentées de petites dentelles fines...En règle générale, chemises et jupons faisaient un ensemble : même tissu fin (ou un peu plus chaud pour l'hiver), même couleur...Ce n'était pas laid du tout...enfin, ça ne me semblait pas laid, mais allez mettre ça à une petite demoiselle de 6 ans de notre époque...vous verrez bien sa réaction ! Mais ce qu'il ne fallait pas oublier pour les sous-vêtements, c'était le corset !Pas un carcan non, mais un corset tout de même ! Il avait de larges bretelles et se boutonnait devant, un laçage au dos permettait de le serrer un peu, peut-être pour le maintien ? je n'en sais plus rien. Mais ce dont je me souviens c'est de l'utilité de ce corset : c'est sur lui que se fixait la culotte (culotte de marque "Petit bateau" ou autre) qui n'avait pas d'élastique à la taille, mais des boutonnières, trois devant, deux derrière, et...un lacet serré derrière. Les boutonnières s'attachaient aux boutons fixés sur le corset et le lacet vous donnait l'impression...de ne pas perdre votre culotte en route ! Ah, celui-là, quand il avait décidé de vous abandonner sans crier gare, comme vous vous sentiez malheureuse, avec cette peur de voir votre culotte vous tomber sur les pieds ! ça ne risquait rien, les boutons restant là en principe, mais l'impression désagréable de ne plus être tenue normalement était insupportable !...Plus tard, quand vous attrapiez 13 ou 14 ans, on fixait au corset des jarretelles pour tenir les bas que vous étiez enfin autorisées à mettre, "comme les grandes personnes" ! Quel harnachement tout ça ! S'habiller en vitesse était un vain mot ! Tous ces boutons que les mamans devaient recoudre et consolider, avant que ce travail ne fasse partie du vôtre quand vous grandissiez....Broder chemises et combinaisons aussi....C'était un travail du Jeudi...

                          Autre mode : la façon de coiffer les petites filles ! Soit avec des nattes, soit avec des cheveux plutôt courts, et une mèche fixée par une barrette elle-même agrémentée d'un large noeud en ruban....Ruban rose, rouge, bleu, blanc, souvent assorti à la robe ! C'était...comme un chou planté sur la tête ! Que ne fait-on pas au nom de la mode ! Et il y avait les chapeaux, bérets ou bonnets : il était préférable de ne pas sortir tête nue...Robes et manteaux étaient adaptés à l'âge...Rien de spécial à en dire...Les pulls étaient tricotés à la maison...Le "tout fait main" était important .

                          Étions-nous libres de nos mouvements ? Oui, quand même, si ce n'était cette fichue culotte qui vous donnait du souci...Mais les petites filles d'après-guerre ont appris à avoir des vêtements pratiques : salopettes, pantalons, jeans, tee-shirts...Elles peuvent sauter, courir, sans avoir trop chaud, se promener avec le moins de vêtements possible, tous plus légers les uns que les autres ! Le nylon et tous ses dérivés...quelle belle invention ! Et si pratique à laver tout ça pour les mamans.... 

                          Cette liberté-là aussi nous est arrivée après la guerre !

                          

                          

                         

Par Geneviève Cotty - Publié dans : jadis et humour - Communauté : Ne pas oublier de se souvenir.
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Mardi 7 juillet 2009

      

                   Sur la route Nationale 7...

                   Petite histoire qui aurait pu mal se terminer...Ouf, j'avais eu chaud ! Je roulais à bicyclette sur la piste cyclable à Juvisy, sac en bandoulière (c'était la mode) et je me dirigeais sans arrières-pensées ou presque, vers une commune voisine, munie d'une adresse et d'un nom qu'on m'avait donnés...Je ne connaissais pas, bien qu'on m'ait prévenue que la personne que j'allais rencontrer ne m'était pas inconnue....Rébus...J'avais une enveloppe à lui remettre et ce pli, je l'avais rangé dans une petite sacoche sauvée du bombardement...et ficelé le tout sur mon porte-bagage. Et j'allais, insouciante et complètement inconsciente. C'est beau d'être jeune !  Tout à coup, un soldat allemand qui sortait je ne sais d'où, me fait mettre pied à terre et me demande mes papiers ! Je devais porter le sceau de l'innocence sur mon visage ! Je lui ai tendu mes papiers qu'il a bien regardés et j'ai précisé que je rentrais chez moi... Je n'en étais pas loin, donc je ne mentais pas ! Il ne m'a rien demandé d'autre...Voulait-il seulement arrêter une jeune fille pour lui faire la causette ? Je n'en sais rien et je n'ai absolument pas eu peur sur le moment...Mais quand j'ai repris ma route, je me suis mise à trembler et mon coeur en a fait autant ! J'ai réalisé enfin que s'il avait été un peu curieux, ou qu'il obéisse à des ordres, j'aurais pu avoir des ennuis ! Quand je dis que j'étais inconsciente, je crois que je suis en dessous de la vérité. Il est bon parfois d'avoir l'air un peu innocent et insignifiant...ça paie !

                    Je suis donc repartie vers cette adresse et arrivée à destination, j'ai pu constater que l'homme qui m'ouvrait la porte et que je ne connaissais que sous son vrai nom, était un homme que je voyais pratiquement tous les jours à mon travail, où il passait du temps avec mon patron. Il était brigadier-chef des garde-communications...Je n'avais jamais imaginé qu'il était dans la résistance ! Il semblait tellement quelconque ! Je lui ai remis le pli qui lui était destiné Tous ces résistants inconnus ont beaucoup aidé et sont rentrés dans l'anonymat après la Libération. Ils aidaient, sans souci des honneurs à venir....Et ils prenaient beaucoup de risques...On leur doit beaucoup...Une dizaine de garde-communications d'ATHIS ont été fusillés par les allemands à la Libération. Un seul en a réchappé, alors qu'il avait reçu le coup de grâce; horriblement blessé, il a pu se jeter dans la Seine et la traverser...Il en a fait un récit que j'ai pu lire sur un blog il y a environ un an...Poignant...Je suppose que pour lui aussi, les battements de coeur devaient être présents, à juste titre !

                     Cette période entre le débarquement du 6 juin 1944 et la Libération d'août 1944, n'a pas été de tout repos ! les allemands avaient peur et devenaient de plus en plus durs...sauf certains qui n'ayant plus d'illusions, n'avaient qu'un désir, rentrer chez eux...Mais il y en a eu des morts, des villages incendiés, des gens arrêtés... Mauvais souvenirs...

                    

 

Par Geneviève Cotty - Publié dans : ne pas oublier de se souvenir - Communauté : Ne pas oublier de se souvenir.
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Lundi 6 juillet 2009
                               Un été avant guerre...

                         La petite chienne appelée Minnie que nous avions avant la guerre, nous donnait parfois bien des soucis ! Quand elle décidait de se trouver un petit ami, ce qui lui semblait indispensable de temps en temps...Dans ces périodes, il ne faisait pas bon l'emmener en commissions avec nous, car si nous partions avec une chienne, nous revenions avec...tous les chiens du quartier, les gros, les petits, les beaux, les moins beaux ! Ah ! ces mâles, quand ils voient ou sentent une petite jeunesse prête à succomber à leur charme, pas moyen de s'en débarrasser...Autant dire tout de suite que ni mon frère, ni moi n'aimions cette situation... Alors, Minnie restait dans le jardin, bien triste et sûrement très fâchée d'avoir des maîtres aussi incompréhensifs ... La morale ? elle s'en moquait bien !

                          Un jour, aboiements désespérés dans le jardin ! Ceux de Minnie et ceux de notre bon gros Malinois réunis ont obligé mon père à aller voir ce qui se passait ... Quel tableau... Un assez gros toutou venant de l'extérieur, sans autorisation spéciale (qui lui aurait été refusée et pour cause....) avait voulu forcer la barrière de sécurité constituée de la grille en fer et donc de solides barreaux. Sautant sur le mur, il avait essayé de passer entre deux barreaux, mais soit manque de réflexion, soit envie trop forte de s'offrir la douceur d'une étreinte défendue, il n'avait pas pensé à sa taille et il était pris au piège ! Coincé...S'il avait pu passer tête, cou et début de poitrine, le reste n'avait pas voulu suivre ! Reculer, vous n'y pensez pas, c'était impossible, son ventre ayant gonflé de part et d'autre du barreau ! Quel triste spectacle ! Mon père est parti bien vite chercher une scie à métaux et a scié le barreau, pouvant enfin dégager cet amoureux transi ! Il n'était pas content le papa, le chien non plus sans doute car il est parti en courant... Il en avait été pour ses frais et heureusement que nous avions été alertés par les aboiements qui étaient, nous l'avions bien compris, des appels au secours ! Le courage, l'intrépidité, n'ont pas été récompensés, pas plus que la vertu obligée de notre petite chienne ! 

                           Jour "sans" aujourd'hui pour les souvenirs sérieux ! A bientôt !
                         
Par Geneviève Cotty - Publié dans : humour
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Dimanche 5 juillet 2009

                         

                               Vous avez dit "restrictions" ?

                        

                        C’était à la fin de l’été 1940, alors que nous commencions à manquer de tout. Hommes, femmes, enfants, animaux avaient faim ! Les adultes avaient bien compris ce qui se passait, les enfants un peu moins, mais les animaux….allez leur expliquer que l’occupant se moquait d’eux comme….de l’an 40 !


                       Ma mère avait réglé le compte de notre petite basse-cour : tout le monde en conserve, ça pourrait nous rendre service par la suite. De toute manière, on ne pouvait plus les nourrir…Mais nous avions un chat adorable, noir avec simplement une petite tache blanche sous le menton.J'en ai déjà parlé de ce Mickey. Nous y tenions beaucoup et nous avions essayé, en prenant bien des précautions, de lui dire qu’il ne devrait pas se montrer exigeant, que la petite tasse de lait, les petites douceurs, ça devait rester à l’état de souvenirs agréables, mais complètement dépassés ! Il devait prendre modèle sur nous et manger des légumes…D’accord, il adorait ça, mais il ne fallait tout de même pas oublier que les chats sont des carnassiers et qu’un poireau n’a jamais remplacé un bifteck…Impossible de le convaincre. Il adorait les caresses et ça, on ne les lui mesurait pas…mais…pour la viande, restrictions de A à Z.

                    Ce brave chat, pas sauvage du tout, allait souvent rendre visite à une voisine qui s’était occupée de lui pendant l’exode…Il aurait dû être reconnaissant, oui mais, elle n’aurait pas dû acheter, par quel canal (?) un chapelet de saucisses et surtout les laisser sur sa table. Et voilà pourquoi j’ai tout à coup entendu crier dans la rue « au voleur, au voleur, arrêtez-le » ! J’ai regardé à la fenêtre et j’ai vu notre matou qui galopait en traînant derrière lui tout un chapelet de saucisses ! 

                      Sorti de la maison de notre voisine, il avait emprunté  notre avenue, sautant pardessus les murs, le tout à une vitesse record...Les chats sont agiles et lestes et peuvent  battre des records de vitesse, ce qu'il a certainement fait ce jour-là...et notre voisine courait derrière, en vain ! Un vrai dessin animé ! Et moi, sans pitié, j'ai été prise d'un fou rire qu'il m'a été    impossible de retenir. Ma mère était absente, je pense qu'elle aurait eu la présence d'esprit de s'excuser. Moi pas ! C'était trop drôle...Tout s'est très bien terminé... pour Mickey qui a dû se régaler...Mais pas de saucisses au dîner pour notre voisine qui a décidé de ne plus laisser notre chat entrer chez elle !

                      Je n’aurais jamais pu faire ce qu’avait fait notre chat….de toute façon, je ne courais pas assez vite….. »Tu ne voleras pas »…mon chat n’avait que faire de ce précepte …A la guerre comme à la guerre !

                     

Par Geneviève Cotty - Publié dans : jadis et humour - Communauté : Ne pas oublier de se souvenir.
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Samedi 4 juillet 2009


                         Que de progrès à faire encore !

                         4 juillet 1949 - Voilà c'était terminé, ce petit attendu pendant de longs mois venait d'être rappelé, aussitôt arrivé...Épuisé, mort de fatigue...Il y avait 30 heures qu'il luttait pour voir le jour et que je le sentais vivre...Mais c'était un dimanche, dans une petite "clinique" tenue par une sage-femme, capable certainement...quand tout allait bien ! Elle n'avait pas appelé de médecin alors qu'il aurait fallu me conduire à l'hôpital et que mon mari et mes parents la suppliaient de le faire... Orgueil ou intérêt, ou les deux ? Le médecin arrivé pour constater le décès a déclaré "ce bébé ne devait pas mourir"... Je ne veux pas faire de misérabilisme...Nous avons eu tellement de peine, j'y pense encore. Mais lorsque j'ai appris quelques mois plus tard que la clinique (si clinique il y avait) fermait et quelques années après que toutes ces cliniques n'avaient plus le droit d'exister, j'ai été soulagée...J'ai pensé à toutes ces jeunes femmes qui avaient vécu le même drame, dont une amie de jeunesse, devenue par la suite marraine de ma fille, et qui avait elle aussi perdu son bébé dans les mêmes circonstances...Un dimanche...

                          Alors je repense à tous les progrès qui ont été faits en médecine depuis la guerre. Oh, je ne dis pas qu'il n'y a plus d'accidents, ça serait trop beau ! Mais les naissances "à risques" sont connues d'avance, et les hôpitaux et cliniques sont là dont le personnel est dévoué et fait son travail avec passion. Mettre un enfant au monde, aider la maman, quel merveilleux métier...Il n'est pas de tout repos, l'enfant ne prévenant jamais de son heure d'arrivée ! Tous les moyens sont prêts à servir en cas de besoin. Lorsque j'ai eu deux autres enfants après ce drame vécu en 1949, dès que je suis arrivée à l'hôpital où j'étais attendue et surveillée, je me suis sentie en sécurité. Les progrès ont été faits dans les techniques, les matériels, les façons d'agir, l'hygiène...Combien de femmes dans ma jeunesse, accouchaient à la maison...Il n'y avait pas ou presque de maternités...Des femmes mouraient "des suites de couches" comme on disait alors...Manque d'hygiène, manque de moyens...manque d'argent aussi puisqu'il n'y avait pas de sécurité sociale et que bien des gens appelaient le médecin quand...il était déjà trop tard ! Et puis il y a eu ces petites cliniques autorisées, tenues par des sages-femmes qui étaient loin de faire les études médicales qu'elles font maintenant. Ces cliniques, elles pouvaient être installées dans un simple petit pavillon et tenues par une sage-femme très dévouée souvent et très capable. Elle devait faire appel à un médecin ou à l'hôpital dès qu'une complication se présentait...Le problème était là... Trop sûre d'elle ou dans l'impossibilité de joindre un médecin, elle attendait un maximum de temps, et c'était souvent trop tard.

                            Tout ceci a été réglementé et les techniques aseptisées au sens propre comme au figuré ! Et c'est très bien ainsi. Le progrès a du bon...Médecins-accoucheurs, sages-femmes, font un magnifique métier. Ils se battent souvent pour qu'un tout petit souffle de vie devienne ce beau bébé qui se fait attendre neuf mois et qui pendant ce temps fait déjà tellement parler de lui...Quand j'entends dire qu'on va fermer un service de maternité dans un hôpital, parce qu'il n'est pas assez rentable, ça me fait bondir ! Il ne faudrait pas en revenir à ces pratiques anciennes des accouchements à domicile ou dans les petites cliniques non surveillées ou si peu...La rentabilité serait pour qui alors ? Sûrement pas pour les jeunes parents, quand tout s'écroule pour eux...

                             "Rentabilité" quel vilain mot appliqué à la médecine !

                          

Par Geneviève Cotty - Publié dans : Jadis et maintenant - Communauté : Ne pas oublier de se souvenir.
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Vendredi 3 juillet 2009

                         De 1940 à 1944...

                         Les souvenirs sont faits d'un tas d'éléments : images, odeurs, bruits divers. Certains de ces éléments-souvenirs sont agréables et on aime qu'ils vous reviennent à l'esprit, d'autres sont détestables et on aimerait bien qu'ils ne se manifestent plus jamais ! Mais voilà, notre volonté n'y fait rien et n'y peut rien ! On se souvient, sans raison, parce qu'ils nous ont tellement marqués qu'il est impossible de les rayer de notre esprit à tout jamais ! C'est ce qui m'arrive à l'occasion notamment d'une émission de télévision, de la projection d'un film de guerre sur le petit écran, documentaire ou autre...

                          Ces bruits ? mais ce sont en tout premier lieu les bruits de bottes allemandes que l'on entendait pratiquement tous les jours à partir de juin 1940 et jusqu'à la Libération en août 1944, même pour certaines régions jusqu'en 1945... Bruits de bottes des patrouilles, des parades militaires accompagnées de chants guerriers, parades auxquelles Dieu merci nous n'étions pas obligés d'assister ! Mais les patrouilles, lorsqu'on les entendait, que l'on ait l'esprit serein ou pas, la peur nous envahissait...Ce claquement des talons était dur à supporter...L'arrêt brusque devant une porte, ces voix gutturales, tout ceci n'annonçait en général rien de bon...Il en fallait si peu pour se retrouver à la kommandantur ! Les "patrouilleurs" à bicyclette étaient peut-être les plus débonnaires, tout au moins, ils faisaient moins peur ! C'est peut-être beau une allure martiale, ça en impose...mais ça vous fait trembler !

                           Et à ce mauvais souvenir des bruits de bottes, se mêle peut-être encore le souvenir de la honte et de la peine ressenties en apprenant la défaite et l'occupation de notre pays. Comment accepter cette humiliation ? On aime être fiers de ce qu'on aime, tout comme on aime être fiers de ceux qu'on aime...Ce n'était plus le cas... Alors, le claquement des bottes était très mal venu !

                           Et pendant cette même période, pour tout arranger, nous avons eu droit au bruit des sirènes et des bombardements ! Je l'ai déjà raconté, le bruit des sirènes, je n'ai jamais pu oublier et encore maintenant, je déteste...trop de mauvais souvenirs y sont attachés ! La mémoire est tenace ! Mais alors, c'était pour notre salut...ça fait toute la différence...
Par Geneviève Cotty - Publié dans : ne pas oublier de se souvenir - Communauté : Ne pas oublier de se souvenir.
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Jeudi 2 juillet 2009

                         Faire des listes, et après ?

                         En 2003, nous avons eu la canicule et tout le monde ou presque se souvient des dégâts qui en ont résulté...Pertes de vies humaines, personnes âgées décédées seules chez elles...Ce fut une catastrophe à la suite de laquelle nos dirigeants d'alors ont crié haut et fort qu'il ne fallait plus jamais revoir ça. Et ils avaient raison. Alors, chaque commune a été priée d'établir la liste des personnes âgées résidant seules chez elles, sans famille autour. Ma commune n'a pas failli à cette injonction et a fait établir des listes : nom, adresse de la personne, personne à prévenir en cas d'accident etc.... le questionnaire est assez complet. Je me suis donc fait inscrire, ma famille étant "physiquement" loin de moi bien que présente moralement.

                          En 2006 je crois, quand il a fallu renouveler cette inscription, je l'ai fait à nouveau et j'ai timidement fait remarquer au Service social que personne ne s'était jamais inquiété de moi...ni d'autres personnes seules de ma connaissance. On m'a répondu qu'il avait été prévu simplement de faire des listes...mais que j'avais raison et que je pouvais m'adresser "plus haut" ! Ne jamais me dire ça ! J'ai téléphoné au Journal LE MIDI LIBRE qui préparait justement une enquête sur la canicule et m'ont recontactée la même journée. J'ai eu les "honneurs" de la presse locale, après enquête de ce journal...Il leur avait été confirmé qu'on prévoyait seulement d'établir une liste, ce qui avait été fait ! Et tout comme moi, la journaliste d'alors pensait que la liste ne servait pas à grand-chose si on ne surveillait pas un peu ... 2007 - 2008, même chose : inscription sur liste. 2009, réinscription ! C'est très bien, mais... ne serait-il pas plus judicieux que les services sociaux passent un petit coup de fil à la personne seule, de temps à autre, pour savoir si tout va bien ? Il fait horriblement chaud, on nous recommande de boire... Beaucoup de personnes seules ne sont pas aptes à se surveiller elles-mêmes et à aller chercher des bouteilles d'eau...A notre époque individualiste, le chacun pour soi est roi...Moi, j'ai un bon voisin qui s'inquiète de moi.Et j'arrive à me débrouiller...Je peux me faire aider...Et tous les jours un membre de ma famille au moins se renseigne par téléphone ou par Internet, sur mon sort. Tout le monde ne peut en dire autant ! Mais s'il fallait que nous retrouvions la situation de 2003, la bonne conscience serait présente...On a établi des listes !!!!C'est ce qu'on demandait non ? Donc, pas de reproches à faire et à se faire ! 

                            Eh bien si ! il faudrait peut-être travailler un peu avec sa tête et avec son coeur. Penser...est-ce si difficile ? Passer un petit coup de fil à la personne seule pour savoir si tout va bien... Non, non, pas la peine, on a fait des listes ! Elles serviront ces listes à identifier les personnes décédées toutes seules dans leur appartement, parce qu'elles auront eu trop chaud, qu'elles seront déshydratées. Il y a un progrès, en 2003, certaines n'ont pu être identifiées assez vite...ça ne peut plus se reproduire, on a fait des listes ! Ah, mais ! les précautions sont prises ! Que veut-on de plus ? Juste un peu d'humanité s'il vous plaît !... Mais ça....En 2006, la journaliste avait écrit que j'étais furieuse et elle avait raison. Maintenant, je suis désabusée, c'est bien plus grave !

Par Geneviève Cotty - Publié dans : billet d'humeur... - Communauté : Ne pas oublier de se souvenir.
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Mercredi 1 juillet 2009


                     "Tout le monde il est bon...."

                     C'est ce que je pensais quand j'étais jeune ! comme disaient mes parents parlant de moi "elle ne voit le mal nulle part" ! Ce qui ne les tranquillisait pas pour autant. Je pensais toujours que tout s'arrangerait, que je ne craignais rien, qu'une leçon mal apprise pouvait être récitée très bien, par quel miracle ? ça, je ne me posais pas la question ! J'étais ce qu'on appelle insouciante ! J'entends encore ma marraine me répéter "Ma petite fille, quand te mettras-tu devant tes responsabilités ?" Ben voilà, je n'y pensais pas ! Et je menais ma petite vie au jour le jour, doucettement, tranquillement... Mais il y a eu la guerre ! et j'ai bien été obligée de me secouer un peu et de réfléchir. Et je me suis bien rattrapée pendant ces six années au cours desquelles restant seule avec ma mère, il nous a fallu nous débrouiller pour vivre ! J'ai enfin pris conscience que la vie n'était pas "un long fleuve tranquille" et que c'était peut-être utile de lui donner un petit coup de pouce de temps en temps ! et de penser que je n'étais pas la seule sur terre...Je n'étais pas égoïste, non pas du tout, je ne pensais même pas à moi ni à mon avenir...Là, j'avais d'ailleurs des problèmes avec mon père notamment ! J'étudiais parce qu'il le fallait, qu'on me poussait dans cette voie, mais je n'en faisais pas plus !

                       Et puis, et puis, cette guerre est arrivée. Comme tout le monde, j'ai été confrontée avec des choses plutôt laides et horribles et je suis redescendue de mon nuage. Au début, j'avais encore confiance dans ce monde autour de moi. Je n'imaginais pas le mal à ce point. J'ai vite "déchanté". J'aurais bien aimé refaire le monde comme nous le faisions entre étudiants avant la guerre ! Que de palabres alors ! Mais le départ était donné, on ne pouvait qu'essayer de freiner un peu la machine...ça je m'en rendais compte et je déplorais d'être une fille...Comme je l'ai pu, avec mes petits moyens, mais peut-être aussi avec un brin d'insouciance, j'ai essayé d'aider. J'ai pu constater que "tout le monde il est pas bon, que tout le monde il est pas gentil". J'ai du revoir mes idées de petite fille qui ne voyait le mal nulle part ! La vie peut vous façonner....

                       Après avoir rayé de mon vocabulaire les mots jeunesse, insouciance, inconscience, je suis enfin devenue adulte...comme tous les jeunes de ma génération. Beaucoup de jeunes qui terminent ces jours-ci des études plus ou moins longues, vont entrer dans ce qu'on appelle la vie active. Ils deviendront véritablement des adultes, avec les responsabilités, les soucis, avec toutes les joies mais aussi tous les inconvénients inhérents à cette période de transition. Une autre sorte de guerre que celle que nous avons connue, mais une rude bataille quand même. Bon courage à tous !

 

 

Par Geneviève Cotty - Publié dans : Jadis.. - Communauté : Ne pas oublier de se souvenir.
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Mardi 30 juin 2009

                         "Faire des lessives"....

                         Ce matin, mon doigt encore un peu blessé, avait pris l'eau ! Je m'explique, le pansement n'étant pas très étanche, avait laissé l'eau s'infiltrer et me servait de pansement humide, ce qui n'était pas prévu ! J'ai donc découvert un doigt bien blanc, bien détrempé, et qui m'a rappelé les mains d'une vieille femme que je connaissais dans ma jeunesse et qui avait été la nourrice de mon père ! Bon, ça remonte à loin ! Cette brave femme "faisait des lessives" pour vivre, à longueur de journée, à longueur de semaines ! Bien oui, c'était un travail, très dur je m'en rends compte maintenant ! Elle allait de maison en maison, employée par des gens de son quartier, en poussant sa brouette sur laquelle trônait une lessiveuse pleine de linge...Pourquoi ? Pour la simple raison que toutes les maisons n'avaient pas l'eau courante ou que celle-ci était trop chère, et qu'il y avait des bornes-fontaines à la disposition de tous, surtout pour rincer le linge ! Nous habitions alors en banlieue de PARIS...un peu la campagne à l'époque !

                          La vision de cette femme me semblait tout à fait normale...On était habitués à la voir et quand on est enfant, on ne se pose pas de questions...Mais, j'avais une admiration pour ses mains ! Elles étaient si blanches, si détrempées par l'eau et le savon, avec des petits sillons qui les ridaient, que je les trouvais très jolies ! Je ne comprenais pas alors ce qu'elles représentaient ces mains...Du travail, du travail et encore du travail, pour gagner quelques sous, si peu...C'était un métier de femmes. Certaines faisaient "des ménages", d'autres de la couture à la journée dans des maisons bourgeoises mais pas toujours...Ma brave petite grand-mère que mon père appelait affectueusement "maman MADRE", faisait des lessives...sans se plaindre ! Elle continuait d'appeler mon père "mon petit", même quand il avait près de 40 ans ! Elle ne gardait plus d'enfants...elle faisait des lessives, encore et toujours ! Et parfois, elle venait aider ma mère. Je la revois encore avec son bon sourire et ses cheveux blancs. Quel âge avait-elle ? je n'en sais rien. Pour moi, elle semblait très âgée et je croyais qu'elle avait toujours été ainsi.

                           Il y a bien des années, nous avons eu un petit échantillon de ces femmes avec une publicité à la télévision...Souvenez-vous de la "Mère DENIS"...Madame MADRE, c'était ma mère DENIS à moi!

                           Nous nous plaignons souvent de la vie, de notre travail, de nos contraintes...Essayons d'imaginer toutes ces mères DENIS ou Madame MADRE et leur époque...Il fallait travailler si dur pour gagner de quoi acheter tout simplement du pain...Et pour que des petites filles qui n'y connaissaient rien trouvent que leurs mains étaient belles ! Mais au fait, elles étaient belles ces mains...des mains actives, utiles, sur lesquelles on pouvait compter ...

                            C'était ça aussi ma prime jeunesse...Heureusement, les progrès sont venus, progrès de tous ordres...Et les avancées sociales...quels progrès !
 
Par Geneviève Cotty - Publié dans : Jadis.. - Communauté : Ne pas oublier de se souvenir.
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Lundi 29 juin 2009


                         Mentir ...un peu ou beaucoup ...

                         Samedi prochain 4 juillet débutera une grande fête dont l'origine remonte à...1903 ! une vraie fête du vélo que tout le monde connaît et suit peut-être même avec passion ! LE TOUR DE FRANCE ! A part quelques années d'absence pour raison de "guerres", ce tour a toujours été attendu avec ferveur et beaucoup d'admiration pour les courageux participants ! Les vélos jadis étaient loin d'être ce qu'ils sont maintenant, et il fallait avoir bien du courage pour entreprendre cette grande boucle et surtout la terminer ! Les amoureux de la "petite reine" en avaient du courage et de l'ambition et du mérite ! Si les vélos n'étaient pas les mêmes qu'actuellement, les routes non plus !

                          Je revois ces coureurs harnachés avec des boyaux de rechange sur leur dos pour parer à toute éventualité : une crevaison est si vite arrivée et les secours n'étaient pas toujours présents sur place...l'intendance suivant, mais un peu à distance ! Comme on les admirait ces VIETTO, LAPEBIE, Antonin MAGNE, ces noms célèbres avant la guerre, puis ROBIC et encore bien d'autres dont les noms ne me reviennent pas. Ils étaient tous des gloires nationales...Après la guerre, je me souviens de ROBIC, BOBET, ANQUETIL, HINAULT..et Laurent FIGNON, pour les français, mais il y avait aussi tous les coureurs belges, suisses, espagnols, italiens...tous des as que je ne peux citer.

                           Mais voilà qu'il semble de bon ton d'avouer qu'on a un peu (ou beaucoup) triché... en avalant quelques médicaments ou en subissant quelques traitements destinés à vous donner force et tonus à défaut de  santé...Alors, moi si peu sportive, je suis déçue...Confesser qu'on a mal agi, contrairement à tous les règlements, ça peut passer pour un sursaut d'honnêteté, mais s'en vanter, je trouve que c'est de la provocation ! Il n'y a pas d'honnêteté là-dedans, il y a un manque de conscience et c'est grave...et un mauvais exemple pour tous les jeunes qui admirent tant ce sport. Ces jours derniers, un coureur connu est venu annoncer qu'il avait un cancer et, si j'ai bien compris, on se demande si cette grave maladie a un lien avec les drogues qu'il prenait pour arriver avant tout le monde ? Je suis triste pour lui . J'ai vu partir mon fils aîné à 57 ans, atteint d'un cancer...Je ne peux accepter...Mais cet homme qu'on a glorifié, fêté, traité comme un champion, méritait-il ces honneurs, s'il trichait ? ça ne le gênait pas ? Ne serait-ce que par amour-propre. Il n'est malheureusement pas le seul, puisqu'il semble que le dopage soit devenu un sport où le meilleur gagne ! Je souhaite de tout coeur qu'il soit plus fort que sa maladie et qu'il gagne son combat contre elle. Mais pour son passé il est (pour moi) terni à tout jamais. Le sien et celui de tous ceux qui agissent de même.

                            Quand j'étais enfant, on disait "tricher n'est pas jouer"..."tricher c'est mentir"..."tricher, c'est voler"... Nous sommes dans un monde de tricherie, sans conscience, sans moralité. Pour arriver, on fait n'importe quoi, en croyant s'éviter des efforts et des ennuis...Ils viennent plus tard...Et est-on en paix avec soi-même ?

                            

Par Geneviève Cotty - Publié dans : billet d'humeur... - Communauté : Ne pas oublier de se souvenir.
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